‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 269 sur 610 · UTILITÉ D'UN GRAND NOMBRE D'EAUX THERMALES · texte numérisé non relu

UTILITÉ D'UN GRAND NOMBRE D'EAUX THERMALES

aggravés par la syphilis, fournissent peut-être La plus nombreuse clientèle à la médication thermo-minérale.

Dans ces cachexies complexes où l'élément syphilitique est incontestable, mais plus ou moins larvé, il n'est pas toujours facile de démêler l'indication cardinale. On aurait tort de se confiner dans les eaux exclusivement sulfureuses. Beaucoup d'autres leur sont supérieures. Il est impossible de les désigner d'avance, parce que leur choix est subordonné à la prédominance du stigmate constitutionnel sur le fond commun cacheclico-syphilitique. J'ai dit plus haut le grand profiL qu'on retirait des eaux arsenicales et, en particulier, de celles de la Bourboule. Ajoutez-y le Mont-Dore, Plombières, Saint-IIonoré, toutes les eaux du massif central de la France, etc. Pour combattre l'anémie, quand la syphilis est éteinte ou silencieuse depuis longtemps, nous avons nos eaux ferrugineuses de Bussang, de Saint-Christau, de Charbonnière, de Saint-Alban, d'Orezza'. Certaines cachexies de provenance syphilitique se trouvent bien aussi de la médication saline qui favorise les échanges nutritifs, active les fonctions digestives et produit sur le tube intestinal une dérivation salutaire. Salins, dans le Jura, parmi tant d'autres, doit être mentionné. Vichy, Plombières, Néris, Bagnols (Lozère), et tous nos thermes de France, peuvent rendre de très grands services dans toutes ces affections chroniques où il y a, à côté de la syphilis et plus ou moins intimement combinées avec elle, une ou plusieurs tares constitutionnelles.

Il est à remarquer que ces eaux, dont la spécificité antisyphilitique est très inférieure à celle qu'on attribue aux eaux sulfureuses, réveillent quelquefois la syphilis latente. Fleckes a observé plusieurs cas de goutteux ayant eu autrefois la syphilis qui furent alLcints de manifestations tardives et très inattendues de cette maladie pendant une saison passée à Karlsbad.

II. Chez les syphilitiques dont la santé générale exige une médication thermale, les eaux sulfureuses sont habituellement prescrites

\. '< Pendant longtemps, on a cru que l'usage du fer était incompatible avec le traitement mercuriel de la. syphilis, lin effet, nous employons les bains ferrugineux de Gelesnovdsk en qualité de réactif de la syphilis; ce moyen provoque les manifestations de la dialhèse. Mais cette réaction ne dépend pas d'une relation spécilique quelconque entre la syphilis cl le fer, mais seulement de ce que les bains ferrugineux, en stimulant toutes les fondions de l'organisme, augmentent les manifestai ions de la diathése Syphilitique. C'est pour celle raison que le fer et les bains ferrugineux sont souvent un adjuvant précieux du traitement spécifique, surtout des formes atoniques et invétérées. » (Smirnolf, Étude sur la syphilis et son traitement.)

DANS LE TRAITEMENT DES CACHEXIES SUSCITÉES l'Ail LA SYPHILIS. 357

toutes les l'ois que L'infection est encore en activité et qu'elle est seule responsable de la cachexie qu'il s'agit de combattre. — Nous en sommes toujours a la cure simple; qu'on ne l'oublie pas. Voyons comment elle agit sur la diathèse elle-même et sur ses lésions.

La cure simple, c'est-à-dire celle qui est exclusivement composée d'eau minérale en boissons, en bains, en douches, et en toutes sortes d'applications accessoires, variables suivant les cas, détermine presque toujours une excitation générale qui a pour résultat de réveiller la maladie si elle était latente, et d'exaspérer ses manifestations tégumentaires si elle était en activité. Cette excitation générale et locale présente de grandes différences suivant la nature des sources et suivant leur thermalité, suivant leur thermalité surtout, qui joue un rûle si considérable dans l'action modificatrice qu'elles exercent sur l'organisme.

Les sulfureuses simples et les sulfureuses chlorurées à température élevée irritent et exaspèrent presque toujours la diathèse et ses accidents pendant les deux ou trois premières années du processus1 .

11 y a des cas, très rares, il est vrai, où elles en atténuent et effacent les manifestations2. Comme on a remarqué que ce fait se produisait souvent chez des sujets qui avaient subi antérieurement et depuis peu un traitement mercuriel, on a supposé que l'usage des bains avait pour résultat de dissoudre le mercure emmagasiné dans les organes, de le rendre libre et apte à circuler partout et à reprendre par conséquent son action curative. A l'appui de celte manière de voir, on a même rapporté des cas d'hydrargyrisme, et, en particulier, de stomatite mercurielle, survenant chez les sujets soumis à cotte médication balnéaire, et qui n'avaient pas pris depuis fort longtemps un atome de mercure.

Puisque, dans l'immense majorité des cas, les eaux sulfureuses thermales, loin de guérir les manifestations syphilitiques, les exaspèrent au contraire et les multiplient, il est bien évident qu'on ne doit pas les conseiller aux malades qui en sont atteints. Il faut même les interdire à ceux qui en sont récemment guéris ou qui se

1 . Avec les sulfureuses iodurées et avec Cballes en particulier, ces phénomènes d'excitation ne se produisent jamais. L'effet se borne à une stimulation légère et passagère. Toutes les lésions s'amendent peu à peu et tendent manifestement plus vite vers la guérison. (ur Etoyer, La médication de Challes 1891.)

2. Je serais disposé à croire que quand les eaux sulfureuses guérissent ainsi les manifestations syphilitiques, elles y arrivent, non pas directement, mais par l'intermédiaire d'une sorte de fièvre artificielle que suscitent leur thermalité et leurs principes excitants. Elles agissent alors comme le feraient une inflammation vive, une pyrexie, un érysipèle, etc., etc.

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