AUX MALADES ATTEINTS DE CHANCRES SYPHILITIQUES
pas convenablement, il est exposé à communiquer sa maladie, parce que presque toutes les lésions qu'il aura dans la bouche, aux lèvres, à la gorge, aux parties génitales seront contagieuses. Comme corollaire, je lui fais sentir l'impossibilité de se marier avant 3 ou 4 ans, et je lui en donne sommairement les deux principales raisons, c'est-à-dire la probabilité d'infecter sa femme et de transmettre héréditairement la syphilis à ses enfants. En guise de correctif à cette sombre perspective, j'ajoute que les lésions les plus contagieuses ne sont pas très graves pour le malade, que, souvent, elles passeraient inaperçues, si on ne se tenait sur ses gardes, et qu'au surplus on les guérit très facilement quand on se donne la peine de les soigner.
Les préjugés contre le mercure subsistent encore; mais il est incontestable qu'ils diminuent de jour en jour, et que presque tous les malades se résignent d'avance à la médication hydrargyrique, sans crainte ni répugnance. J'en ai rencontré quelques-uns qui s'y refusaient formellement. Ces réfractaires deviennent de plus en plus rares. Je crois qu'il est prudent, quand on administre un remède pour la première fois, de dire au patient quelques mots des troubles qu'il peut lui causer. Ainsi, à propos de mercure, on l'avertira que, dans les premiers jours, son action sur le tube digestif se traduit quelquefois par des malaises ou des pincements à l'estomac, par de petites coliques suivies de diarrhée, qui disparaissent assez vite et dont on ne doit pas s'inquiéter. Mais on insistera sur la possibilité d'une irritation des gencives, avec agacement des dents, et on recommandera formellement de suspendre l'usage des spécifiques dès la première apparition de ces phénomènes précurseurs de la stomatite hydrargyrique. — Pour l'iodure, on dénoncera quelques-uns de ses principaux désagréments, entre autres, le coryza, le larmoiement, les boutons acnéiques, les douleurs de tête, en conseillant de ne pas s'en préoccuper et de passer outre, s'ils sout modérés, parce qu'ils s'atténuent, ordinairement, au bout de quatre ou cinq jours.
II. La deuxième incubation, ou incubation constitutionnelle, incubation syphilitique, pendant laquelle l'infection se généralise, dure en moyenne 45, 50, 60 jours, à partir du début du chancre. Elle est close par l'apparition des premiers accidents sur la peau et sur les muqueuses. Le traitement spécifique de la syphilis primitive en augmente peut-être un peu la durée. Les fièvres et les phlegma-