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TRAITEMENT DE L'AFFECTION SYPHILITIQUE DU BICEPS

lue peu à peu d'une façon lenle el insidieuse. Quoique tous les autres mouvements de Pavant-bras sur le bras aient conservé leur liberté el leur amplitude, celui d'extension devient de plus en plus limité, et, si on veut le produire de force, on trouve un obstacle invincible dans la rigidité et la tension du tendon du biceps qui l'ait saillie sous la peau. Le muscle, au contraire, semble inerte. Le degré de flexion de l'avantbras est très variable, depuis l'angle le plus obtus jusqu'à un angle aigu très prononcé. La région du coude conserve sa physionomie normale. Rien du côté de l'articulation. Aucune altération matérielle nulle part. Douleur dans le pli du coude sur le trajet du tendon, plus près des libres musculaires que du radius et en dedans. Foyer douloureux périolécranien. — Douleurs irradiantes ou névralgiformes dans les deux segments des membres, etc., etc.

Marche lente continue, sans soubresauts. — Durée de plusieurs mois, si on n'intervient pas. Guérison spontanée, à la longue.

Traitement. — Le traitement spécifique exerce une action marquée, quoique lenl.e, sur le biceps et les autres muscles touchés par la syphilis. Sous son influence, j'ai vu des myopathies, qui depuis longtemps étaient stalionnaires, diminuer peu à peu et disparaître en un temps beaucoup plus court assurément qu'elles ne l'auraient fait si on les eût abandonnées à leur marche naturelle. J'emploie toujours une médication mixte; elle m'a semblé plus efficace que le mercure et l'iodure administrés séparément. L'iodure a une action plus prompte et plus apparente que l'hydrargyre ; il fait disparaître rapidement les douleurs. Quant à son action résolutive, elle doit être au moins égale, sinon supérieure, à celle du mercure.

Dans aucun de mes cas, je n'ai eu besoin de recourir à une médication topique. M. Notta s'est bien trouvé de faire appliquer dos vésicaloires loco dolenti. Je pense que c'est inutile. L'iodure à haute dose suffit presque toujours. On pourrait recourir aux onctions calmantes, aux frictions, aux malaxations qui m'ont semblé quelquefois diminuer la contracture du muscle.

Si l'iodure et le mercure guérissent ou facilitent la guérison, ils ne préviennent pas la myopathie. Je l'ai vue survenir chez les individus qui avaient été traités très énergiquement, jusqu'à salivation, à plusieurs reprises, ou qui étaient encore soumis à l'ingestion des deux spécifiques.

3e Degré. Myosiies el ténosites spécifiques. — Gonflement diffus et douleurs du muscle ou des muscles atteints, survenant peu à peu, progressant avec lenteur, sans aucun élément névropalhique local ou général, lin somme, symptômes d'inflammation subaiguë. Le muscle est maintenu en état de contracture pins ou moins prononcée. La plupari

MYOSITES, TORTICOLIS, LUMBAGOS SYPHILITIQUES.

des myosites sont résolutives. Quelques-unes aboutissent à la sclérose avec raccourcissement définitif et atrophie du muscle. On a constaté aussi la dégénérescence cartilagineuse et osseuse.

Les muscles longs des membres semblent plus prédisposés à la myosite syphilitique que ceux du tronc. On a aussi observé la myosite syphilitique sur les muscles du tronc, sur ceux de la face, sur ceux de l'orbite. Nul doute que les sphincters n'en soient quelquefois affectés, ceux de l'anus par exemple, dans les affections syphilitiques complexes de cette région; ceux de l'isthme du gosier, dans les pharyngopathies graves de la période gommeuse. Il en est de même de ceux du larynx.

A ces myosites plus ou moins inflammatoires se rattachent les torticolis et les lumbagos syphilitiques qui sont transitoires ou permanents, suivant que le processus est résolutif ou aboutit à la dégénérescence définitive, dont l'atrophie et la sclérose musculaires sont la conséquence.

Sous l'influence de la syphilis, les tendons peuvent aussi s'enflammer (tendons d'Achille, du biceps brachial, du triceps crural) ainsi que les gaines, les bourses ou les cavités synoviales voisines. Infiltration diffuse ou sous forme de nodi sur les tendons. Résolution spontanée. — Guérison par le traitement spécifique. Quelquefois rétractions permanentes.

