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DE LA SUPPURATION DANS LES ADÉNOPATHIES PRIMITIVES. B

sombre, devient adhérente, le tissu cellulaire s'infiltre, la collection liquide se forme par une lente régénérescence granuleuse. Puis, d'elle-même, sans fracas, elle se résorbe peu à peu et se guérit sans que nous soyons obligés d'intervenir.

Aussi l'indication formelle, en pareil cas, est-elle d'abandonner la complication à sa marche naturelle. Surtout, il ne faut pas y porter l'instrument tranchant. Ce serait une grande faute d'évacuer le contenu de la poche liquide. On se bornera donc à renforcer un peu le traitement interne et à donner de l'iodure de potassium, si on s'en était tenu jusque-là au mercure.

On voit quelquefois se former, sous la peau et dans le tissu cellulaire sous-cutané qui recouvre les ganglions syphilitiques, des infiltrations subaiguës de néoplasie qui sont, elles aussi, essentiellement spécifiques. Elles correspondent à la périadénite inflammatoire,' mais en diffèrent essentiellement par leurs allures et leur terminaison, car la résolution est la règle. On l'aidera par des cataplasmes. Je ne conseille pas de recourir aux onctions avec l'onguent napolitain, quoique au premier abord elles semblent très bien indiquées.

Je m'abstiens d'en faire à cause de la facilité avec laquelle ce topique provoque dans cette région de l'eczéma rubrum. Or, l'eczéma rubrum, développé sur ces suffusions néoplasiques, pourrait susciter en elles un travail trop rapide de fonte régressive, qui entraînerait des pertes de substance considérables, surtout s'il se compliquait d'un processus gangreneux.

La lymphangile syphilitique des gros cordons du pénis ou de la vulve devient quelquefois très volumineuse, subaiguë, cl s'accompagne d'un œdème plastique qui infiltre une étendue plus ou moins considérable de la région.

Les œdèmes durs sont très fréquents dans la syphilis primitive. Ils prennent quelquefois les proportions de l'éléphantiasis, et semblent avoir leur siège dans le réseau des lymphatiques cutanés et hypodermiques. Le traitement consistera en application de cataplasmes de Eécule, en lotions émollientes, en onctions adoucissantes, etc. On s'en tiendra à ces moyens simples. Pour les raisons énoncées ci-dessus, on s'abstiendra de recourir aux onctions mercurielles, du moins dans la région génitale ; mais ailleurs, sur des points de la peau moins susceptibles de devenir le siège d'eczéma rubrum, on pourra y recourir

TRAITEMENT DES ADÉXOI'ATIIIES PRIMITIVES MIXTES.

III. 11 se forme quelquefois, mais rarement, des adénopalhies c/ioncrr//o-sf/phi/itiques ou syphilitico-chancrelleuses, suivant que le processus a débuté par un bubon chancrelleux ou par une adénopathie syphilitique. L'élément chancrelleux donne lieu à des abcès inflammatoires qui, loin de se limiter et de se guérir, après leur ouverture spontanée ou artificielle, tendent, au contraire, à s'agrandir dans tous les sens et deviennent de vrais chancres mous.

Si le foyer chancrelleux est petit, on pourra chercher à y éteindre la virulence au moyen de cautérisations, tous les 4 ou 5 jours, avec du chlorure de zinc à saturation. S'il est étendu, on le saupoudrera fréquemment avec de l'iodoforme ou de l'aristol, et on le tiendra constamment recouvert de cataplasmes émollients arrosés d'eau boriquée. Dans le traitement local de ces adénopathies mixtes, c'est l'élément chancrelleux qui fournit toutes les indications-, et elles sont les mêmes que pour le bubon virulent, symptomatique de chancres simples. Le traitement interne n'a aucune action sur l'élément chancrelleux de l'adénopathie.

L'adénopathie syphililico-stmmeuse, formée sous la double action des deux maladies constitutionnelles, présente toujours une prédominance de l'élément strumeux. Souvent, en effet, plusieurs points se ramollissent et se creusent de trajets fistuleux, de cavités anfractueuses et fongoïdes qui deviennent des sources intarissables de pus grumeleux. Ce sont alors de véritables écrouelles dans lesquelles la syphilis finit par n'avoir aucune part. Aussi le traitement interne ne les améliore point.

Il faut recourir à des moyens topiques qui sont : l'ouverture des abcès multiples, l'injection de teinture d'iode clans les cloaques, des cautérisations profondes avec le crayon de nitrate d'argent, le gratr tage des fongosités, et enfin l'ablation tolale de la tumeur, quand les mesures moins radicales sont insuffisantes. Un mode de traitement local dont je me suis très bien trouvé en pareil cas, ce sonl des pansements compressifs ou bien l'application sur l'engorgement d'un sachet contenant 1 ou 2 kilogrammes de plomb de chasse. On voit quelquefois diminuer considérablement la tumeur du jour au lendemain sous l'influence de celle pression continue et prolongée. Quoique le traitement spécifique n'attaque pas directement l'adénopathie strumeuse,il faut toujours l'instituer el le faire mixte, avec prédominance de l'iodure sur le mercure. Les toniques, l'huile de foie de morue, une bonne alimentation constituent de très utiles adjuvants, qu'il ne faudra pas négliger.

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