ALLAITEMENT DES HÉRÉDO-SYPHILITIQUES PAR LES ANIMAUX
II. En est-il ainsi de l'allaitement par les animaux ? Oui, mais clans la pratique privée son application présente de nombreuses difficultés. On ne peut y avoir recours que dans les hospices et les asiles où une grande quantité d'enfants se trouvent réunis. Maurice au fut un des premiers à vanter les avantages de la chèvre nourrice. M, le D1 Boudard de Gannat a minutieusement étudié cette question dans tous ses détails. On a expérimenté à l'hospice des Enfants-Assistés l'allaitement direct au pis de l'ânesse et on a obtenu des résultats très satisfaisants. On pourra y recourir lorsque les circonstances le permettront.
Toujours est-il que nous devons interdire de toutes nos forces l'allaitement par une nourrice mercenaire exempte de syphilis, cette nourrice fût-elle avertie des dangers qu'elle court, et se futelle préalablement entendue avec des parents disposés à lui donner, en cas d'événement malheureux, une indemnité pécuniaire !.
III. J'ai supposé jusqu'ici que i'hérédo-syphilis était un fait acquis. Quand elle n'est qu'une hypothèse plus ou moins probable, et que l'enfant qui vient de naître, jouissant d'une santé irréprochable, ne présente aucun signe sensible d'infection, doit-on, sur un simple soupçon, le priver de l'allaitement par une nourrice saine, autre que sa mère ? — Oui, serais-je tenté de répondre. Mais cette intransigeance absolue peut, à la rigueur, fléchir, quand les probabilités d'hérédo-syphilis sont très faibles, et quand on a la certitude d'avoir pris contre elle, avant et pendant la grossesse, toutes les mesures thérapeutiques les plus propres à la prévenir ou à l'atténuer. Si, dans des circonstances aussi favorables, en dehors desremplacé par une tétine que Ton comprime au moyen d'une pince à pression continue au moment où l'on sort la bouteille du bain-marie.
Dans l'appareil de Gentille, l'obturateur en caoutchouc a la forme d'un clou, dont la tige plonge dans la bouteille.
Enfin, les bouteilles de Haran présentent à la partie supérieure du goulot un élargissement brusque, dans lequel on place la petite rondelle de caoutchouc destinée à assurer l'occlusion.
1. Le médecin se tiendra toujours en dehors et au-dessus de pareils marchés. Tout en conservant le secret professionnel, il sauvegardera sa responsabilité vis-à-vis des parents et de la nourrice. Il n'acceptera même pas l'allaitement surveillé, ni l'allaitement avec des bouts de sein qui ne sont qu'un leurre. Par tous les moyens de persuasion qui sont en son pouvoir, il dissuadera les parents de confier leur entant à une nourrice saine, et il se retirera s'il n'est point écouté. Interrogé par la nourrice, il ne trahira pas la confiance des parents; il ne lui révélera point leur secret, à moins que ce soit avec leur assentiment formel et en leur présence. Et si, dûment avertie, la nourrice accepte à ses risques et périls, il réclamera d'elle une preuve écrite, certifiant qu'elle a consenti, en connaissance de cause et malgré ses conseils, à courir les chances d'un pareil allaitement.
736 TRAITEMENT KT PROPHYLAXIE DK LA SVI-HII.1S INFANTILE.
quelles il faut se prononcer pour La négative, nous accordons une nourrice au nouveau-né, nous devions nous imposer La tâche de le surveiller scrupuleusement au moins une fois par jour, afin d'arrêter l'allaitement des que nous verrons poindre à la bouche, ou au nez, ou ailleurs, la moindre lésion suspecte. Celle surveillance, du reste, est toujours indispensable, même dans les cas où, malgré nous, l'enfanta été confié à une nourrice qu'il peut infecter. Nous ne nous désintéresserons point du résultat, et nous ferons de noire mieux pour prévenir les conséquences funestes d'une coupable imprudence que nos conseils n'ont pu empêcher de commettre.
Syphilis infantile. — C'est celle qui se conlracLe, d'une façon ou d'une antre, après la naissance. Elle est donc acquise et débute toujours par un chancre infectant. Aussi n'est-il pas étonnant qu'elle ressemble infiniment plus à la syphilis ordinaire contractée plus tard, aux diverses périodes de la vie, qu'à l'hérédo-syphilis.
Dans quelques-unes de ses manifestations, elle se rapproche cependant quelquefois de celle dernière. Mais nous n'avons pas à en tenir compte dans le traitement qui sera toujours, sauf la dose bien entendu, le même que celui de la syphilis acquise. Quant à la prophylaxie, elle est identique à celle de l'hérédo-syphilis et de la syphilis acquise. Il va sans dire que la mère ne jouil d'aucune immunité contre la syphilis de ses enfants contractée après leur naissance.
La syphilis infantile est beaucoup moins izrave que l'hérédo-syphilis. Elle est très loin de faire périr 70 à 80 pour cent des petits malades, comme cette dernière.