‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 413 sur 610 · DE LA FIGURE, DU FRONT (COURONNE DE VÉNUS), ETC · texte numérisé non relu

DE LA FIGURE, DU FRONT (COURONNE DE VÉNUS), ETC

de vaseline ou de lanoline), une pommade au calomel (1 gramme pour 30 d'excipient), ou bien des pommades à la résorcine (1 à 4 grammes de résorcine pour 20 de vaseline). L'iodoforme et l'aristol sont indiqués dans les formes très érosives ; mais leur application est bien plus utile dans les syphilides franchement tertiaires et, par conséquent, très ulcéreuses ou phagédéniques.

A la figure, contre les plaques circinées-dyschromateuses qui colorent et maculent quelquefois le pourtour de la bouche ; contre les petits cercles ou les rubans papulo-squameux des joues, des lèvres, du menton ; contre les petites végétations granuleuses si communes dans le sillon qui sépare les narines des joues, dans le pli mento-labial, on emploiera des pommades au calomel, au précipité blanc, au turbith et des lotions avec de l'eau boriquée, ou de la liqueur de Van Swieten. Mais je répète qu'il faut être très prudent dans l'emploi des agents modificateurs, parce que souvent ils font plus de mal que de bien. De simples topiques adoucissants suffisent dans les formes les plus bénignes de ces éruptions.

Lorsque les papules de la face sont très larges et très saillantes, on les recouvrira pendant la nuit d'une rondelle d'emplâtre de Vigo hydrargyrisé. Cet emplâtre est aussi très bon pour effacer les macules brunes, noires, bronzées, que les papules laissent si souvent après elles. C'est, jusqu'à présent, ce qui m'a le mieux réussi. Grâce à cet emplâtre, j'ai pu faire à peu près disparaître, au bout de 15 jours, de larges maculatures qui salissaient toute la partie inférieure de la face, et étaient pour elle une insupportable disgrâce.

La papulodermie syphilitique est, de toutes les éruptions, celle qui contribue le plus à former, sur le front, ce qu'on appelle la couronne de Vénus. Rien de plus polymorphe que cet ornement si pathognomonique. Sa richesse en éléments papuleux de toutes formes et de toutes grosseurs varie singulièrement selon les sujets. Les plus volumineuses, celles qui résultent d'une agglomération de grosses papules ou de larges plaques cutanées, sont les plus compromettantes. J'en ai vu guérir assez rapidement sous la seule influence du traitement interne. Le meilleur topique dans ces formes graves, c'est le sparadrap do Vigo. Il en est de même dans le Léontiasis, Mais ce dernier est quelquefois très rebelle à toutes les médications et, trop souvent, il s'installe définitivement sur les deux lèvres, sur leur muqueuse et sur celle des joues1.

1. Dans le léontiasis et les couronnesde Vénus épaisses et larges, papuleuscs, papulo-squameuses, dermiques et hypodermiques, le pétrissage delà lésion avec

528 EMPLOI DU l/K'.Nll'UNCTURIi CONTRE LES PAPULODERMIES HYPEHTHOPHIANTES.

Syphilidès de la pauma des mains et de la plante des pieds. — Parmi les syphilidès papulo-squameuses, celles qui se développent à la paume des mains et à la plante des pieds occupent une place importante dans les dermatosyphiloses. Elles récidivent avec la plus grande facilité, et dépassent très souvent les limites chronologiques de la période secondaire. Elles ressemblent alors beaucoup à des lésions analogues que produisent, dans ces régions, d'auti maladies constitutionnelles. On les désigne sous le nom de Psoriasis syphilitique palmaire et plantaire. Le premier est plus fréquent et presque toujours plus développé et d'une physionomie plus accentuée que le second

C'est une des lésions syphilitiques les plus difficiles à guérir. Le traitement mercuriel et ioduré ne suffit pas. La médication locale est souvent nécessaire. Je fais enduire, le soir, au moment de se coucher, les parties malades avec de la pommade au goudron additionnée de 2 grammes de calomel pour 30 grammes d'excipient ou bien avec de l'onguent napolitain. Par-dessus on applique une couche de coton hydrophile recouverte de taffetas gommé et maintenue avec une bande, ou bien on met pour la nuit un gant de caoutchouc assez large pour ne pas produire une compression pénible.

