‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 353 sur 610 · L'EXCISION ATTÉNUE-T-ELLE LA. SYPHILIS · texte numérisé non relu

L'EXCISION ATTÉNUE-T-ELLE LA. SYPHILIS

rapporté plusieurs cas de semblables paraplégies précoces, foudroyantes et mortelles.

Malgré cet échec de la méthode abortive qui en compte tant d'autres', M. Ehlers est" convaincu que l'éradication du chancre, lorsqu'elle ne tue pas la syphilis du premier coup, exerce néanmoins une influence salutaiVe sur l'évolution ultérieure de la maladie, et qu'elle en atténue et en raréfie les manifestations. Ou bien elle éteint dans le nid tous les germes de l'infection avant qu'ils s'en échappent, ou bien elle en diminue tellementle nombre que ceux qui restent sont incapables de produire les mêmes ravages que la troupe non décimée. Peut-être, logiquement, devrait-il en être ainsi? Mais les faits donnent un démenti cruel à la théorie. Les deux précédents n'en sont-ils pas une preuve clinique? Et il y en a bien d'autres ! Chez un de mes malades, la syphilis qui avait semblé atténuée par l'excision ne donna pas moins lieu plus tard à des dermopathies ulcéreuses. Bien plus, deux ans après, le malade eut une vaste nécrose du maxillaire supérieur. Dans un cas rapporté par M. Klink, malgré l'excision, le malade eut d'abord des syphilides, puis plus tard une paraplégie. Un autre également excisé fut atteint de rupia, d'albuminurie et de cérébrosyphilose. — M. Neumann, dans un cas, ne s'était pas contenté de l'excision chancreuse ; il avait aussi

1. Parmi les cas où l'excision a été inutile, quoique faite clans des conditions expérimentales très satisfaisantes et après qu'on eût établi par une confrontation la probabilité de la syphilis, il faut citer le cas de M. Gibier (Union médicale, 29 mars 1881) et celui de M. R.-W. Taylor, dont je vais parler.

Au nombre de ceux qui, comme moi et beaucoup d'autres, n'ont que fort peu de confiance dans le traitement abortif de la syphilis par la destruction des chancres infectants, M. R.-W. Taylor est un des plus intransigeants. Il déclare sans hésitai ion qu'il n'y a pas une seule syphilis qui ait été arrêtée ou maîtrisée par n'importe quel procédé radical employé de lionne heure contre Je chancre. Dans les prétendus succès, il s'agissait de chancres mous ou de pseudo-chancres infectants, ou bien encore d'herpès, ou de nodules d'acares qui, sur Je pénis et les organes génitaux de la femme, ont été souvent pris, même par les plus habiles, pour un néoplasme primitif.

Le cas suivant observé par lui était bien de nature à le rendre plus que sceptique à l'endroit de la méthode. Son malade portait, depuis 12 heures environ, sur le dos de la verge, une petite fissure de couleur sombre dont il suspectait la nature, paire que la femme' avec qui il avait eu commerce avait infecté un de' ses amis. — M. Taylor constata, en effet, chez cette femme, un chancre génital induré au déclin, de la roséole et des plaques muqueuses gutturales La nature spécifique de la tissure pénienne ne pouvait laisser aucun doute. Avec toutes les précautions antiseptiques, M. Taylor excisa liés largement el bien au delà des limites de ladite fissure la peau du fourreau sur laquelle elle reposait. La plaie, qui guérit parfaitement, ne présenta jamais la moindre trace d'induration. 20 jours après, adénopathie inguinale. — ■ 52 jours après l'apparition du ehani-re, manifestations secondaires incontestables. L'incubation chancreuse n'avait été que de dix-sept jours. (Syphilis, by R.-W. Taylor, New-York, pp. 23-24.)

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