ALLAITEMENT ARTIFICIEL PAR LE LAIT STÉRILISÉ
Autrefois, le mode d'allaitement par le biberon laissait à l'enfant peu de chances de survie. Ce fait déplorable, trop souvent constaté, tenait à la multitude de micro-organismes pathogènes ou non qui pullulaient rapidement dans le lait. Les uns transmettaient directement des maladies graves, scarlatine, rougeole, entérite, fièvre aphteuse, tuberculose, etc.; les autres attaquaient les voies cligestives, ou agissaient directement sur la nutrition pour jeter les enfants dans un état de cachexie si grave que peu d'entre eux parvenaient à en guérir.
Aujourd'hui, grâce aux nouvelles méthodes si fécondes de l'asepsie, on est arrivé à stériliser le lait d'une façon si parfaite que l'allaitement par le biberon est devenu inoffensif. On en a obtenu des résultats merveilleux, même chez les petits êtres qu'une tare organique, une maladie intercurrente laissaient sans résistance vitale et à la merci de toutes les causes morbigènes accidentelles ou constitutionnelles. Les hérédo-syphilitiques ont surtout bénéficié de la stérilisation du lait qui est devenue, en outre, comme on le verra par la suite, un excellent moyen de prophylaxie l.
1. Stérilisation du lait sans ébullition. — L'ébullition fut le premier moyen qui vint à l'esprit pour stériliser Je lait. Mais le lait bouilli n'est pas identique au lait cru; il n'a pas le même goût, les enfants Je digèrent mal; il détermine souvent chez eux la dyspepsie et l'entérite.
Tous les nouveaux procédés pratiques de stérilisation du lait ont aujourd'hui, comme principe commun, l'emploi de la chaleur, mais sans ébullition. Outre les grands appareils que construisent les industries laitières de Paris et de l'étranger (appareils de ThieJ, de Fjord, de Hignelte et ïimpe) ; outre la stérilisation à l'auloclave, à 115 ou 120° et sous pression, qui modifie le lait, en altère considérablement le goût, et qui n'est pas d'un emploi général possible, il existe une série de petits appareils que peuvent avoir facilement à leur disposition une famille ou un service d'hôpital. Tels sont les appareils de Escberich, Soxhlet, Egli-Sinclair, Gentille, Haran. Ils reposent tous sur le même principe : chauffage du lait au bain-marié à 100°, pendant trente ou quarante minutes. A cette température le lait ne bout pas et les micro-organismes qu'il contient sont à peu près complètement détruits ; Ja stérilisation est du moins suffisante pour maintenir le lait absolument intact pendant vingtquatre heures. On peut donc stériliser tous les matins la quantité de lait nécessaire pour toute une journée.
Escherich emploie une sorte de marmite en porcelaine dont le couvercle est percé d'un tube bouché à l'ouate : au fond du récipient se trouve un robinet en laiton par lequel on tire le lait.
L'appareil de Soxhlet est constitué par un bain -marie fermé, dans lequel plonge un porte-bouteille ; les bouteiJles'sont remplies de lait aux 2/3; on place sur leur goulot rodé un petit disque en caoutchouc de 0m,004 millim. d'épaisseur, de la dimension de l'ouverture en entonnoir de la bouteille ; on coiffe Ja bouteille d'un petit cylindre en métal armé de trois griffes qui maintiennent en place le disque eu caoutchouc. Quand les bouteilles sont retirées du bainmarie, la pression atmosphérique fixe le disque sur la bouteille en le déprimant à son centre ; la bouteille est ainsi hermétiquement fermée.
L'appareil Egli-Sinclair est analogue, mais le disque en caoutchouc est