‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 556 sur 610 · V8 MESURES PROPHYLACTIQUES A PRENDRE POUR LES NOURRICES · texte numérisé non relu

V8 MESURES PROPHYLACTIQUES A PRENDRE POUR LES NOURRICES

de lui avouer la vérité, de l'indemniser et de la conserver pour allaiter son enfant, ce qui, du même coup, l'empêchera d'aller porter la syphilis à son foyer ou à d'autres nourrissons.

Lorsque le médecin qui a constaté l'hérédo-syphilis chez un nourrisson, renvoie la nourrice encore indemne, il doit l'avertir que cet allaitement offrait de grands dangers pour elle, sans lui dire au juste pourquoi. Il doit ajouter qu'elle-même, quoique hien portante en ce moment, peut être atteinte, d'un moment à l'autre, d'une maladie contagieuse, et que ce n'est qu'après un délai de 6 semaine ou 2 mois, qu'elle offrira les garanties suffisantes pour prendre un autre nourrisson.

Ce n'est pas seulement pour le présent, mais aussi pour l'avenir, que l'allaitement de l'hérédo-syphilitique doit être défendu, car les lésions contagieuses, momentanément guéries, se reproduisent plus lard, et une seconde, une troisième ou quatrième nourrice pourraient être contagïonnées comme la première1.

III. Et puis le danger pour les nourrices des hérédo-syphilitiques ne vient pas uniquement de la contamination du sein par la bouche. Les rapports intimes et incessants qu'impliquent, outre l'allaitement, la garde, les soins de propreté, le changement des langes souillés, les pansements, les nettoyages, etc., multiplient à l'infini et à chaque instant, pour la nourrice, les chances de la contagion, en dehors des tétées, surtout quand l'hérédo-syphilitique est couvert de foyers virulents. Les objets appartenant à de pareils nourrissons, leurs hochets sont dangereux.

Lorsque l'enfant est élevé au biberon ou par un animal, on n'en devra pas moins prendre des mesures prophylactiques pour empêcher la femme préposée à l'élevage, la nourrice sèche, de devenir syphilitique ; on lui interdira principalement d'amorcer le

1. Allaitement surveillé et protégé. — L'intransigeance de ces préceptes n'est pas adoptée par tout le monde. — Certains ailleurs pensent qu'en cautérisant la moindre gerçure du mamelon, en le soumettant à des lotions antiseptiques minutieuses, avant et après chaque tétée (sans compter le traitement énergique des plaques muqueuses et lésions buccales, linguales, nasales, etc., de l'enfant), on peut empêcher la nourrice d'être contagionnée. Ce sont ià des demi-mesures très aléatoires, car rien n'est plus difficile que d'examiner assez complètement la bouche et la gorge d'un nouveau-né pour pouvoir affirmer qu'il n'y a aucune plaque muqueuse. Et cet examen insuffisant devrait être pratiqué à chaque instant. M. Jacquemin a proposé, pour garantir la nourrice, de traire son lait et de le faire avaler à l'enfant au moyen d'une cuiller. — On a proposé aussi la protection du mamelon contre la bouche de l'enfant, par un bout de sein ou par des allaiteurs médiats plus ou moins perfectionnés. Mais ces isolateurs sont très insuffisants el ils épuisent l'enfant. Ils ne pourraient servir que provisoirement.

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