DU CHANCRE
Ces préliminaires posés, entrons dans le vif de la question. Ce qui simplifierait beaucoup le traitement de la syphilis primitive ce sci ait de la supprimer. Et j'entends par là, non pas détruire quelques-uns des éléments de ce syndrome, mais éteindre tout le foyer si radicalement qu'aucun germe virulent ne survive, ne s'échappe et n'aille porter l'infection dans l'organisme. L'idéal, ce serait une abortion absolue pour le présent et surtout pour l'avenir, car qu'importerait qu'on anéantit le chancre si ses conséquences ordinaires de généralisation infectieuse ne s'en développaient pas moins?
On peut attaquer la syphilis primitive dans chacun des quatre éléments qui la constituent et qui sont : l'incubation du chancre, le chancre, son adénopathie et la deuxième incubation ou incubation constitutionnelle.
L'incubation chancreuse, c'est-à-dire l'intervalle de 25 à 40 jours qui sépare la contamination du moment précis où apparaît le chancre, ne donne prise à aucun traitement général. Nous aurions beau saturer de mercure et d'iodure un sujet qui vient de contracter la syphilis, nous n'empêcherions pas le chancre de pousser à son heure sur le point où la contagion en a implanté le germe. C'est ainsi fin moins que les choses se passent dans la syphilis acquise.
En est-il de même au sein de l'utérus, où la contagion s'effectùe d'une façon si mystérieuse entre la mère et l'enfant ou entre l'enfant et la mère? Nous n'en savons rien. Peut-être les spécifiques acquièrent-ils, par l'intermédiaire des vaisseaux placentaires, une puissance préventive qu'ils n'ont pas en dehors de cette fusion si intime de deux êtres.