‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 400 sur 610 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Traitement de la santé générale pendant la syphilis primitive. Nécessité de relever le moral, de montrer les dangers de la contagion et de la transmissibilité héréditaire, de dissiper les préjugés contre le mercure. Traitement des troubles constitutionnels qui surviennent à la fin de la syphilis primitive et qui servent de prodromes à la syphilis secondaire. — Inutilité des médications ordinaires pour les combattre. Efficacité du mercure et de l'iodure de potassium.

I. Pendant la durée de la syphilis primitive, la santé générale ne subit, ordinairement, aucune atteinte sérieuse, à moins que les chancres ne soient très graves par eux-mêmes ou ne suscitent des complications sérieuses. Il ne faudra cependant pas négliger l'hygiène, et on fera sagement d'habituer le malade à une vie régulière, qui lui sera surtout nécessaire ultérieurement. Les hommes ont besoin de ces conseils plus que les femmes.

En revanche, celles-ci présentent trop souvent, dans les villes, de la chlorose, de l'anémie, une plasticité organique insuffisante ou une prédominance de nervosité maladive, qui doivent nous rendre très prudents dans l'administration des spécifiques. Il faut lâter le terrain avant de s'y aventurer, et recourir au traitement auxiliaire, analeptique, ferrugineux ou autre, destiné à corriger les défectuosités innées ou accidentelles de la constitution.

Quant au moral des malades, il est nécessaire de s'en préoccuper. Beaucoup sont bouleversés, dans les premiers jours, quand ils onl la certitude que leur maladie est la syphilis. On les calmera et on les rassurera tout en leur traçant une esquisse approximative, mais un peu atténuée, de ce qui les attend. Il serait imprudent toutefois de s'aventurer dans des prévisions trop précises, auxquelles l'avenir pourrait donner un démenti fâcheux pour noire perspicacité. En se tenant dans les généralités et dans le [vague, on a grande chance de ne pas se tromper beaucoup, car la très grande majorité des syphilis présentent aujourd'hui la même physionomie.

Un point que j'aborde toujours sans ambages, c'est celui du • langer que le malade va faire courir aux personnes avec lesquelles le commerce de la vie le met en rapports plus ou moins intimes. Je ne lui cache point que, pendant trois ans el plus, s'il ne se soigne

Page 1