‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 486 sur 610 · SUPÉRIORITÉ DUS FRICTIONS HT DUS INJECTIONS MKRCURIELLES · texte numérisé non relu

SUPÉRIORITÉ DUS FRICTIONS HT DUS INJECTIONS MKRCURIELLES

Résumé pathologique. — Brouillard devant les yeux, léger d'abord, puis épais, semblable à une toile d'araignée, avec taches et points noirs constamment mobiles devant les yeux. Grains, filaments, flocons, sans cesse tournoyants dans le corps vitré. — Taches blanchâtres d'atrophie choroïdienne, quelquefois disposées en demi-lune, en fer à cheval, etc. (Syphilide choroïdienne circinée, etc.) Diminution de l'acuité visuelle. — Rechutes très fréquente. — Crises amblyopiques et amaurotiques fort dangereuses. C'est une affection oculaire des plus graves.

Le traitement spécifique le plus intensif est de rigueur contre les choroïdites encore plus que contre les iritis. Avec lui on a guéri des choroïdites même anciennes et qu'on croyait incurables. Néanmoins, il y a des cas dans lesquels il échoue.

Supériorité du mercure surl'iodure dans le traitement des opiital-

mosyphiloses. valeur du traitement hydrargyrique local dans

ces affections. — I. Il n'y a peut-être aucune détermination syphilitique qui montre plus que celles qui s'effectuent sur le globe oculaire, le rôle capital du mercure dans le traitement spécifique. Depuis quelques années surtout, la plupart des ophtalmologistes vantent ses vertus curatives au défriment de celles de l'ioclure. Chose curieuse, c'est dans les syphiloses de l'œil les plus anciennes, les plus invétérées, les plus profondes qu'éclate sa supériorité sur le spécifique attitré des plus vieilles affections tertiaires. Dans plusieurs de ses écrits, un de nos premiers ophtalmologistes, le Dr Galezowski, a mis ce fait en lumière. C'est, en particulier, pour le traitement de la choroïdite syphilitique et de l'atrophie labétique du nerf optique qu'on doit accorder, d'après lui, la préférence aux préparations mercurielles, dont l'efficacité est incontestablement plus grande que celle de l'iodure de potassium.

De nombreuxessais comparatifs ont donné lapreuve expérimentale que la méthode des frictions et des injections hydrargyriques guérit mieux que la méthode stomacale. Mais qu'on ne s'imagine pas que quelques frictions ou quelques injections viendront vite à bout d'une ophtalmosyphilose profonde. La moyenne delà durée du traitement par les frictions est de deux ans pour les choroïdites syphilitiques (Galezowski). Il faut donc que le malade et le médecin ne se découragent pas. Une interruption de quelques semaines peut faire perdre tous les bénéfices acquis. Avec de la patience on est à peu près

pigmentaire; 2° l'orme atfophique; 3° forme fibreuse. — C. Décollement de ht rétine.— D. Lésions du cristallin. — E. Lésions du corps vitré. — F. Ndvrori'tinile.

Ces lésions ne fournissent aucun élément particulier comme indication, et presque toutes se montrent très réfractaires au traitement spécifique, qui, sauf quelques modifications de peu d'importance, est le même que celui de Pifilis et de la choroïdite.

SUR L'iODURE DANS LE TRAITEMENT DES OPHTALMOSYPHILOSES.

certain d'obtenir une guérison complète de la choroïdile, même à la période atrophique, et pourvu que la macula ne soit pas complètement envahie par la dégénérescence régressive.

Le traitement mercuriel intensif et très prolongé avec les frictions est doublement indiqué quand les choroïdites s'accompagnent d'emblée de lésions cérébro-spinales, avec névrites, périnévrites optiques, atrophie consécutive de la papille, etc.

En pareil cas, on préfère, d'ordinaire, les injections hypodermiques aux frictions. Celles de cyanure de mercure ont depuis longtemps une grande vogue dans le traitement des ophtalmosyphiloses profondes, alors même que leur provenance syphilitique n'est pas mise hors de doute par les antécédents ou les coïncidences spécifiques1.

II. Jusque dans ces derniers temps on s'était contenté d'attaquer les ophtalmosyphiloses au moyen d'une hydrargyrisation générale plus ou moins intensive et prolongée, obtenue par les trois grandes méthodes des frictions, des injections hypodermiques et de l'inges-

1 . Aux injections de cyanure de mercure, M. le D'Galezowski a substitué celles de cyanure d'or et de potassium, et il a pu obtenir ainsi la guérison de quelques cas d'atrophie labétique. Le champ visuel a été complètement rétabli et l'acuité visuelle s'est améliorée dans des proportions notables. Néanmoins, la pupille est restée blanche cl décolorée. Voici la formule des différentes injections dont se sert Galezowski : 1° Cyanure d'or el de potassium, 0,25 cent.; eau distillée,

10 gr.; commencer par six gouttes, aller jusqu'à 10, en augmentant successivement ; — 2° Cyanure de mercure, 0,20 cent.; eau dislillde, 10 gr.; même dose que pour la précédente. Les injections de cyanure de mercure ne causent pas de gingivite. On peut donc les prescrire quand les accidents de ce genre ont été causés par les frictions. Llies donnent quelquefois lieu à des accidents gastrointestinaux. En somme, les injections mercurielles sont les succédanés des frictions, d'après Galezowski. Elles ont au moins la même valeur thérapeutique, mais on ne peut pas les employer aussi longtemps, parce que les malades ne les supportent pas facilement.

