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PROCESSUS PATHOLOGIQUE DE L'HÉRÉDO-SYPHILIS

L'hérédo-syphilis précoce évolue dans les 3 premières années de la vie et ressemble beaucoup à la syphilis acquise. Les premiers symptômes ne s'y montrent presque jamais avant la 2e semaine. Un enfant qui, passé six mois, n'a présenté aucune manifestation syphilitique, -offre des garanties sérieuses comme vaccinifère . Mais il serait fort imprudent de prendre comme vaccinifère un enfant soupçonné d'hérédo-syphilis qui n'aurait pas eu au moins 6 mois de santé parfaite.

Au delà de trois ans, on considère la maladie comme tardive. Jusqu'à présent on n'a pas vu la syphilis héréditaire tardive dépasser, dans son apparition, la 28e année.

Quelque profonde et pénétrante que soit l'infection hérédosyphilitique, elle n'a pas le pouvoir de créer des symptômes qui lui soient exclusivement propres; mais elle peut donner lieu, chez le même sujet et simultanément, à toutes les manifestations d'ordre secondaire et tertiaire de la syphilis acquise, sans qu'il y ait nécessité pour leur développement d'obéir à l'ordre évolutif ordinaire1. Une de ses propriétés est précisément d'entremêler, dans

1. Résumé pathologique. — Quoique l'hérédo-syphilis ressemble beaucoup à la syphilis acquise, il y a cependant chez elle des lésions particulières et des groupes de lésions qui, par leur forme et leur topographie, constituent des stigmates. Parmi ces stigmates, le plus connu, sinon le plus important, c'est celui d'Hulcbinson, qu'on désigne sous le nom de Triade d'Hutchinson et qui est constitué par des lésions de l'œil où domine la kératite interstitielle, par des troubles de l'ouïe et des malformations dentaires où domine la dent d'Hutchinson (Voy. mon ouvrage sur la Syphilis tertiaire et la Syphilis héréditaire, p. i 103-11 13). D'autres stigmates proviennent de l'habitus extérieur, des cicatrices du système tégumentaire, de l'état du squelette, etc., etc. Tous ou à peu près tous ces stigmates sont peut-être moins produits par l'infection syphilitique elle-même que par les troubles nutritifs qu'elle inflige au fœtus et à l'enfant dans la période la plus active de son évolution formative. D'autres causes morbides générales sont capables de produire de pareilles lésions; mais aucune ne les réalise avec autant de fréquence et de plénitude que l'hérédosyphilis.

Énumâralion des principaux symptômes de l'hérédo-syphilis. — Dans la vie intra-utérine, l'hérédo-syphilis ne se manifeste point par des signes propres. On ne peut affirmer son existence que quand la mère devient syphilitique par conception. Elle est la cause la plus commune de l'avortcmcnt, qui se produit alors vers le 7" ou Le 8" mois de la grossesse. Une autre de ses conséquences, c'est la polymorlalité.

Lésions d'ordre commun après la naissance. — Petitesse de la taille, gracilité des membres, ratatinement de tout le corps, relard de la dentition, irifantilité exagérée comme caractère et comme durée, malformations osseuses, faiblesse et imbécillité du fonctionnement cérébral, surdité, dégradation de imite la personne physique et morale, etc.

I. Héréao-sypiiilose tégumentaire. — Roséole, papules, ulcérations; onyxis, alopécie, etc. Les syphilides muqueuses sont les plus importantes. Très dangereuses par leur contagion. Leurs principaux foyers sont à l'anus, aux plis génito-cruraux, aux lèvres et à la langue, dans le sillon auriculaire. Toutes

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une confusion inextricable et déconcertante, les accidents de toute forme et de toute date; elle ne lient aucun compte de leur topographie et de leurs modalités phénoménales etanatomo-pathologiquos. Le chancre infectant es1 la seule lésion qui lui soit interdite. .Mais, en revanche, elle no se fait point faute de le donner généreusement, car par toutes ses manifestations érosives, exsudalives, ulcéreuses, qu'elles soient secondaires ou tertiaires, elle esl éminemment contagieuse, et les syphilis qu'elle communique débutent, comme toutes les syphilis acquises, par la néoplasie primitive.

Une des particularités de l'hérédo-syphilis est de produire, avec ou sans les accidents spécifiques, un grand nombre de lésions d'ordre commun, dont elle est l'occasion plutôt que la cause intime. De plus, elle favorise l'apparition de dyscrasies, d'étals constitutionnels, de maladies générales ou locales qui, sans elle, ne se seraient peut-être jamais produits. Elle ne crée pas de toutes pièces la scrofulose, la tuberculose, le rachitisme, etc., mais elle contribue singulièrement à les développer. Il en résulte souvent de graves conséquences au point de vue du traitement. Maintes fois on a pris pour de la scrofule des manifestations de l'hérédo-syphilis tardive, et on ne s'est aperçu d'une erreur si préjudiciable aux malades,

les éruptions érythémato-papuleuses de la peau ont une grande tendance à se convertir en plaques muqueuses. Le coryza est un des symptômes les plus hâtifs et les plus constants de l'hérédo-syphilis.

II. llérédo-sypliilose osseuse. — Très fréquente, elle fournit d'importants stigmates : le tibia hérédo-sypbililique, les ostéopathies hyperlrophianles du front (front olympien, bosselures latérales et médiane du front), le crâne natiforme, le nez camard, les nécroses plutôt que les caries, le rachitisme, etc.

III. Hérédo-syphilose viscérale. — A. Système nerveux : crises épilepliformes, convulsions, hémiplégies, paralysies sensorielles, lésions de l'oreille {surcli-muiité fréquente) et dos yeux. — Dans l'hérédo-syphilis tardive : méningites, encéphalites, hydrocéphalie, etc., simulant plus ou moins les méningites tuberculeuses et les tubercules intra-craniens; pseudo-paralysies générales, psycho-syphiloses. — Dans tous Jes cas obscurs et équivoques des niéningo-cérébropathies de l'enfance et de l'adolescence, il faut adopter comme une règle générale de recourir au traitement spécifique, caril est surabondamment démontré qu'un grand nombre de ces affections, qu'on attribuait à la luhiTCulo-scrul'ulose, dépendent d'une infection syphilitique héréditaire. - B. Appareil respiratoire : dans l'hérédo-syphilose précoce, plaques muqueuses de l'isthme et laryngosyphiloses simulant quelquefois le croup: dans l'hérédosyphilose tardive, gommes, suffisions gommeuses du voile, de la gorge, etc. Toutes les lésions qui se produisent du côlé de la gorge cl du voile, quelque soit l'âge du patient, doivent, a priori, être tenues pour suspectes et rapportées plutôt à l'hérédo-syphilis qu'à la scrofule. La langue esl très rarement atteinte. — C. Appareil digeslif : alhrepsie fréquente, foie très souvent atteint chez le fœtus syphilitique et dans les premières années de la vie, beaucoup moins plus lard; quelquefois, péritonites partielles, splénomégalie, etc. — l). Appareil génito-urinaire : la sclérose et l atrophie des testicules se rencontrent assez souvent dans l'hérédo-syphilis pour constituer un de ses stigmates.

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