‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 577 sur 610 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Prophylaxie concernant les rapports sexuels normaux et anormaux. Danger du baiser des syphilitiques dans la vie de famille. Danger des morsures faites par les syphilitiques.

I. Le coït naturel est de beaucoup la cause la plus ordinaire de la contamination. Aucune circonstance dans la façon dont il s'exécute ne peut absolument préserver de la contagion. Toulefois, lorsqu'il est violent, prolongé, réitéré, les risques sont beaucoup plus grands que s'il est rapide ou à peine ébauché. — Le condom est sans doute un préservatif pour le pénis, surtout pour sa partie antérieure; mais il offre moins de garanties que pour la blennorrhagie. puisque les bourses et les régions périgénitales restent exposées au contact du chancre vulvaire, hypogastrique, etc., et aux plaques muqueuses qui pullulent si souvent autour des parties sexuelles de la femme. Les corps gras sont un enduit prolecteur bien précaire; mais cependant ils peuvent rendre des services en préservant les parties d'un contact intime et en les empêchant de s'excorier. — Ce sont les excoriations qu'il importe surtout d'éviter. Ne voit-on pas des femmes qui, ayant eu des rapports normaux et anormaux (a praepofilera venere) avec le même individu syphilitique, dans une seule séance, n'ont rien plus tard sur les organes génitaux, tandis que l'anus devient le siège de chancres syphilitiques? Et pourquoi, si ce n'est parce que, se prêtant moins à l'intromission, il a été distendu outre mesure ou déchiré, etc.?

Une excellente précaution prophylactique, c'est donc d'éviter, pendant racle sexuel, où qu'il ail lien, toute solution de continuité,

DANfîER DU COÏT BUCCAL ET DU BAISER.

et de s'en abstenir lorsque les organes génitaux n'ont pas leur peau ou leur muqueuse intacte. Les érosions herpétiques sont souvent le foramen contagiosum. Un des cas les plus curieux, c'est ce malade de Lallier qui, soumis au traitement de la gale le matin, gagna le soir 19 chancres syphilitiques du pénis et des bourses, presque autant que les sillons que la frotte y avait ouverts quelques heures auparavant.

II. Pour éviter les dangers de la contagion par les organes génitaux de la femme, ou pour toute autre raison, beaucoup d'hommes ont recours à sa bouche. Ce coït buccal est des plus dangereux. On commence à s'en douter. Cependant j'ai soigné tout récemment un malade qui m'affirma qu'il était de toute impossibilité qu'il eût un chancre, puisqu'il ne s'était point exposé à le contracter. Il fut stupéfait quand, après un interrogatoire très long, j'incriminai un coït buccal, remontant à un mois, qu'il finit par m'avouer.

Il est évident que les femmes peuvent aussi être victimes de ce mode de contagion, quanti leurs parties génitales sont souillées par la salive et les lésions d'hommes ou de femmes ayant des plaques muqueuses des lèvres, de la langue,, de l'isthme, etc.

En général, le baiser, sous toutes ses formes, depuis le plus innocent jusqu'au plus lascif, devient, n'importe où à la surface du corps, mais principalement aux orifices mucoso-cutanés et muqueux, une des sources les plus actives et les plus communes de la contamination syphilitique. Aussi est-il de notre devoir d'en prévenir les syphilitiques et même de leur enjoindre formellement d'y renoncer, quand ils n'ont pas la certitude que leurs lèvres, leur bouche, leur gorge sont indemnes de toute manifestation spécifique. Et encore, comment avoir cette certitude, à moins de se soumettre très souvent à un examen médical fait avec la plus minutieuse attention? Quelles désastreuses conséquences ont eues souvent de petites lésions qu'on jugeait insignifiantes et qui étaient presque imperceptibles!

11 y a des personnes pour qui cette privation des baisers et des caresses est fort pénible. Elles s'en trouvent humiliées et compromises. Que faire quand elles vivent dans une nombreuse famille où tous les membres ont l'habitude de s'embrasser? Ce qu'on peut leur concéder, à cet égard-là, c'est de ne mettre leurs lèvres en contact qu'avec les cheveux des leurs, pour ne pas rompre tout à

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