PORTÉE DE L'ACTION PRÉV1SNTIVK CONTRE L'HÉRÉDITÉ SYPHILITIQUE
et flottant dans ces profondeurs et ces obscurités où nous ne pouvons qu'entrevoir les opérations mystérieuses du l'hérédité morbide. Mais enfin, de quelque manière que les choses se passent, il en ressort ce fait que l'hydrargyrc, qui assainit la conception jusqu'alors viciée et met l'enfant à l'abri de ses conséquences ordinaires chez les parents syphilitiques, ne leur confère à euxmêmes aucune immunité contre des récidives ultérieures. Du reste, l'hérédo-syphilis est, par certains côtés, en dehors des éventualités ordinaires de la maladie acquise; elle expose à des surprises étonnantes. Que d'irrégularités, que de bizarreries inexplicables! Ne voit-on pas, par exemple, des syphilitiques qui, ne s'étant jamais que peu ou pas traités, et s'étant mariés, dans la première ou la deuxième année de la syphilis, n'en procréent pas moins quelquefois des enfants sains, bien qu'ils soient en pleine poussée d'accidents ou qu'il leur en survienne plus tard de nombreux et de graves? D'un autre côté, n'est-ce pas par milliers que se comptent les cas qui prouvent que la transmission héréditaire s'effectue, bien que l'un des géniteurs ou tous les deux soient, au moment précis de la conception, exempts de toute manifestation spécifique? Et ce sperme imprégné de virus et qui cependant n'est ni contagieux ni inoculable, ce sperme qui, dès son conflit fécondant avec l'ovule, allume un foyer de cette infection dont le sujet d'où il émane ne présentait plus depuis longtemps aucune trace, n'est-ce pas là un fait étonnant et qu'aucune théorie microbienne ou autre ne peut nous expliquer?
Sur ce principe virulent, sperma tique ou ovulaire, l'hydrargyre exerce une influence curative do premier ordre, égale sinon supérieure à celle qu'il développe contre n'importe quelle manifestation matérielle, cutanée ou autre. Mais, qu'on veuille bien le remarquer, cette influence n'en diffère pas comme portée lointaine et durable, car le sperme ou l'ovule redeviennent virulents après la médical ion. Combien de fois, en effet, n'arrive-t-il pas que la naissance d'un enfant sain est suivie de grossesses entachées du vice hérédosyphili tique ? L'effet correctif a donc été transitoire. N'en avons-nous pas une preuve dans le fait de M. Turhmann que j'ai résumé plus haut?
Ainsi, alors môme que le traitement spécifique semble le mieux attaquer la diathèse à l'état latent, dans ces périodes d'accalmie où elle ne donne aucun signe d'activité, son action préventive pèche toujours par quelque côté. Mais, je le répète, je ne veux