PROPHYLAXIE SOCIALE HYGIÉNIQUE ET MÉDICALE
Cette augmentation des lits affectés aux vénériens et aux vénériennes se fera, non pas par la création de services spéciaux dans les hôpitaux généraux, mais bien par la création de nouveaux hôpitaux spéciaux.
Les médicaments propres au traitement des maladies vénériennes seront délivrés gratuitement dans tous les hôpitaux, hôpitaux spéciaux ou hôpitaux généraux.
Un service de consultations gratuites, avec délivrance gratuite des médicaments, sera annexé à l'asile sanitaire spécial destiné au traitement des prostituées vénériennes.
Dans toute ville de province, tout au moins dans chaque chef-lieu de département, il sera créé un service spécial pour le traitement des affections vénériennes, et les locaux affectés à ce dit service seront aménagés suivant toutes les règles de l'hygiène.
II. Ouvrir librement tous les services de vénériens et de vénériennes (y compris ceux de Saint-Lazare) à tout étudiant en médecine justifiant de seize inscriptions.
Il est désirable qu'on exige de tout aspirant au doctorat, avant le dépôt de sa thèse, un certificat de stage dans un service de vénériens ou de vénériennes.
Attribuer au concours, et au concours exclusivement, le recrutement de tout le personnel médical chargé du traitement des vénériennes à Saint-Lazare (ou dans l'asile hospitalier qui sera substitué à Saint- Lazare).
Attribuer au concours, et au concours exclusivement, le recrutement du personnel médical chargé de la surveillance des filles inscrites aux dispensaires de salubrité publique.
Les membres des jurys des divers concours dont il vient d'être question seront choisis parmi les membres des corps scientifiques suivants: les membres de l'Académie de médecine, les professeurs et agrégés de la Faculté de médecine, les médecins, les chirurgiens et accoucheurs des hôpitaux, les médecins titulaires de Saint-Lazare. Le jury sera nommé par le préfet de police sur la présentation du doyen de la Faculté de médecine.
III. Assurer la rigoureuse exécution des règlements militaires, notamment en ce qui concerne les visites de santé et la recherche des foyers de contagion. — Abandon de toute mesure disciplinaire à l'égard des soldats affectés de maladies vénériennes.
S'efforcer de combattre les progrès incessants de la prostitution clandestine, d'une part, en éclairant les soldats sur les dangers de cette prostitution spéciale, et, d'autre part, en réclamant le concours des autorités civiles pour l'assainissement de certains foyers de contamination, soit dans les villes (débits de vin\ soit aux alentours des camps.
Assurer aux soldats syphilitiques, dont le traitement a été commencé à l'hôpital, la possibilité de continuer, à leur corps et sous la direction des médecins de leur régiment, le traitement ultérieur nécessaire à leur guérison.
Kn ce qui concerne la marine, il est à désirer qu'à bord des bâtiments de guerre une visite médicale de l'équipage soit faite avant l'arrivée
PROPHYLAXIE AVEC 1NTEH VENTION DES l'Ol.VOIHS l'L'UUCS.
cla n s chaque port, afln d'interdire la communication avec la terre des hommes qui seraient contagieux, toutes les fois que la durée de la traversée rendra ceLte mesure nécessaire.
11 esL absolument essentiel que, dans toutes les villes du Littoral, notamment dans les grands ports de guerre et de commerce, un service rigoureux soit institué pour la surveillance et la visite médicale des prostituées, en vue de prévenir les contaminations que contractent si fréquemment les marins dans les ports de relâche ou de débarquement, et que les filles reconnues malades soient traitées à l'hôpital jusqu'à guérison complète des accidents transmissibles.
« Toute fille, est-il dit dans ce rapport, qui sera reconnue, après examen médical, affectée de maladie vénérienne, notamment de syphilis, sera internée clans un asile sanitaire spécial, un hôpital comme les autres hôpitaux, à cette seule différence près que les malades n'en pourront sortir que sur un certificat médical de guérison. De cet asile sera bannie toute rigueur inutile, toute mesure vexatoire qui tendrait à en modifier le caractère et à le transformer en pénitencier. »
Sans aucun cloute, cette dernière mesure de prophylaxie est bonne et très adoucie, si on la compare à celles d'autrefois. Mais pourquoi ne pas l'appliquer aussi aux hommes? Ce serait de toute justice. Et cette prophylaxie par l'hospitalisation obligatoire et stricte pour les deux sexes aurait une bien autre portée que pour un seul.
Voici maintenant la première partie des conclusions votées par la commission de l'Académie de médecine :
L'Académie de médecine de Paris appelle l'attention de l'autorité sur les développements qu'a pris la provocation sur la voie publique, dans ces dernières années notamment, et en réclame une répression énergique.
Elle estime qu'il y a nécessité manifeste d'assimiler à cette provocation de la rue divers modes non moins dangereux qu'a revêtus, surtout de nos jours, la provocation publique, à savoir celle des boutiques, celle des brasseries dites à femmes, et plus particulièrement encore, celle des débits de vin.
Elle signale à l'autorité, d'une façon non moins spéciale, Là provocation qui rayonne autour des lycées, des collèges, et qui a pour résultat l'excitation des mineurs il la débauche.
Ces divers ordres de provocation ayant pour conséquence la dissémination des maladies syphilitiques, l'Académie réclame des pouvoirs publics une loi de police sanitaire réglant et fort ifiant l'intervention administrative, en particulier, à l'égard des mineures, et permettant d'atteindre la provocation partout où elle se produit.
La sauvegarde de la santé publique exige que les filles se livrant à la prostitution soient soumises à l'inscription et aux visites sanitaires.
Si l'inscription n'est pas consentie par la fille à qui l'administration l'impose, elle m' pourra être prononcée qui' par l'autorité judiciaire.
Toute lille qui sera reconnue, après examen médical, affectée d'une maladie vénérienne, sera internée dans un asile sanitaire spécial.
Ces filles inscrites sont soumises aune visite hebdomadaire, visite complète et de date fixe.