‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 294 sur 610 · NÉCESSITÉ DES SPÉCIFIQUES DÉS QUJ{ L'INFECTION EST CERTAINE · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DES SPÉCIFIQUES DÉS QUJ{ L'INFECTION EST CERTAINE

S établis comme une règle invariable qiCil faut commencer la médication spécifique aussitôt qu'il ne reste plus aucun doute sur la nature de l'accident primitif. Je reviendrai sur celle question à propos du Irailoment de la syphilis primitive. Je m'en tiendrai ici à quelques propositions générales.

N'est-il pas étrange qu'on s'abstienne d'agir contre une manifestation aussi profondément empreinte de spécificité que le chancre ? Assurément, l'hydrargyre et l'iodure administrés pendant la syphilis primitive n'empêchent pas l'infection de se produire; mais n'est-il pas rationnel de supposer qu'ils l'atlénuent et la corrigent dans une certaine mesure? L'impression bien nette qui ressort de ma longue pratique, c'est que les syphilis qui n'ont pas été traitées dès la phase primitive présentent, pendant la phase secondaire, une exubérance et une intensité plus grandes dans leurs manifestations, que celles qui, dès l'origine, ont été régulièrement soumises à la médication mercurielle. Elles sont plus rebelles, plus sujet les aux rechutes, moins maniables, moins promptes peut-être à subir l'action des agents spécifiques.

Une démonstration mathématique de ce fait est fort difficile, comme tout ce qui concerne la prévention, puisqu'il esl impossible de savoir exactement ce qu'auraient été les choses chez tel ou tel individu, si on ne l'avaitpas traité/Néanmoins, la comparaison faite sur une grande échelle entre les deux catégories de ceux qui sont traités dès le début et de ceux qui ne le sont qu'ultérieurement, donne raison aux partisans du traitement mercuriel et ioduré, du premier surtout, dans la syphilis primitive.

Les syphiliographes qui objectent contre ce traitement initial, qu'il favorise, pour une période ultérieure, l'apparition d'accidents graves profonds, viscéraux et, entre autres, celle des syphiloses cérébro-spinales, ne peuvent apporter aucun fait précis à l'appui de cette hypothèse.

Et que dire de cette autre objection que le traitement initial use les effets thérapeutiques du mercure, émousse son action et nous prive d'une bonne partie des secours dont nous aurions besoin poulies accidents ultérieurs? A ce compte, il faudrait ne rien faire dans le présent et tout réserver pour l'avenir. Pourquoi, par exemple, traiter la roséole? Peut-être y aura-t-il après elle des papules? Et pourquoi traiter les papules ? Peut-être y aura-l-il après elles des tubercules, des gommes, etc. En se plaçant à ce point de vue d'une possibilité d'accidents de plus en plus graves, pour lesquels

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