INSUFFISANCE DES EAUX THERMALES CONTRE LA SYPHILIS
là évidemment une exagération que ne justifient pas suffisamment les faits. Toutes nos eaux françaises pourraient se vanter de pareils succès, et probablement avec autant et plus de raison, ear aotre pays ne le cède à aucun autre pour le nombre, la variété, la richesse et la puissance des eaux minérales. Mais nous avons la sagesse de reconnaître qu'aucune ne possède des propriétés antisyphili tiques immédiates et directes. L'action des plus énergiques et des mieux appropriées borne ses effets curatifs à modifier l'état général du syphilitique, à lui donner une force et un équilibre de résistance, qui lui permettent de se défendre, avec le secours des spécifiques, contre les assauLs réitérés de la maladie, d'en réparer les désordres et d'en prévenir les atteintes ultérieures.
leurs affections sans avoir recours ni aux spécifiques, ni à la balnéation thermale? Aucun fait parmi tous ceux que je connais ne prouve d'une façon péremptoire que les eaux thermo-minérales, les sulfureuses pas plus que les autres, possèdent une action spécifique contre la syphilis, comparable à celle du mercure et de l'iodure ou même s'en rapprochant quelque peu. Et puis, dans les cas qu'elles semblent guérir, est-ce qu'elles agissent seules? N'y a-t-il pas une multitude d'autres conditions favorables à la santé générale qui concourent au même but, sans posséder par elles-mêmes aucune propriété spéciale et encore moins spécifique ?
Quoi qu'il en soit, voici quelques faits de prétendues gtiérisons par la balnéation thermale. — M. José Salgado, entre autres nombreuses observations, rapporte que deux conjoints syphilitiques, dont les enfants mouraient très peu de temps après leur naissance, finirent par conserver leur progéniture à la suite de plusieurs saisons faites à Garratraca. — Oui, mais plusieurs saisons supposent plusieurs années, et ne sait-on pas que le temps est avec le mercure un des plus puissants correctifs de la transmissibilité syphilitique par hérédité?
M. le Dr Fraîche relate le cas d'un malade qui, après avoir vu les premiers accidents secondaires disparaître par un traitement spécifique, eut un testicule syphilitique guéri par les eaux d'Uriage, et puis un engorgement du foie avec cachexie consécutive qui fut très amendé par les eaux d'Aulus. — Bordes- Pagôs a constaté que des accidents secondaires, des syphilides papulo-érosives ulcéreuses, des accidents tertiaires, carie, nécrose, exostose, sarcocéle, gommes ulcérées, etc., guérissaient sous l'influence des eaux d'Aulus. 11 est vrai qu'ils étaient arthritiques ou scrofuleux en même tempsque syphilitiques. — Guhian croyait à la guérison de certaines formes tardives ou obscures de la syphilis par les eaux bromo-chlorurées sodiques de La Molle, sans le secours de l'iodure. — Sénac-Lagrange soigna à Gauterets un homme de trente-neuf ans, infecté depuis près d'un an et qui, malgré trois mois de trailement spécifique régulier, avait sans cesse des récidives graves, telles qu'amy^dalopathies ulcérophagédéniques, grandes plaques cutanées sur diverses parties du corps, etc., etc. La stimulation générale et locale produite par les eaux modifia vite ces lésions et les guérit sans qu'on eût besoin de recourir au mercure et à l'iodure. — A Archeua (Espagne), à Ofcn (Hongrie), la diaphorèse aidée des seuls purgatifs passe aussi pour guérir les accidents tertiaires lorsque les spécifiques habituels sont restés inefficaces.