ET APPLIQUÉ QUAND LÉS CIRCONSTANCES S'Y PRÊTENT
axiome géométrique de son impossibilité, il faut choisir les meilleurs moyens pour y arriver, et appliquer ces moyens d'une façon aussi raisonnable, aussi rigoureusement clinique, aussi complète que possible, afin qu'on ne puisse pas vous dire : «Vraiment on aurait mieux fait de laisser le malade tranquille. » N'est-ce pas ce qui nous vient immédiatement à l'esprit en lisant la plupart des faits publiés jusqu'à présent? Le meilleur moyen paraît être l'excision faite de bonne heure et très largement, comme il a été dit plus haut. On ferait bien de cautériser préalablement avec le fer rouge ou le thermocautère la petite lésion qui, n'étant pas encore positivement un chancre, a toutes les chances de le devenir. A cette entreprise violente et radicale contre le chancre à l'état embryonnaire doivent se borner nos tentatives d'abortion. Poursuivre le virus sur les lymphatiques et dans les ganglions est aussi inutile que sauvage et anticlinique.
L'espoir de réussir en agissant ainsi est bien faible, peut-être nul. Je serais mal venu, après mes échecs, de soutenir le contraire. Mais n'y aurait-il pas présomption de ma part à affirmer que mes expériences sur l'exérèse et la conviction qu'elles m'imposent doivent faire loi. Le bon goût autant que la certitude du progrès en bien des choses m'en préservent. Aussi est-ce sans arrièrepensée que je conseille toujours l'abortion syphilitique, n'eût-elle qu'une chance d'aboutir à un résultat favorable sur un nombre illimité de cas.
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SECTION II