CHAPITRE PREMIER
Bains simples : ils n'ont qu'un rôle très modeste et une utilité restreinte. — Effets curatifs de la température élevée dans le traitement local et général de la syphilis. — Action résolutive de la chaleur sèche et humide dans les affections locales de la syphilis. — Effets préventifs et curatifs de la température élevée contre l'hydrargyrisme. Modifications salutaires produites dans les organismes syphilitiques par des diaphorèses abondantes.
I. Les déterminations cutanées de la syphilis qui, à elles seules, constituent toute la maladie chez un nombre immense de syphilitiques, ont dû donner aux premiers syphiliographes l'idée de recourir à la balnéation. Les bains simples ou rendus émollients et aromatiques par l'infusion de plantes appropriées ont toujours été, en effet, très largement employés dans le traitement des syphilides.
Mais, comme topiques, ils sont loin de rendre les mêmes services que dans les affections cutanées ordinaires. Les dermopathies érythémateuses et papuleuses, où ils sont le mieux indiqués, n'en éprouvent qu'une amélioration presque insensible. Néanmoins, il ne faut pas manquer de les prescrire, car s'ils n'attaquent pas autant que nous le souhaiterions l'élément éruptif, ils ont une influence hygiénique générale; ils assurent le fonctionnement régulier de la peau en la débarrassant des impuretés qui la souillent.
J'ai l'habitude de prescrire à tous les malades, pendant la durée de leurs syphilides, quelles qu'elles soient, des bains de son ou d'amidon rendus légèrement alcalins par l'addition de 50 grammes de borax, ou de 100 grammes de sous-c arbonate de soude. Ils doivent être, en général, à une température moyenne, pour ne pas trop congestionner la peau. Les services qu'ils nous rendent augmentent
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avec la gravité de lu dormopalhie spécifique. Ainsi, dans lus formes squameuses, érosives el purulentes., outre l'adoueissemenl direci qu'ils apportent à la lésion elle-même, ils ont l'avanln il... la débarrasser des sécrétions morbides qui la recouvrent et <|ui la masquent. Ils mettent à nu son foyer actif et nous permettent de le modifier ensuite avec des topiques plus efficaces.
Beaucoup de malades et même quelques médecins, qui ont une confiance aveugle dans les bains sulfureux, y ont recours en pleine éruption syphilitique. Rien de plus mauvais que cette pratique. On ne fait qu'irriter la peau sans obtenir aucun effet substitutif avantageux. — Si on veut employer, en pareil cas, un bain médicamenteux réellement efficace, le bain de sublimé est infiniment préférable.
II. La température dans le traitement de la syphilis a fait, en ces dernières années, l'objet de recherches intéressantes. Sous la haute direction du professeur Tarnowsky , M. le Dr Yasily , Borowsky (Thèse inang . , Saint-Pétersbourg, 1889), a expérimenté de hautes températures sur 8 syphilitiques. Les résultats pratiques qui en dérivent, c'est que le traitement par la chaleur sèche ou humide vient en aide de la façon la plus efficace au traitement mercuriel et au traitement mixte ; qu'il est bon d'ordonner aux malades qui semercurialisent un ou deux bains, chaque semaine, avant de se mettre au lit; que l'action curative du mercure en est augmentée par suite de l'accroissement de l'élimination et du métabolisme (transmutations organiques); que les bains russes ou turcs sont également indiqués, mais dans certaines conditions et avec quelques réserves'.
La question du traitement local de la syphilis par la chaleur a été
1. Voici le résumé des importantes recherches du Ur Borowsky :
Les bains d'eau pure tièdes et chauds, aussi bien que ceux de soufre et d'air chaud, augmentent, invariablement l'élimination du mercure par les urines, et cela est en raison directe de la température.
Un organisme mercurialisé peut être complètement débarrassé du mercure par la chaleur sous tous ses modes; si l'élimination spontanée du mercure s'arrête, elle réapparaîtra sous l'influence des bains chauds. Aussi la stomatite mercurielle peut-elle être guérie plus promplement par la chaleur que par tous autres moyens.
Les bains d'air chaud, £ràce à l'énorme transpiration qu'ils provoquent, activent l'élimination du mercure par les glandes sudori pares. La quantité totale de sueur excrétée pendant un bain s'élève à 400 c. cubes et plus, el celle du mercure pour cette quantité de sueur à 1,0 milligr. et plus. Aussi, pour délivrer du mercure, sont-ils supérieurs à tous les autres modes de bain, al ion. Il en résulte que tous les diaphoniques en général sont d'utiles adjuvants contre