‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 558 sur 610 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Prophylaxie des nourrices contre les dangers de l'infection par les hérédo-syphilitiques. — Garanties d'honneur données par les familles. Garanties officielles et légales — Difficulté de les instituer et d'en réglementer l'application. — Garanties fournies par la loi Roussel. Précautions prophylactiques prises par l'Assistance publique dans les hôpitaux contre l'infection syphilitique entre nourrices et nourrissons. Allaitement par des nourrices syphilitiques , par des animaux. Allaitement par le lait stérilisé :

il est devenu un des moyens prophylactiques les plus sûrs, les plus inoffensifs et même les plus salutaires.

I. Ce qui précède s'applique principalement aux nourrices sur lieu. Lorsqu'elles traitent avec les familles directement, et sans l'intermédiaire d'un bureau, elles n'ont aucune garantie administrative. Mais ne pourraient-elles pas demander elles-mêmes ou

1. Tout est possible on fait de contagion ci les nourrices doivenl en être averties. « Il serait à désirer m111' l'on rédigeât pour elles une sorte de manuel où se trouveraient ces notions, clairemenl el succinctement exposées. •> (Paul Raymond.)

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faire demander par un médecin aux parents doni elles vonl allaite) L'enfant, d'attester suc L'honneur qu'il n'eu peut résulter pour elles aucune maladie contagieuse? Celle altitude que leur infériorité sociale, leur timidité, le besoin de gagner de quoi vivre, les empêchent de prendre, sera peut-être toute naturelle dans un avenir prochain. Devant l'affirmation haute, ferme et digne de leurs droits à la santé, il y a bien des parents qui, sachant qu'ils peuvent la compromettre par leur faute, reculeront devant les conséquences scandaleuses, pécuniaires et pénales, qui pourraient en résulter.

II. Les nourrices des bureaux de placement sont, de par la loi Roussel, sous la surveillance de l'administration. Peut-on leur donner une garantie officielle plus efficace qu'un engagement d'honneur dont beaucoup de gens se soucieraient fort peu, une sorte de garantie légale, sans leur intervention directe, et par conséquent générale?

En 1868, Balducci (de Florence) déclarait qu'une nourrice saine ne devrait accepter que les enfants qui se présenteraient « avec une déclaration médicale attestant que leurs parents étaient indemnes de syphilis ». — En 1887, M. Fournier, rapporteur de la Commission nommée par l'Académie de médecine pour étudier la prophylaxie de la syphilis, s'inspira de cette idée. Il réclama comme garantie pour la nourrice, avant départ, un certificat médical, constituant une formalité légale et conçu à peu près, dit-il, dans les termes que voici : « Je soussigné, docteur, certifie qu'il n'est pas à ma connaissance que les parents de l'enfant X... auxquels je donne des soin-... (préciser l'époque) soient affectés d'aucune maladie héréditaire qui puisse être transmise à la nourrice chargée d'allaiter cet enfant. »

Ce projet de prophylaxie fut retiré par la Commission elle-même. C'était une sauvegarde insuffisante, n'ayant rien de général ni d'absolu, comme l'a très bien démontré M. Paul Raymond, dans son excellent ouvrage intitulé La syphilis dans l'allaitement. Combien de cas où il serait impossible de donner un pareil certificat ! Chez les filles-mères, par exemple, quels renseignements fournir sur la santé du père? Et même dans les familles régulières, le médecin ordinaire sait-il si les parents ont eu la syphilis? On le lui cache. C'est un spécialiste qui les a soignés à son insu. El si la syphilis des parents a été bénigne, bien traitée et remonte très loin; s'il y a eu déjà des enfants sains, avec espoir et presque certitude que d'autres le seront, le médecin sera-t-il contrainl de refuser

CONTRE L'INFECTION PAR LES NOURRISSONS HÉRÉDO-SYPH1LIT1QUES? loi

le certificat? Comment y mettre toutes les nuances, toutes les particularités sur les chances contraires ou favorables h la transmission héréditaire? Qu'on tieune compte des vexations que cause une ingérence administrative et des nombreuses difficultés que créerait en droit une pareille réglementation.

[IL Mais enfin quelles mesures prendre? Le congrès des médecins russes tenu à Moscou, en 1891, n'en trouva aucune. « On pourrait peut-être, y fut-il déclaré, diminuer le danger de l'infection des nourrices, en obligeant les bureaux à faire examiner préalablement la famille des enfants et les nourrissons ; mais il est très douteux que cette prescription fut suivie en pratique. Tout ce que nous sommes en droit d'espérer, c'est qu'au fur et à mesure que la société apprendra à apprécier davantage la valeur d'un bon état de santé, et que se répandront les notions exactes sur l'élevage des enfants à l'aide du lait stérilisé, des faits semblables deviendront de plus en plus rares. » Nous ne sommes pas plus avancés que nos confrères de Russie et nous ne saurions mieux dire ni faire qu'eux.

Des visites mensuelles protègent, de par la loi Roussel, les femmes qui ont pris un nourrisson pour l'élever à la campagne. Celle surveillance est utile à la nourrice et à l'enfant. Elle est faite par le médecin-inspecteur des enfants du premier âge. Mais suffit-il qu'elle ait lieu une fois par mois ? Assurément non. Aussi l'administration de l'Assistance publique a-t-elle obtenu du Conseil général de la Seine (décembre 1889), que les médecins-inspecteurs fussent tenus de visiter, une fois par semaine, ses enfants assistés, pendant les 2 premiers mois de leur existence. — Mais 2 mois est-ce un délai suffisant? Ne vaudrait-il pas mieux 3 mois, puisque la syphilis héréditaire ne se manifeste souvent que vers cette époque ? Passé 2 mois, on n'impose que la visite mensuelle. — C'est encore insuffisant. Il la faudrait au moins bimensuelle. N'y a-t-il pas des apparitions tardives d'hérédo-sypbilis? On ne saurait trop multiplier ce contrôle.

IV. Malgré toutes les précautions qui sont prises dans nos hôpitaux, il arrive encore de déplorables cas de contagion chez les nourrices de l'Assistance publique qui y allailent des enfants inconnus. Comment n'en serait-il pas ainsi, quand elles donnent parfois, en un court espace de Lcmps, leur sein à un grand nombre de nourrissons sans garantie ?

Faudrait-i] supprimer l'allaitement ausein,à l'hospice des Enfants-

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