PIGMKN TAIRE CERVICALE PROPRE AUX FEMMES
dire primitive, et sans que la dyschromie soit précédée d'aucune autre lésion, ou du moins, s'il existe une congestion dermo-papillaire antérieure* elle est si éphémère et si légère qu'elle passe inaperçue. Elle se développe pendant la première année de l'infection et au commencement de la seconde. On ne l'observe qu'au cou. Elle y produit des taches pigmenlaires, bistrées, grises, jaunâtres, à dessins très variés, qui font paraître la peau saine plus blanche et comme vitiligïneuse Ce collier en guipure bizarre est très persistant, et ne s'efface qu'à la longue,, au bout de plusieurs mois, de plusieurs années. Elle oppose une résistance absolue à l'action des spécifiques. C'est que cette pigmentation primitive n'est nullement constituée par des lésions propres à la syphilis. Bien loin de là, elle est identique à une série d'autres pigmentations non spécifiques : chloasma, mélanodermies cachectiques, etc. — Quoique très particulière, elle est aussi peu spécifique que possible puisque le sexe féminin paraît être une condition essentielle de son existence. D'un autre côté, sans la- syphilis, qui pourtant ne lui donne rien de sa spécificité matérielle et ne paraît être que sa cause occasionnelle, cette énigmatique syphilide ne se produirait pas. Et, pour nous dérouter, elle n'a qu'un siège : le cou2.
1 . Pour certains dermatologistes allemands, ce serait la décoloraLion de la peau Leucodcrina, et non sa dyschromie, qui se produirait sous l'intluence de la syphilis. Il y aurait une illusion d'optique qui donnerait le change et l'erait voir une hyperpigmentation au lieu d'une dépigmentation, etc. Eh bien, je crois que c'est une erreur; en regardant attentivement et de très près, on voit toujours dans le collier de Vénus, alors mêmequ'il est entremêlé de leucoderrna, une véritable mélanodermie.
2. « Le temps est son seul remède » (Tanturri). J'en ai vu résister pendant des années à la médication mercurielle ou mixte la plus énergique, la plus persévérante, instituée à diverses reprises, dans les conditions les plus propres à. en assurer le succès, s'il eût été possible. — Une de mes malades que j'avais inutilement soumise ace traitement il y a quatre ans, porte encore des traces très accentuées de son collier dyschromateux. — Quand il existe en même temps que la syphilide pigmentaire du cou d'autres manifestations spécifiques de la peau, on les voit disparaître très vite sous l'intluence des spécifiques, tandis qu'elle, immobile et inattaquable, résiste indéfiniment à toutes nos entreprises, sous les formes les plus variées, contre la diathôse et ses manifestations. — lin général, les hyperchromies sont beaucoup plus fréquentes chez la femme que chez l'homme. On en voit quelquefois chez elle sous forme de placards noirâtres; on en voit qui sont mélangées de vililigo et constituent des lmcc\mélanodermie& spécifiques (A. Fournier). Quelquefois la mélanodermie tuberculeuse affecte chez la femme la même forme et la même disposition que le collier de Vénus. Bien plus, on trouve quelquefois, chez des femmes brunes, qui ne sont ni enceintes ni syphilitiques, ni tuberculeuses, sur diverses parties du corps, des pigmentations semblables aux pigmentations morbides ou à celles de la grossesse, qui sont survenues spontanément et sans aucune cause niorbidé appréciable.
La syphilis souille très souvent la pèau, non seulement par loutes sortes
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