Quand les squames sont très épaisses, comme dans les formes cornées, on décape préalablement la lésion avec le grattage, on la

les doigts enduits d'onguent napolitain devrait être essayé une fois par jour, si la lésion se montrait très rebelle, comme c'est l'ordinaire.

Je suis quelquefois parvenu à améliorer les grands placards cutanés reposant sur de vastes suffusions néoplasiques dilfuses, les léontiasis, les hypertrophies spécifiques de la muqueuse des joues, les labiopathies de la lèvre supérieure et de la lèvre inférieure, les éléphanliasis génitaux, en faisant, tous les 3 ou 4 jours, des cautérisations surperficielles à leur surface avec le thermocautère. Je recommande dans le traitement de ces lésions si rebelles l'emploi de Vignipunclurc. Les pointes de feu sont préférables aux raies de feu. Ces dernières seront réservées pour les plis, les crûtes de la muqueuse hypertrophiées et sclérosées, pour les très grosses saillies papuleuses de la peau, pour les hvperplasies végétantes, etc., etc.

I. M. Fournier a observé un cas curieux d'éruption palmaire à placards arrondis ovalaires, simulant, de la façon la plus exacte, le psoriasis syphilitique. Elle était survenue chez un malade notoirement infecté depuis longtemps. Le traitement spécifique fut institué etlaguérison fut très rapide. Mais, un mois après, récidive brusque de la même lésion sous la même forme. C'était si extraordinaire qu'il fallait penser à autre chose qu'à la svphilis. M. Fournier découvrit que cette pseudo-syphilose palmaire avait été 'produite, et qu'elle le fut depuis, par l'ingestion de O.iiOcent. d'antipyrine. Ainsi, au nombre des accidents érupfcifs bizarres occasionnés par Pantipvrine, doit, prendre place une éruption simulant les syphilidès palmaires. Il est'évident qu en pareil cas le traitement spécifique interne et externe est inutile, et que ce dernier pourrait peut-être relarder la guérison qui s'effectue toute seule du moment qu'on ne prend plus d'antipyrine.

SYPHILIDES PS0RIAS1F0RMES PALMAIRES ET PLANTAIRES.

ramollit avec des applications de cataplasmes, des bains de main, etc.

L'affection se complique souvent de fissures très douloureuses, surtout quand elle se propage aux doigts. On obtiendra de bons résultats en cautérisant, tous les deux ou trois jours, ces fissures avec un morceau de bois effilé trempé dans une solution de nitrate d'argent au 10". Le pansement à demeure qui leur convient le mieux, ce sont des bandelettes ou des rondelles d'emplâtre de Vigo hydrargyrisé. On pourrait se servir aussi de collodion riciné contenant pour 30 gr. un ou deux grammes de salicylate de soude, d'iodoforme, d'ichtyol, etc., etc.

Les papulodermies psoriasiformes des mains et des pieds se perpétuent indéfiniment chez certains syphilitiques, et perdent à la longue toute teinte de spécificité. Je ne partage point l'opinion des syphiliographesquivoientdans les psoriasis palmaires, par exemple, un véritable certificat de syphilis contre lequel il n'est pas de protestation possible et qu'il faut toujours poursuivre énergiquement avec lemercure. Il y a beaucoup d'autres maladies qui sont capables de produire une lésion identique. Là, comme à la langue, dont le psoriasis coïncide fréquemment, avec celui des pieds et des mains, la syphilis ne joue quelquefois que le rôle d'une cause occasionnelle qui excite et qui met en jeu des dispositions psoriasigènes appartenant à la dartre, à l'herpétisme, à Tarthritisme ou bien à une autre maladie constitutionnelle. En pareil cas, les spécifiques ne réussissent point. L'arsenic vaut peut-être mieux; on fera bien de l'essayer, quoique son pouvoir curatif soit lent et aléatoire1.

