‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 522 sur 610 · CARDIOPATHIES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

CARDIOPATHIES SYPHILITIQUES

Résumé pathologique. — Elles sont très rares. Les hommes y sont 6 fois plus sujets que les femmes. Les ^parois seules sont atteintes, tandis que les orifices et les valvules restent le plus souvent intacts. Il y a deux ordres de lésions qui se trouvent souvent réunis :

1° Myocardiosyphiloses interstitielles ou diffuses : elles ne diffèrent pas des scléroses ou dégénérescences fibreuses du muscle cardiaque produites par l'arthritisme et l'alcoolisme. L'amincissement des parois et leur dilatation anévrysmale en sont fréquemment la conséquence.

2° Myocardiosyphiloses gommeuses. Elles produisent, par leur fonte, de petits anévrysmes, des pertes de substance par embolie et des infarctus dans divers organes, surtout des oblitérations emboliques dans les artères cérébrales, qui causent les hémiplégies si souvent signalées dans les cardiosyphiloses, l'endocardite et la péricardite syphilitiques.

Les troubles fonctionnels très vagues sont ceux que produisent les cardiopathies ordinaires dans lesquelles il n'y a ni lésion des orifices et des valvules, ni surcharge et dégénérescence graisseuses du cœur : asystolie sous ses formes diverses et à tous ses degrés, bruits sourds étouffés avec ou sans souffle léger; augmentation de la matité précordiale. La mort subite est très fréquente dans les cardiosyphiloses.

Chez tous les cardiopathes, il faut rechercher avec soin les antécédents et les coïncidences syphilitiques. Les signes bien tranchés d'une affection des valvules et des orifices doivent, en général, l'aire exclure l'intervention de la syphilis.

SYPHILOSE DU CŒUR.

Traitement. — Les maladies du muscle cardiaque sont rhumatismales, alcooliques, syphilitiques, Elles se révèlent parles mêmes symptômes, et, de plus, ces trois conditions écologiques se rencontrent souvent chez les mêmes sujets. Que faire? Eh bien, qu'on n'hésite pas à instituer un traitement spécifique. Assurément, il ne faut pas trop compter sur lui. Son impuissance est beaucoup plus grande contre les myopathies cardiaques interstitielles que contre les gommes.

L'iodure de potassium ou Fiodure de sodium constituent les spécifiques d'élection dans les lésions de l'appareil circulatoire, qu'il s'agisse du cœur ou des artères, et, mieux encore, des deux, ce qui arrive très fréquemment. De plus, le traitement ordinaire des maladies de cœur est toujours indiqué. On combattra les troubles fonctionnels, et on aura soin de soutenir les forces par des toniques et par des stimulants.

ARTÉRIOPATHIES SYPHILITIQUES

La syphilis se détermine sur les artères et suscite en elles une périartérite qui envahit peu à peu toute leur épaisseur, aboutit à une endartérite, aune sclérose spécifique, à un rétrécissement de la lumière du vaisseau et même à son oblitération complète. L'arlériopalhie affecte les rapports les plus étroits avec les gommes miliaires ou autres, développées à la périphérie du vaisseau, et elle devient elle-même gommeuse. Les artères de la partie supérieure du corps, et particulièrement celles du cerveau, sont le siège de prédilection de la syphilose vasculaire. On en peut dire à peu près autant des artères de la moelle épinière. La plupart des cérébropalbies et des myélopathies syphilitiques tiennent à une affection de même nature qui se développe d'abord dans Le système vasculaire du névraxe. Les artériosyphiloses prédisposent à la dilatation et à l'anévrysme des grosses et des petites artères; il existe, par conséquent, une classe d'anévrysmes syphilitiques, susceptibles d'être influencés favorablement par le traitemenl an tisyphili tique.

Résumé pathologique. — L'aorte, qui est le siège si fréquent de l'atliérome, est rarement atteinte par la syphilis. Cependant c'est sur elle que siégeaient souvent les anévrysines auxquels on a trouvé un caractère spécifique. L'aorlite sj/jthi/ilique a été signalée par plusieurs observateurs. On a décrit aussi Fartérite de l'artère pulmonaire.

ESQUISSE DES ARTÉRIOSYPIIILOSES.

des artères de la raie (Beer), dos artères du foie, des coronaires. L'artériosyphilosë de ces dernières est une des plus importantes. Elle vient immédiatement après colle du cerveau. Peut-être joue- t-elle un rôle considérable dans un grand nombre de myocardiopathies dont on a méconnu jusqu'ici l'origine.

Il est rare que l'artériosyphilosë se généralise ; cependant on en a cité quelques cas. La plupart du temps elle se borne à une seule artère et à une partie de cette artère. Elle est très souvent bilatérale et symétrique. C'est sous le mode chronique qu'elle se produit. Les cas où on l'a observée à l'état aigu ou subaigu sont extrêmement rares. Elle entraine souvent la formation d'anévrysmes,

Auéori/sme syphilitique de l'aorte. — C'est un des points les plus importants des déterminations de la syphilis sur les artères. On comptait, dans ces derniers temps, d'après M. Verdié, 30 cas d'anévrysmes syphilitiques de l'aorte, sur 43 cas d'anévrysmes de même origine occupant diverses autres parties du système artériel.

L'aortite spécifique, qui précède ou prépare les anévrysmes, est-elle susceptible d'être reconnue sous ses deux formes aiguë et chronique? De quelle importance ne serait pas un pareil diagnostic pour le traitement! Commencé dès les premiers signes de l'aortite, il pourrait prévenir la formation de la poche anévrysmale. Malheureusement, l'aortite syphilitique, qui est surtout chronique, reste presque toujours latente. Les signes, les symptômes, les troubles fonctionnels de l'anévrysme de l'aorte et de l'aortite syphilitique ont toujours été trouvés semblables à ceux des anévrysmes aortiques de toute autre cause.

Traitement. — C'est Bouillaud qui, le premier, en 1854, administra l'iodure de potassium dans les anévrysmes ordinaires. Puis vint Ghuckerbutty, en 1862. Plus tard, MM. Constantin Paul, Potain, Jaccoud, Bucquoy en obtinrent des améliorations, en l'employant à hautes doses '. L'efficacité de l'iodure fut évidente dans six cas d'anévrysmes de l'aorte, quoique ce sel ne fût administré qu'à la dose de 2 grammes (Balfour). On en a souvent obtenu d'excellents effets en l'associant ou non aux frictions mercurielles, dans les anévrysmes et les artériopathies de toute provenance, même dans ceux qui n'étaient pas syphilitiques. On favorisera l'action des spécifiques en soumettant les malades au régime lacté absolu, parce qu'il produit dans La pression circulatoire les modifications les plus favorables.

I. MM. Lecorché et Talamon ont relaté un cas des plus remarquables, où il existait, en même temps qu'une poche thoracique avec voussure, une périostose de l'orbite et une de la clavicule. L'iodure fit affaisser presque immédiatement ces 3 tumeurs. Les crises d'angine de poitrine et les signes physiques de l'anévrysme disparurent promplement et le malade quitta l'hôpital complètement guéri. On donne aujourd'hui l'iodure de potassium ou de sodium dans tous les cas d'anévrysme ; à plus forte raison devra-l-on l'administrer dans ceux qu'on croit ôlre syphilitiques.

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