‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 293 sur 610 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Inutilité du traitement général pendant l'incubation chancreuse. Nécessité de l'instituer contre la syphilis primitive. Il faut l'attaquer avec le mercure surtout, et quelquefois avec l'iodure, suivant ses divers modes, à tous les moments de sa durée. Interdiction formelle de tout traitement interne dans la syphilis primitive douteuse. — Poursuivre le traitement après une syphilis primitive, incontestable, alors même que n'apparaîtraient pas les manifestations consécutives de l'infection généralisée.

T. Il est un premier point sur lequel je crois que tout le monde est d'accord : c'est l'inutilité absolue du traitement spécifique pendant l'incubation du chancre infectant. Alors même qu'on aurait, autant qu'on peut l'avoir, la certitude que le malade est contaminé, il faudrait s'abstenir de donner du mercure ou de l'iodure. Le mercure, en pareil cas, n'empêche rien ; il ne prévient ni ne retarde l'apparition de l'accident primitif. Il est même probable, quoiqu'il soit difficile de le démontrer, que cet accident n'est en rien modifié par lui et se montre tel que si le sujet n'avait pas été mercurialisé.

La preuve de cette incapacité préventive et prophylactique de rhydrargyre a été faite plusieurs fois. N'a-t-on pas vu des personnes soumises, professionnellement ou par occasion, à un hydrargyrisme intense devenir syphilitiques, suivant le même processus et au même degré que tout le monde, et sans qu'il y eût en elles la moindre trace d'immunité? A plus forte raison doit-il en être ainsi de l'iodure de potassium.

Donc le traitement de la syphilis ne doit pas être commencé avant qu'elle ait donné un signe matériel de son existence.

II. Ce signe matériel, le premier en date, celui d'où va procéder, à bref délai, dans tout l'organisme et pendant une durée incalculable, l'innombrable série des manifestations spécifiques, c'est le chancre infectant, la néoplasic initiale, la syphilis primitive.

Est-ce à cette époque qu'il Faut instituer le traitement, ou bien faut-il l'ajourner jusqu'à l'apparition des symptômes qui révèlent la généralisation de la maladie, c'est-à-dire jusqu'au début de la période secondaire? Les avis sont partagés sur ce point comme sur tant d'autres. Quant au mien, je l'ai énoncé plusieurs fois, et il est très formel.

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