M. Darier met le cyanure au-dessus de Lous les autres sels mercuriels poulies injections hypodermiques, à cause de sa solubilité, de son absorption rapide, du peu de douleur que cause son injection et de l'avanlage qu'il a de ne pas précipiter la cocaïne, comme le fait le sublimé, ce qui permet de rendre les injections presque indolores. Pour éviter les phénomènes d'intoxication qui se produisent quelquefois, M. Darier a eu l'idée d'injecter des solutions de cyanure plus abondantes et plus diluées qu'on ne le fait d'ordinaire. « Aujourdhui, dil-il, je suis arrivé à injecter tous les jours, tous les deux jours ou même une seule fois par semaine, suivant les indications : cinq cenlim. cubes d'une solution contenant cinq milligr. de cyanure (dose maxima), autant de cocaïne et 35 milligr. </>• chlorure de sodium. Ces injectious sont très bien supportées, et, en ayant soin de les l'aire ebaque fois à un endroit différent du corps, elles ne laissent aucune induration... Dès que le malade éprouve la moindre colique,

11 faut ralentir l'accroissement des doses. Jamais je ne vois de stomatites... L'abondance du liquide injecté, qui est, en somme, du sérum artificiel, permet une diffusion rapide dans tout l'organisme el, en même temps, une élimination facilitée par la masse et la température du liquide qui est toujours injecté à 30 ou degrés centigr. — Donc, action rapide el même élimination prompte, tels sont les avantages des injections dilw'cs abondantes. » (Gazelle des hôpitaux, septembre 1894.)

EMPLOI DES INJECTIONS MERCURIBLLBS SOUS-CONJONCTIVALKS

lion stomacale. Mais pourquoi no pas agir, aussi, sur l'œil luimême, en le mercurialisant d'une façon directe, immédiate, sans l'intermédiaire de l'organisme et de la grande circulation?

Ne se prète-t-il pas admirablement à la thérapeutique locale si en vogue de nos jours? Voyez avec quelle rapidité les substances colorantes qu'on injecte expérimentalement sous la conjonctive pénètrent dans l'humeur aqueuse, imbibent et colorent la cornée, le cristallin, le corps vitré et les membranes profondes! Une simple instillation d'atropine dans le sac lacrymal n'amène-t-elle pas une absorption très prompte de cet agent qu'on retrouve dans le liquide de la chambre antérieure après quelques minutes? Eh bien, pourquoi le même fait ne se produirait-il pas avec des injections de sels mercuriels sous la conjonctive? Est-ce que l'hydrargyre ne pénétrerait pas aussi rapidement vers les milieux oculaires et n'irait pas ensuite, au delà, dans toute l'économie, après avoir traversé l'organe malade? Ne réaliserait-il pas ainsi l'idéal d'une médication spécifique tout à la fois locale et générale? Voilà ce qu'ont pensé ceux qui ont eu l'idée de traiter les ophtalmosyphiloses par des injections mercurielles sons-conjonctwales* .

Toutes ces vues théoriques sont, sans doute, fort ingénieuses; mais leur application a-t-elle donné dans la pratique les résultats qu'on en espérait? Et, tout d'abord, il est à remarquer que les spécifiques agissent d'une façon incomparablement plus énergique et plus active sur les lésions syphilomateuses lorsqu'ils leur arrivent digérés et vivifiés, pour ainsi dire, par l'organisme, que quand on

1. MÉTHODE DES INJECTIONS MERCURIELLES SOUS-CONJONCT1VALES. — Son efficacité a été vantée, presque péremptoirement démontrée par MM. Secondi, Raymond, Abadie, Kogman, Coppez et surtout par M. A. Darier, qui a publié sur ce sujet un intéressant article [Gazelle dos hôpitaux, septembre 1894).

Le procédé opératoire par les injections mercurielles sous-conjonctivalcs est délicat, long et dangereux. Il faut, d'abord, insensibiliser l'œil pendant 20 minutes au moins, en instillant dans la conjonctive avec un comple-goutt.es, à trois reprises différentes, une solution de chlorhydrate de cocaïne à 3 p. 100. Inutile de dire que la seringue de Pravaz doit être minutieusement aseptisée. Les préparations dont on se sert le plus habituellement pour les injections sous-conjonctivalcs sont une solution de sublimé, de peplonale ou de cyanure de mercure au millième, additionnée de cocaïne; par exemple, la suivante : Cyanure de mercure, 1 centigr. ; chlorhydrate de cocaïne, 2 centigr.; eau distillée stérilisée, 10 grammes, line faut injecter dans la conjonctive qu'un 20" de centimètre cube, soit une division de la seringue de Pravaz, en prenant toutes les précautions possibles pour ne pas toucher le globe oculaire, etc. Beaucoup de praticiens reculeront, je n'en doute pas, devant les difficultés d'une méthode aussi périlleuse. Je ne sais pas ce que lui réserve l'avenir, mais elle ne me parait pas destinée à entrer dans la pratique courante du traitement des opbtalmosyphiloses.

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