LE PRINCIPE DE L'ABORTION SYPHILITIQUE DOIT ÊTRE ADMIS
ils le sont dès les 4 ou 5 premiers jours, toute exérèse pratiquée après ce délai est fatalement condamnée à l'insuccès.
C. — Il est donc indispensable de n'exciser le chancre que quand il est à l'état naissant, c'est-à-dire aux premières humes de son existence. Mais comment le reconnaître à ce moment-là? Par La confrontation. Oui, mais suffit-elle? Ne pourrait-il pas se faire qu'un sujet qui s'est exposé à la contagion ne l'eût pas subie; qu'il en fût sorti indemne et que, par le fait d'un hasard qui n'est pas improbable, il lui fût survenu 25, 30, 35 jours après, sur les points contaminés, une petite lésion insignifiante qui ne serait rien moins qu'un chancre ? J'ai vu un assez grand nombre de cas où les choses se sont ainsi passées1. Je me disais après coup, quand il m'était bien prouvé qu'aucun danger n'existait plus : Si j'avais excisé cette petite lésion-là qui n'était point un chancre, est-ce que je n'aurais pas fait avorter une syphilis imaginaire? Et, en vérité, c'est là malheureusement une des grandes objections contre la méthode. Si vous échouez en enlevant le chancre à l'état naissant, il est bien évident qu'il s'agissait d'un vrai chancre. Si vous réussissez, on pourra toujours vous dire, malgré toutes les probabilités de contagion : La petite lésion que vous avez enlevée avant qu'il y eût en elle aucun caractère morphologiquement spécifique, aucune irradiation vers les ganglions, cettepetite lésionlà était-elle bien un chancre embryonnaire?
D. — Je répondrai encore : qu'importe? Il ne s'agit pas ici de faire triompher ou de condamner la méthode. C'est la préservation du malade qui doit être notre seul objectif. Or, du moment qu'il apparaît, sur un point du tégument opérable, et qui a été à n'en pas clouter soumis au contact du virus syphilitique, une petite lésion même équivoque, il faut l'exciser, pourvu toutefois qu'elle survienne au terme ordinaire de l'incubation chancreuse. Vous n'aurez peutêtre enlevé qu'un bobo insignifiant ; mais si votre malade croit qu'il a été délivré d'un chancre et de la syphilis, où est le mal? H s'en réjouira; il vous en saura gré. Quant à vos doutes, vous les mettrez dans le même sac que tant d'autres dont nous aurions bien tort de nous tarabuster outre mesure l'entendement.
E. — Le principe de l'aborlion syphilitique devant être admis, jusqu'à ce qu'on ait donné La preuve absolue et évidente comme un
l. Dans les cas auxquels je fais allusion, le siège île la lésion ne permettait pas de procéder à son ablation.