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PROPHYLAXIE BASÉE SUR* LES CAUSES OCCASIONNELLES

nous incapables d'en découvrir la cause occasionnelle? En voici un exemple frappant :

Le 9 mars 1895, M. J. Mouzin, pharmacien, me conduisit, un jeune homme de vingt-trois ans, qui avait sur la partie interne de la paupière supérieure droite un gros chancre infectant, ayant débuté vingt-huit jours auparavant sous la forme d'un orgelet. Cet homme, cultivateur aux environs de Paris, s'était marié cinq ou six jours après le début de cette lésion. Comment l'avait-il contractée? Je n'ai jamais pu m'en rendre compte ni alors ni depuis. Son entourage est exempt de toute affection syphilitique. Il est éloigné de toutes les causes de la contagion accidentelle. Il a quitté le service militaire depuis un an. Ayant gardé la continence depuis deux ans, il n'a jamais porté la main sur les parties génitales d'une femme. Jamais il n'a été embrassé sur les yeux, pas même par sa fiancée qui, du reste, est bien portante. Devant un pareil fait, où tout est négatif en fait de contagion, on ne sait à quelle conjecture s'arrêter. Celle qui m'a paru la moins improbable, c'est que ce cultivateur, qui emploie pour fumer sa terre des déchets de toutes sortes venant de Paris, et ne se fait pas faute d'y mettre les mains, les a eues souillées de cette façon, et qu'il s'est inoculé le chancre en les portant ensuite sur la paupière supérieure.

Je donnerai plus loin les cas les plus étranges de contagion syphilitique. Ce sont ceux-là surtout que doit étudier et méditer la prophylaxie.

X. Les moyens à employer pour empêcher la contagion et la propagation de la syphilis sont presque tous d'ordre médical et hygiénique. Ce sont les meilleurs, et ils sont destinés à être les seuls auxquels nous aurons recours dans un avenir prochain.

Depuis plusieurs siècles, la force publique est intervenue pour en assurer l'exécution. Elle n'a jamais pu le faire qu'en portant atteinte à la liberté individuelle.

On la sacrifiait plus ou moins arbitrairement en invoquant, comme loi suprême, la préservation sociale. La femme fut toujours la victime de cette prophylaxie coorcilive, l'homme presque jamais. J'ai déjà dit dans ce volume ce que je pense de cette criante injustice (voy. p. 61-62).

Je développerai plus loin ma manière de voir sur la prostitution, dans le chapitre où je m'occuperai de la prophylaxie sociale contre la syphilis.

746 BNDO-Él'IDÉMIES l'AH CONTAGION BNTRB NOURRISSONS Kï NOURRICES.

SECTION I

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