‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 441 sur 610 · GOMMES HYPODERMIQUES · texte numérisé non relu

GOMMES HYPODERMIQUES

La matière néoplasique embryonnaire qui constitue les gommes et le tissu gommeux se condense en tumeurs ou s'étale en nappes diffuses dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans le parenchyme des viscères. C'est toujours la même lésion, mais avec des formes différentes. Gommes et néoplasies diffuses se trouvent très souvent réunies. Leur processus est identique.

On les observe surtout dans la syphilis tertiaire; niais nu peul les rencontrer aussi, quoique beaucoup plus rarement, dans la période secondaire. Et, dans la syphilis primitive, n'y a-l-il pas des chancres et des hyperplasies néoplasiques absolument semblables aux lésions tertiaires? C'est l'âge de la syphilis, c'est sa bénignité ou sa malignité qui impriment au processus gommeux son caractère

ACTION GURA.TIVE EXTRAORDINAIRE DE i/lODURE SUR LES GOMMES. 589

résolutif, destructeur ou sclérosique. Les syphilis jeunes, dans leur période virulente, donnent naissance à des néoplasies qui tendent spontanément à la guérison ; les syphilis vieilles ou mauvaises les font tourner trop souvent à la nécrobiose, au phagédénisme ou à la dégénérescence fibreuse.

Ici, je ne m'occuperai que des gommes hypodermiques.

Résumé pathologique. — Les gommes sous-cutanées, de même que les syphilodermies tuberculo-gommeuses, n'ont plus aucune échéance fixe, du moment que la maladie a dépassé les trois ou quatre premières années, et de virulente est devenue constitutionnelle. Elles peuvent se développer 20, 30, 40 et même 50 ans après le début de l'accident primitif. Je parle de celles qui sont réellement tertiaires. Mais on en observe, fort rarement, il est vrai, de très précoces qui se montrent d'emblée, et quelquefois à une époque tout à fait insolite de la diathèse, puisqu'elles coïncident avec ses premières manifestations érythémateuses. J'ai rapporté un cas dans lequel une première poussée de gommes survint presque aussitôt après la guérison du chancre, et c'était de vraies néoplasies sous-cutanées tertiaires, qui se ramollissaient et se convertissaient en profondes cavernes ulcéreuses.

Les tumeurs gommeuses présentent quatre stades. Dans le premier : insidiosité, aphlegmasie , indolence et mobilité de la tumeur qui est régulièrement ronde. Dans le deuxième : ramollissement de la gomme à son centre, processus inflammatoire périphérique, adhérences à la peau, conversion en poche liquide, ouverture de cette poche, élimination du bourbillon gommeux. Dans le troisième : constitution de la caverne gommeuse par l'agrandissement de son orifice. Dans le quatrième : réparation et cicatrisation de l'ulcération gommeuse.

Les complications susceptibles de se produire sont inflammatoires, phlegmoneuses, érysipélateuses, gangreneuses, phagédéniques.

Traitement. — I. Toutes les lésions gommeuses, quels que soient leurs formes, leurs degrés, leur topographie, leurplace chronologique dans l'évolution, subissent toujours, à n'importe quel moment de leur processus, l'influence curative de i'iodure de potassium. Comment fait-il pour imprimer à leur nutrition intime les changements qui, dans un bref délai, arrêtent sa marche, modèrent son activité et lui impriment un mouvement rétrograde? Nous n'en savons rien. Là on il ne peut plus rien, c'est seulement lorsque ce tissu embryonnaire est arrivé à son terme, c'est-à-dire lorsqu'il a détruit ou scierosé les organes.

Cette action curative si prodigieuse de I'iodure, nous pouvons la voir et la toucher, pour ainsi dire, dans la syphilose hypodermique. Si elle échappe à nos sens ou si elle leur est moins accessible dans les syphiloses viscérales, elle nous frappe toul autanl

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