4e Degré. Myopathies gommeuses. — Les myogommes peuvent s'établir d'emblée sur un muscle sans avoir été précédées d'une myosite. Les unes sont précoces, mais c'est exceptionnel; la plupart sont franchement tertiaires. On les observe dans les sterno-mastoïdiens, le grand fessier, le vaste interne et quelques autres muscles des membres inférieurs, dans le trapèze, le grand pectoral, etc. Il y a des resserrements de la mâchoire dus à des myosites et à des tumeurs gommeuses du massé ter.

En général, les muscles longs y sont plus sujets que les autres, et les extrémités d'insertion plus que la partie moyenne. La syphilose du sterno-mastoïdien est celle que j'ai le plus fréquemment observée.

Le principal symptôme est l'existence, dans la masse musculaire, d'un gonflement d'abord peu prononcé, d'un empâtement diffus qui se circonscrit et forme une tumeur intramusculaire, finissant par adhérer à la peau, etc. Ramollissement, formation d'un foyer phlegmoneux qui s'ulcère et livre passage aux produits gommeux liquéfiés, à des bourbillons, à des flocons de tissu cellulaire mortifié, etc. Le processus ne va pas toujours jusque-là. Ou bien il s'arrête spontanément, ou bien il cède au trailement spécifique.

Les troubles fonctionnels consistent en une gêne plus ou moins grande dans l'exercice du muscle. Douleur sourde, fixe, spontanée ou à la pression. Douleurs irradiantes et névralgiformes et paralysie localisée, lorsque de gros nerfs sont comprimés par le foyer gommeux. — Dans les cas qui vont jusqu'au bout du processus, destruction d'une partie des fibres musculaires, dégénérescence fibreuse, raccourcissement et impotence du muscle, etc. — Les myopathies gommeuses sont rares, on en Observe aujourd'hui beaucoup moins qu'autrefois. Je trouve môme qu'elles ont Singulièrement diminué ainsi que les ostéosyphtloses

Mauriac.

TRAITliMKNT DES MYOI'ATIIIKS OOMMIiUSKS.

depuis une vingtaine d'années. — On en peut dire autant des tumeurs gommeuses des tendons, dont l'histoire se rattache étroitement à celle des myogommcs syphilitiques.

Traitement. — Les moyens locaux, tels que topiques émollients, résolutifs, frictions avec des pommades mercurielles et iodurées, applications de bandelettes de Vigo, etc., sont d'utiles adjuvants pour le traitement interne. — Dans les myopathies gommeuses, il est nécessaire de donner l'iodure de potassium à de très hautes doses pour produire une résoluLion rapide et prévenir les dégénérescences du muscle et les infirmités qu'elles entraînent. Mais on ne réussit pas toujours, même en instituant la médication en temps opportun et à doses convenables. Quelques cas, très rares, il est vrai, sont réfractaires à l'action de l'iodure de potassium. Dans d'autres, l'état cacbeclique l'empêche de développer toute la plénitude de ses effets curatifs. Des circonstances aussi contraires ne se présentent qu'exceptionnellement, et, la plupart du temps, lorsqu'on a découvert la cause spécifique de la myopathie, et que la lésion n'est pas engagée trop avant dans la régression, on peut la guérir en employant les mêmes remèdes que dans toute autre affection syphilitique.

IV. Syphilose des synoviales tendineuses et des bourses séreuses. — Cette singulière affection est constituée par une inflammation des gaines qui entourent les tendons. Elle se développe à la période secondaire et coïncide fréquemment avec le rhumatisme musculaire. — Des lésions analogues s'observent dans les bourses séreuses répandues à profusion sur toute la surface du corps.

Résume pathologique. — La synovite tendineuse aiguë ou indolente s'observe partout ; mais elle est beaucoup plus commune au dos de la main que partout ailleurs. On l'y rencontre 9 fois sur 10. Celle du dos du pied vient après celle de la main. Sa forme aiguë attaque avec prédilection, outre les extenseurs des doigts et des orteils, les tendons des péroniers, ceux qui avoisinent l'articulation du genou, et, entre autres, ceux de la patte-d'oie, celui du long supinatcur, du biceps, du tendon d'Achille, etc., etc.

Parmi les bourses séreuses affectées le plus fréquemment, il faut citer celle qui est au-dessous des tendons de la patte-d'oie, celle du biceps brachial, celle du biceps crural au niveau de la tête du péroné, celle du tendon d'Achille, la bourse séreuse prërotuliennc. Toujours secondaire, la syphilose des bourses séreuses ne se produit quelquefois que tardivement et devient gommeusc. On l'observe principalement au genou où elle est provoquée presque toujours par un traumatisme.

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