Comme beaucoup de dermalosyphiloses localisées, le psoriasis de la main et du pied est d'ordre composite, c'est-à-dire qu'il peut être constitué successivement et même quelquefois simultanément par tous les éléments propres à chaque syphilitle. Il y en a d'érythémateux, où on ne voit que des taches d'un rouge sombre, à travers l'épiderme plus ou moins épaissi ou en exfoliation à leur niveau ; il y en a d'érythémato-papulcux, c'est-à-dire avec mélange en proportions variables d'érythèmc et de papules. Les plus nombreux sont incomparablement ceux qui ont pour lésion fondamentale lapapule sous toutes ses formes.

d. Outre le proloiodure d'hydràrgyrë, à la dose quotidienne de 15 cenligr., ou le sublimé a la dose de :i ou 4 centigr., je fais prendre, chaque joui', dans les psoriasis palmaires ou plantaires confluents, épais, squameux, érosifs, fissuraires, etc., 2 ou :i cuillerées à bouche de la solution suivante : Eau distillée,, 400 gr. ; arséniate de soude, iO centigr.; iodure de potassium, de 20 à 40 gr., suivant, la tendance plus ou moins ulcéreuse de L'affection.

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TRAITEMENT DES PSORIASIS PALMAIRES ET PLANTAIRES.

Plus lard, le tertiarisme intervient; il peut même agir en môme temps que la papulodcrmie. Il se forme alors des ulcérations, des' rhagades profondes, des pustules, des croûtes. Dans l'épaisseur des placards papulo-tuberculcux, à la surface des néoplasies diffuses qui envahissent une élendue plus ou moins grande de la région, le phagédénisme creuse des trous ou des fossés serpigineux circinés. Il est rare que la lésion atteigne cetLe gravité. J'en ai vu cependant quelques exemples à la plante des pieds, où les fissures ulcéreuses envahissantes s'établissaient de préférence dans les sillons des orteils ou dans les espaces interdigitaux. J'ai observé aussi, dans celte région, des papules confluentes qui étaient devenues d'une exubérance telle qu'elles formaient une vaste tumeur papillomateuse dont le diagnostic était fort problématique Mais il ne fut plus douteux lorsque je vis le traitement mixte que j'avais institué faire disparaître ces tumeurs végétantes avec une remarquable rapidité.

Dans toutes les formes pustuleuses, pustulo-cruslacées. tuberculogommeuses, hypertrophiques et végétantes des dermatosyphiloses plantaires, il faut donner de hautes doses d'iodure. Grâce à lui et au mercure qu'on doit toujours lui associer, ces formes graves guérissent beaucoup plus vite que les formes sèches papulo-squameuses.

Comme traitement local : iodoforme, aristol. pommade au calomel et à l'oxyde de zinc, à l'onguent mercuriel, au turbith minéral. Cautérisation au nitrate d'argent, au chlorure de zinc à saturation, dans les formes végétantes. — Pansements par occlusion avec des bandelettes imbriquées d'emplâtre de Vigo hyd rargyrisé. Je le recommande parce qu'il se maintient facilement et qu'il permet aux malades de se servir un peu de leurs pieds et de leurs mains

1. Dans le traitement de tous les psoriasis palmaires, il est essentiel d'interdire aux malades le maniement de corps durs et lourds qui est une des cau<r> occasionnelles les plus fréquentes de l'affection. Il faut leur interdire aussi de porter incessamment les ongles, connue ils le fon1 trop souvent, sur les plaques squameuses, pour en arracher des lambeaux épidermiques encore adhérents. Diday a trouvé un moyen ingénieux et original pour empêcher les malades de couper, gratter, écoreher les plaques. Il conseille à ceux qui ne peuvent pas s'en abstenir de pétrir dans la main un peu de:

Ifi Mastic de vitrier 30 grammes.

Sublimé 50 centigr.

en leur recommandant de le presser principalement sur les points malades.

Parmi les moyens locaux à employer, il faut noter les bains généraux ou locaux de vapeur, les fumigations locales, en exposant les mains à la vapeur d'eau bouillante versée dans un vase, les nianuluves amidonnes el alealinisés, les fumigations de poudre de cinabre qu'on exécute en répandant la poudre

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