AFFECTIONS SYPHILITIQUES DES ONGLES
11 est excessivement raie que le tertiarisme pénètre jusqu'aux os et aux articulations dans la paume des mains, et qu'il se forme des nécroses. Un pareil fait s'observe quelquefois dans les syphilis malignes. L'intervention chirurgicale est alors nécessaire pour enlever les petits séquestres.
Onyxis et périonyxis syphilitiques. — La syphilis ne se borne pas à attaquer la paume des mains et la plante des pieds; les extrémités digitales ne lui échappent pas et elle y produit deux ordres de lésions : les unes se concentrent sur l'ongle lui-même qui paraît seul atteint; les autres attaquent les parties molles qui entourent l'ongle et ne l'affectent que consécutivement.
Dans l'onyxis, qui constitue le premier groupe de ces lésions, il n'y a ni ulcérations ni fongosités ; l'ongle s'exfolie, se dessèche, se fendille et finit par tomber comme font les cheveux (alopécie unguéale). La peau qui entoure l'ongle devient aussi quelquefois squameuse (psoriasis unguéal spécifique).
Dans le périonyxis, on a, comme premier degré, la toumiole syphilitique, puis la forme simplement érosive. A un degré plus avancé, l'ongle est entouré, en partie ou en totalité, par une ulcération plus ou moins profonde qui suppure abondamment. Enfin l'ulcération peut devenir phagédénique, pénétrer jusqu'au périoste, nécroser la phalangette et amputer l'extrémité des doig ts.
Les formes les plus graves du périonyxis s'observent au gros orteil qui, doublé ou triplé de volume, s'étale en spatule ou s'arrondit en massue. L'ulcération péri et sous-unguéale s'entoure d'une hyperplasie diffuse ou se complique d'un bourgeonnement morbide exubérant, d'une sorte de dégénérescence fongueuse qui aboutit quelquefois à la gangrène, etc. C'est alors une affection très sérieuse, qui condamne les malades à l'immobilité et qui est très difficile à guérir.
Les précautions hygiéniques les plus simples sont, à elles seules, presque toujours d'une grande efficacité. Il faudra condamner les parties malades au repos, les soustraire aux causes d'irritation et
mercurielle sur la plaque chauffée au rouge sombre d'un fourneau de cuisine et en tenant étendues au-dessus les mains recouvertes de llanelle afin de concentrer la vapeur qui se dégage.
Le Dr J. Hunter Wills a proposé un moyen de fumigation mercurielle. très simple pour les syphilides palmaires. On pratique dans les parois d'une boite à chapeau un trou assez large pour y passer la main. Dans L'intérieur de la boite ou du carton, on vaporise, sur une coupe et à l'aide d'une lampe à alcool, I S à 30 centigrammes decalomel qui va se déposer sur les parties malades.
TRAITEMENT DE l/ONYXIS ET DU PÉRIONYXIS.
les placer dans la position la plus propre à favoriser la circulation et à empêcher la stagnation du sang- dans les veines et les capillaires. L'onyxis guérit sous la seule influence du traitement interne. 11 ne suffit pas dans le périonyxis, et la médication topique y occupe une place plus importante que l'interne.
Dans les formes sèches, on protégera les doigts et les orteils avec un doigtier en caoutchouc, un pansement au diachylon, des bandelettes agglutinées au moyen de collodion riciné, etc. Si l'affection se présente sous une forme inflammatoire plus ou moins vive on aura recours au traitement antiphlogistique local : cataplasmes émollients, bains locaux et généraux; puis aux onctions avec de l'onguent napolitain, ou bien à un pansement par occlusion avec des bandelettes d'emplâtre de Vigo hydrargyrisé. Dans la forme ulcéreuse, s'il existe une vive inflammation, on emploiera un traitement antiphlogïstique local. Lorsque des fongosités pousseront sur les surfaces ulcérées, on les cautérisera vigoureusement avec un crayon de nitrate d'argent, tous les jours ou tous les deux jours. Je n'ai pas recours ordinairement à d'autre caustique. Le chlorure de zinc trouverait pourtant son indication dans les formes extrêmement bourgeonnantes. Quand l'ulcération a été réprimée et modifiée par des cautérisations répétées, si elle s'arrête et prend un bon aspect, on pourra la recouvrir d'un pansement par occlusion avec l'emplâtre de Vigo, ou la saupoudrer tous les jours de poudre d'iodoforme ou de poudre d'aristol. Les pansements faits trois fois par jour avec de la charpie imbibée d'une solution de nitrate d'argent au 20e ont été préconisés par Diday et sont aussi lies efficaces. Quelques médecins italiens, entre autres MM. Vanzetti, Tortora, de Amicis, ont beaucoup vanté les applications de nitrate de plomb cnpoudre sur les fongosités des onyxis. C'est M. Moerllose qui l'a employé pour la première fois dans celte affection.
La présence de l'ongle au milieu des parties ulcérées esl toujours nuisible. Lorsque sa chute est inévitable, il ne faut pas attendre qu'il tombe. On doit l'arracher, ce qui est facile. Mais, dans les périonyxis à forme d'ongle incarné, est-il nécessaire d'enlever prématurément la portion d'ongle qui est menacée et qui est quelquefois très longue à tomber? Tout dépend du degré de l'affection, <*e ln tournure qu'elle prend, de ses progrès, de sa durée, de. de En général, plus tôt les parties ulcérées seronl mises à découvert, et mieux cela vaudra, car rien n'empêchera dès lors d'agir énergiquement sur l'ulcération. L'opération de l'ongle incarné esl donc