CONDITIONS D'ADMISSIBILITÉ AU MARIAGE CHEZ LES SYPHILITIQUES
syphilitiques «que dans des conditions qui constituent l'admissibilité au mariage 1 .
Voici quelles sont les principales conditions de celte admissibilité :
Une première, c'est l'âge avancé de la syphilis. Elle est capitale. Trois ans révolus sont à peu près le minimum.
Une seconde, c'est que cette syphilis n'ait pas présenté, comme caractère prédominant, des poussées incessantes de ces accidents, qui, sous forme de plaques muqueuses buccales, gutturales, linguales, génitales et anales, bien qu'inoffensives pour celui qui les a, sont si dangereuses pour ceux qui l'entourent, surtout dans les rapports continuels et intimes du mariage.
Une troisième, c'est que la diathèse n'ait donné lieu, depuis un an ou deux, à aucune manifestation spécifique, et cela en dehors de toute intervention thérapeutique.
Une quatrième, c'est qu'elle ait été combattue longtemps et à diverses reprises par une médication principalement mercurielle, parce que le mercure est d'une action plus puissante, plus profonde, plus durable que Tiodure pour détruire la transmissibilité hérédosyphilitique 2.
1. Il est évident que i'interdiclioii du mariage ou de la fécondation sera formelle pendant toute la période virulente delà syphilis. Quelle en sera la durée? De trois à quatre ou cinq années, suivant les cas, en comptant à partir du chancre infectant. Ce n'est là qu'une moyenne. Je ne crois pas qu'on puisse la diminuer; il faudrait plutôt l'augmenter. Il est, du reste, fort difficile de la déterminer d'avance d'une façon précise. J'ai vu des maris, indemnes depuis longtemps de toute manifestation spécifique, contagionner leur femme et procréer des enfants syphilitiques, bien que je ne les eusse autorisés à se marier qu'après trois ans révolus d'une syphilis dont je les avais traités sans cesse depuis les premiers jours de l'accident initial, et ensuite pendant les poussées d'accidents secondaires et aussi dans leurs intervalles. N'y a-t-il pas là de quoi nous rendre d'une réserve et d'une prudence extrêmes dans nos conseils?
Et que dire des cas que j'ai relatés, où des maris ont infecté leur femme, l'un à la cinquième et l'autre à la neuvième année de syphilis qu'il y avait toute raison de croire neutralisées par la double inlluence du temps et du traitement? En matière de contagion et d'hérédo-syphilis, il y a des faits si exceptionnels, si extraordinaires, si inexplicables, qu'ils découragent toutes nos espérances, linregislrons-les et tenons-en compte; mais pas au point, toutefois, de leur subordonner les faits rassurants et incomparablement plus nombreux de mariages sans contagion réciproque et sans hérédo-svphilis, après trois ou quatre ans d'une syphilis convenablement traitée.
2. Je ne parle ici de l'admissibilité des syphilitiques au mariage qu'au point de vue de l'hérédité. Il y ad'auLres circonstances dont il faudrait, tenir compte si on envisageait la question dans toute son étendue et toute sa complexité. Quand il s'agit de syphilis tertiaire ancienne, par exemple, quoique les lésions passent pour n'être pas contagieuses, et que le pouvoir de transmissibilité héréditaire y soit fort affaibli ou nul, maintes considérations relatives à la santé générale antérieure, actuelle ou future, à la nature, au siège, à la gravité des accidents, guéris, en activité, ou d'une éventualité probable, etc., doivent souvent empêcher le mariage.