PEUT-ELLE EMPÊCHER L'INFECTION
le point d'implantalion du virus sont cxlraordinairement rares et ne se rencontrent peut-être pas une fois sur 1 ou 2 mille cas. Et quand elles se rencontrent et qu'on en profite, on ne réussit pas toujours comme M. Pagvalin. Ainsi Berkely-Hill a rapporté l'observation suivante, qui est bien faite pour décourager : Un de ses amis accourut cbez lui en sortant de chez une femme suspecte, très inquiété par une écorebure qu'il s'était faite au prépuce pendant le coït. Berkeley-Hill cautérisa tout de suite cette écorchure avec de l'acide nitrique fumant, une heure après le rapport sexuel qui l'avait produite. La lésion focale fut enrayée; mais, au bout de soixantehuit jours, la roséole montrait que l'infection générale n'avait pas été prévenue. On trouvera plus loin, avec tous ses détails, un cas analogue que nous devons à M. Gerber de Kœnigsberg et qui est tout aussi décourageant que celui de Berkeley-Hill (voy. pp. 450-2).
II. Le chancre vient d'apparaître. Est-il possible de le faire avorter et de couper court par là au processus infectieux ? C'est un espoir que, de tout temps, ont caressé les syphiliographes. Dès 1508 Jean de Vigo prescrivait de détruire par les moyens les plus violents, au début du mal français, les pustules de la verge pour prévenir l'infection. Je ne sais pas sises conseils furent rigoureusement suivis. Dans tous les cas, l'expansion de la syphilis à cette époque ne paraît pas avoir été entravée par ces pratiques d'abortion.
Ces tentatives, reprises plus tard par Jean-Louis Petit, Hunter et Ricord, ne donnèrent aucun succès et on y renonça. Du reste, elles étaient faites dans de trop mauvaises conditions pour inspirer quelque confiance, alors même qu'elles auraient réussi. « De tous les chancres, disait Ricord, que j'ai vu cautériser ou que j'ai cautérisés moi-même, du premier au quatrième jour de la contagion, aucun n'a été suivi de sympLômes propres à l'infection constitutionnelle. » Quoi d'étonnant à cela? La courte durée de l'incubation indiquée par Ricord ne prouve-t-elle pas qu'il ne s'agissait que de chancres simples et pas du tout de chancres syphilitiques? Peutêtre parmi ces chancres simples y en avait-il de mixtes; c'est tout ce qu'on peut accorder, mais, au surplus, rien ne le prouve.
M. Rollet, qui est loin d'être partisan de la méthode abortive, croit cependant que, dans les cas de chancre mixte, il serait possible que la destruction de l'ulcère neutralisât le virus syphilitique encore à l'état d'incubation et prévînt ses effets ultérieurs. Mais Mauriac. 28