CHAPITRE PREMIER
Tentatives faites anciennement pour arrêter, dés l'apparition du chancre, le processus ultérieur de la syphilis. Traitement abortif moderne de la syphilis par la destruction du chancre syphilitique. Influence qu'ont eue sur lui les théories microbiennes de cette infection. Invasion centripète très rapide des tissus sains par le virus, s'effectuant, dès les premières heures, bien au delà du chancre. Conditions que devraient réunir les tentatives d'abortion pour réussir. Moyens de destruction du chancre. Excision, exérèse ou éradication. Comment elle doit être pratiquée pour être irréprochable.
I. Si on détruisait, aussitôt après la contagion, le point sur lequel elle a eu lieu, empêclierait-on le chancre de se produire? Évidemment, on aurait quelque chance d'y arriver. Mais comment s'y prendre dans la pratique? Ce moyen serait applicable dans les cas d'inoculation expérimentale. On pourrait, aussitôt la piqûre faite, exciser la peau ou la muqueuse ou bien la cautériser profondément, etc. Mais l'inoculation syphilitique qu'on pratiquait autrefois est proscrite pour toujours.
Si une personne à peu près certaine de s'être exposée, d'une manière quelconque, à la contagion venait nous montrer le point culané et surtout la solution de continuité par où le virus a pu pénétrer, il ne faudrait pas hésiter à y porter le thermo-cautère ou un caustique énergique pour le détruire. M. Robert Pagvalin, médecin à Abo, en Finlande, me racontait il y a longtemps, dans une causerie sur l'excision chancreuse, le fait suivant qu'il avait observé : Deux hommes eurent des rapports avec la même femme syphilitique. L'un s'écorchaqiendant le coït; au bout de 8 jours, on fit l'excision de cette écorchure qui n'était pas encore chancreuse et aucune infection n'eut lieu; l'autre, au contraire, eut un chancre infectant au bout de trente jours.
Malheureusement, les circonstances où il serait permis d'anéantir