‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 288 sur 610 · INJECTIONS SOUS-CUTANÉES DE SÉRUM DAMS LA SYPHILIOTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

INJECTIONS SOUS-CUTANÉES DE SÉRUM DAMS LA SYPHILIOTHÉRAPIE

On a d'abord pensé que les animaux qui possèdent sur l'homme l'immense privilège d'être réfractaires à la syphilis pourraient peutêtre lui conférer celte immunité ou du moins diminuer son aptilude à concevoir Faction syphilitique, et de plus en neutraliser ou en guérir les conséquences. D'un autre côté, on a supposé que les syphilitiques pourraient fournir une sorte de vaccin qui atténuerait la virulence d'une infection récente. Mais comment et par quelle partie constituante de leurs organismes?

Eh bien, pour arriver à ces résultats on a eu recours au sérum sanguin et on a cherché à combattre la syphilis en injectant dans le tissu cellulaire sous-cutané du sérum d'animaux et du sérum de syphilitiques,

L'honneur de ces deux applications de la sérumthérapie clans le traitement de la syphilis revient, pour le sérum des animaux, à M. Tommasoli et, pour le sérum des syphilitiques, à M. Tellizzari.

I. M. Tommasoli choisit, parmiles animaux réfractaires à la syphilis, le veau et le mouton. Leur sérum, à la dose de 2 à 8 cent, cubes, était injecté dans la région fessière des syphilitiques. — En général, chaque malade recevait en tout six injections de sérum. — Les effets curatifs furent, paraît-il, beaucoup plus rapides et plus soutenus qu'avec les autres méthodes de traitement1 (Tommasoli, Gaz. degli ospilali, 1892).

1. Ces injections ont été faites avec les précautions antiseptiques d'usage à treize malades, dont la plupart présentaient, en diverses régions du corps, les accidents les plus accentués delà syphilis secondaire : périostite de la malléole, syphilide phagédénique de la jambe, etc. Autant que possihle, après disparition des accidents spécifiques, chacun des malades a encore reçu deux ou trois injections, à dose moyenne. En général, chaque malade a reçu un total de six injections de sérum. Une seule l'ois, M. Tommasoli a porlé le nombre des injections à treize, non pas à cause de la gravité ou de la résistance des accidents (il s'agissait d'une fille publique vigoureuse atteinte de papules exulcérées et végétantes autour de l'anus), mais parce que le traitement était supporté par la malade avec une remarquable facilité.

Voici quels ont été les résultats obtenus : les accidents syphilitiques, quelle qu'en fût la variété, ont disparu dans tous les cas avec une rapidité bien plus grande qu'avec les autres méthodes de traitement. La plupart des malades ont pu être considérés comme guéris au hout de quinze jours, et, au bout de six injections, presque toutes les lésions syphilitiques les plus graves étaient guéries ou tout au moins fort améliorées. Aucun malade n'a nécessité un traitement de plus de trois semaines. Pour la plupart de ces malades, il y a quatre, six et môme sept, mois que le traitement est terminé, et il ne semble s'être fait ani line nouvelle manifestation de la syphilis; c'est là une constatation des plus satisfaisantes.

Les injections de sérum ainsi faites ne sont cependant pas sans quelques inconvénients, les uns constants et peut-être inévitables, les autres accidentels •et rares. Parmi les premiers, il faut citer : 1" la fièvre, qui, faible et passa-ère, suit chaque injection ; 2" la douleur, l'induration et la tuméfaction qui se montrent au point où elle a été pratiquée; ces symptômes, toujours modérés et peu durables, manquent aux premières injections et ne se montrent qu'aux suivantes, surtout quand le sérum est injecté à la dose de plus de quatre centi-

THA1TUMENT DE LA SYPHILIS l'Ait LU SÉRUM

lin juillet 1891, M. le Dr Foulard communiqua à la Société française de dermatologie et de syphiligràphie une note très intéressante sur la valeur thérapeutique des injections de sérum du chien. L'expérimentation de cette méthode fut laite à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le professeur Fournier. Sur 24U injections pratiquées dans les fossettes rétrotroehantériennes, une seule fut suivie d'abcès, parce que le sérum injecté était altéré. Il faut que ce sérum n'ait pas plus de 4 nu 5 jours et soit contenu dans des ampoules très hermétiquement fermées à la lampe. On injectait d'abord 2 centimètres cubes tous les deux jours. Mais sur les conseils de M. Richet qui fournissait le sérum, on abaissa la dose à 1 centimètre cube tous les deux jours. Cette dose donne, parait-il, d'aussi bons résultats que les doses de 2, 3 et 4 centimètres cubes. « Ce qui ressort de nos observations, dit M. Feulard, est avant tout la valeur nutritive du sérum. L'augmentation de poids des malades est un fait constant... Elle s'est produite chez des malades hospitalisés déjà depuis longtemps... Les injections de sérum agissent en relevant l'état général, comme un excellent tonique, mais nous ne croyons pas, dans le traitement du lupus spécifique, qu'on puisse invoquer une action microbicide. Dans le traitement de la syphilis, elles nous paraissent encore moins faciles à pouvoir être employées en tant que médication spécifique ; mais, comme adjuvant de la médication spécifique, elles constituent là une médication précieuse par ses bons effets nutritifs et toniques... » Bull, de la Soc. de denn. et de sijph., 1891, pp. 31-339. — Dans la môme séance, M. le docteur Morel Lavalée signala quelques accidents produits par congestion chez certains malades, tels que urticaire massive géante, ligneuse au niveau du point injecté, qui dura une dizaine de jours et laissa des ecchymoses, dyspnée, hématurie, congestions vers les épiphyses.

D'après M. Fournier, les injections de sérum animal exercent un effet favorable sur les lésions syphilitiques et il y a quelque chose à en tirer. Agissent-elles sur ces lésions directement ou en modifient-elles le terrain?

mètres cubes; 3° l'inappétence, un malaise général et de la céphalalgie. Parmi les inconvénients accidentels, ont été observés: i°de l'érvtlièine, particulièrement chez les femmes faibles et leucorrhéiques; 2° de la pâleur, de la faiblesse et de l'hypothermie, qui se montrèrent passagèrement entre deux injections faites chez les malades affaiblis. (Intcrn. hlin. Rundschau, n° 24.)

M. Kollrnann, de Leipzig, s'est inspiré du travail de M. Tommasoli pour essayer les injections de sérum comme traitement de la svphilis.

Ce traitement l'ut appliqué à 18 syphilitiques, dont 8 traités déjà antérieurement par le mercure et fiodure, et 10 n'ayant subi aucun traitement. A titre de comparaison, les mêmes injections furent encore faites à o individus non syphilitiques.

La quantité de sérum injecté a varié entre 91, b et 136 c. c, c'est-à-dire une quantité deux ou trois fois supérieure à celle que Tommasoli donne comme la dose maxima. Les injections provoquaient seulement de l'urticaire el des érythèmes généralisés à tout le corps, aussi bien chez les syphilitiques que chez les non-syphilitiques. Deux malades ont eu, pendant le traitement, de l'albumine dans les urines, mais il était impossible de dire si l'albamiûurie devait être attribuée au traitement ou non.

Les injections en question n'ont donc pas d'inconvénients. Quant à leur valeur thérapeutique, il faut attendre de nouveaux documents avant de se prononcer. (Mercredi médical, 1804-, n° 167.)

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