TRAITEMENT DK LA SCLÉROSH DUS COUPS CAVERNEUX
de chloral. Les cautérisations de nitrate d'argent ne sonl utiles que dans la phase de réparation, pour activer le bourgeonnement lorsqu'il est inerte, ou le réprimer lorsqu'il est exubérant. Elles trouvent cependant leur application dans les ulcérations syphilitiques du col.
Les plus grands soins de propreté sont indispensables, surtout chez les femmes; car la malpropreté, l'incurie, le défaut de pansements aggravent les lésions, activent les processus destructeurs et provoquent des complications inflammatoires ou gangreneuses. Lotions fréquentes avec des liquides détersifs, émollients ou calmants et antiseptiques; séparation des surfaces malades avec des linges fins et de l'ouate hydrophile imbibés de ces liquides; bains tièdes prolongés, injections de propreté ou médicamenteuses, etc. ; repos, bon régime : tels sont les moyens auxquels il faut toujours recourir, bien qu'ils ne soient qu'accessoires.
Sclérose des corps caverneux. — Les nodosités, les cordons, les bandes ou plaques de tissu fibreux qui envahissent, chez certains sujets, la trame érectile des corps caverneux, ont. été regardés, jusque dans ces derniers temps, par un grand nombre de pathologistes comme des lésions de provenance et de nature syphilitiques. Depuis que j'en ai observé et traité un grand nombre de cas, je ne puis plus accepter les opinions reçues. J'ai la conviction que la syphilis n'intervient que très rarement dans l'éliologie de cette étrange affection. Je l'ai décrite longuement sous le nom de sclérose des corps caverneux (voy. pp. 170-97 de mon volume sur la Syphilis tertiaire et héréditaire).
I. Parmi ses causes constitutionnelles, les deux plus importantes sont la goutte et le diabète. Les arthritiques y sont très prédisposés. Il m'a semblé que la blennorragie occupait une place importante dans son étiologie locale. Elle
fieut aussi survenir spontanément ou sous l'influence d'une cause traumalique. ndolente et aphlegmasique, elle ne donne lieu qu'à peu de phénomènes subjectifs. Les symptômes consistent dans des déviations, des incurvations latérales et supérieures, jamais de haut en bas comme dans la blennorragie cordée; en déformations pendant la turgescence pénienne, en un amoindrissement du volume de l'organe, un affaiblissement de la rigidité érectile, un collapsus du sens génital, etc., etc. Son processus est excessivement lent et ne présente que des modifications insensibles, pendant des mois et des années. Presque toujours la dégénérescence fibreuse est définitive.
II. Tout ce qu'on tente échoue complètement ou ne donne que des résultats incertains. Quand on est témoin du début et qu'il y a quelque velléité d'inflammation, c'est-à-dire un peu de sensibilité locale, d'empâtement diffus dans lo tissu érectile, on peut obtenir un amendement de ces symptômes vagues el indécis avec des applications constantes de cataplasmes, des bains, des onctions d'onguent napolitain faites matin et soir. La plupart du temps, quand les malades nous consultent, la dégénérescence est un fait accompli. Je donne toujours de l'iodure de potassium, à la dose de 3 ou 4 grammes, du protoiodure ou du sublimé. Mais rien n'y l'ait. L'affection résiste toujours aux spécifiques, preuve qu'elle n'est une émanation ni directe ni indirecte de la syphilis.
FORMULES POUR LE TRAITEMENT TOPIQUE DE LA SYPHILIS TÉGUMENTAIRE.— ALOPÉCIE. 599