INDICATIONS PROPHYLACTIQUES ET CURATIVES DE L'HÉRÉDO-SYI'HILIS
que quand on a eu L'idée de recourir à la médication spécifique qui a la il promptement justice de la pseudo-scrofulose.
VI. Grandes indica tions dans la prophylaxie et le traitement de l'hérédo-syphilis. — Les règles pratiques qu'on peut déduire de ce qui précède sont les suivantes :
A. Une médecine éclairée doit conseiller ou imposer, s'il est possible, aux syphilitiques des deux sexes qui veulent se marier certaines obligations fondamenLalesd'ajournement dans leurs projets et de traitement spécifique, qu'on peut, à bon droit, regarder comme de puissantes garanties contre l'influence nocive de la syphilis sur la race. S'il y avait partout des praticiens au fait de nos connaissances actuelles sur l'hérédo-syphilis ; s'ils étaient consultés et écoutés; si, médicalement parlant, ils présidaient aux unions de tous les syphilitiques, sans douLe l'hérédo-syphilis ne disparaîtrait pas, mais sa fréquence serait certainement diminuée dans de proportions énormes1.
B. Trois ordres d'états pathologiques constituent la source principale des indications dans l'hérédo-syphilis.
En première ligne, et bien au-dessus de toutes les autres, on doit placer les indications très précises qui dérivent des lésions de provenance directement syphilitique. Ces lésions, si redoutables, nous pouvons les conjurer et les combattre d'une façon souvent merveilleuse par la médication mercurielle et iodurée, surtout par la première2.
1. En matière de syphilis, nous avons beaucoup plus de prise sur les hommes que sur les femmes, et cela, pour une foule de raisons qu'on devine aisément. N'y a-t-il pas chez eux 15 à 20 fois plus de syphilis? C'est le mari qui est incomparablement la source la plus commune de l'hérédo-syphilis dans toutes les classes de la société, en particulier dans les classes moyennes et élevées, où la femme infectée par un autre que son mari, surtout dans les premières années du mariage, est une grande exception. — Dans les couches inférieures, plus on descend, plus l'apport de la femme devient considérable en fait d'hérédo-syphilis. Kst-il besoin de dire que les ménages légitimes, corrects, honnêtes, y sont moins exposés que les ménages d'aventure, éphémères, interlopes, équivoques en tout, hasardeux, et sans défense contre la syphilis et ses conséquences héréditaires?
2. Le mercure prévient jusqu'aux probabilités de l'infection. Il l'atténue dans ses premiers effets, pendant la vie intra-utérine; il en guérit les premières manifestations après la naissance. Par une sorte de privilège qui compense la gravité de l'hérédo-syphilis, les enfants et les adolescents montrent pour le traitement spécifique une tolérance admirable.
Mais ce qui est bien plus merveilleux encore, c'est que les deux spécifiques développent leur action curalive dans l'enfance et l'adolescence avec une rapidité, une plénitude et une puissance qu'on n'obtient pas au même degré ultérieurement. Il semble que les cellules apportent alors dans leur ell'ort
714 INDICATIONS FOURNIES PAR LUS GA'GHBXIBS ET DYSCHASIKS DIS L'flÉRÉB0-6YPHILI8.
En deuxième ligne, il faut placer les indications fournies pai l'état cachectique général et les lésions d'ordre commun qui sonl si fréquentes et font périr ou rendent infirmes un si grand nombre d'enfants, sans que la syphilis se manifeste par quoi que ce soit d'absolument spécifique. Contre de pareils états pathologiques très variés et qui appartiennent à la pathologie, à la thérapeutique et à l'hygiène ordinaires, la médication spécifique est impuissante ou très inférieure cà ce qu'on obtient d'elle contre les lésions hérédosyphili tiques pures.
Enfin, en troisième ligne, il y a les indications résultant des dyscrasies et des maladies constitutionnelles particulières qui se développent et évoluent chez les enfants de provenance syphilitique, sans que l'hérédo-syphilis intervienne autrement que comme prétexte ou cause occasionnelle. Là encore la médication spécifique reste inerte la plupart du temps. Mais il faut toujours la tenter, car il arrive souvent que l'hérédo-syphilis abdique son stigmate spécifique pour prendre le masque trompeur d'un état morbide local ou constitutionnel qui ne paraît avoir avec lui aucune parenté prochaine ou éloignée.