ET NOURRICES
La syphilis qui se contracte presque infailliblement entre les nourrissons et les nourrices, quand l'un des deux est infecté, a été un des foyers les plus actifs et les plus dangereux de la contagion. C'est de lui que sont sorties, par de longues et interminables séries de souillures inconscientes et méconnues, un grand nombre d'endoépidémies syphilitiques, dont quelques-unes, le Pian de~Nérac[\~i~A . entre autres, ont acquis une triste célébrité. Combien de petitelocalités, à la campagne, où la syphilis, qui y était ignorée, a été importée par un enfant, presque toujours né dans une grande ville! La nourrice infectée par lui la transmet à son mari, à ses enfants, à ses proches, à d'autres nourrissons; ceux-ci à leurs nourrices, et toujours va s'élargissant de plus en plus le cercle de la contamination. Presque tous les habitants en sont atteints, et leur descendance peut même, pendant des années, porter l'empreinte de la tare héréditaire primitive.
Ces lamentables événements, dont un grand nombre n'ont pas eu d'histoire, étaient très fréquents autrefois. Ils le sont beaucoup moins, grâce à une prophylaxie bien entendue. Ils deviendront de plus en plus rares, et se réduiront sans doute, avec le temps, à quelques cas sporadiques.
Du moment que la cause du mal a été connue, sa gravité et sa fréquence ont été singulièrement amoindries, plus encore peutêtre par la lumière dont notre science a éclairé cet obscur sujet qui» par les mesures de prophylaxie positive qu'elle a conseillées ou suggérées. Aussi suis-je convaincu qu'en fait de contagion syphilitique, comme pour tant d'autres choses, la propagation de vérités bien démontrées, en médecine et en hygiène, si on a soin de la faire pénétrer très loin dans toutes les classes de la société, finira par créer une sorte d'atmosphère prophylactique où chacun puisera librement les garanties sanitaires dont il aura besoin.
LE NOURRISSON EST LE PRINCIPAL AGENT DE CETTE CONTAGION SYPHILITIQUE. 747