‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 590 sur 610 · VISITES SANITAIRES · texte numérisé non relu

VISITES SANITAIRES

publiques où on ne les reçoit qu'avec un certificat en règle. Si elles y tombent malades, c'est pour avoir eu des rapports avec des hommes infectés, et l'on ne voit pas pourquoi des mesures ne seraient pas prises pour prévenir l'infection aussi bien d'un côté que de l'autre... Quand une Bile publique contracte la syphilis dans une maison, c'est par la négligence ou l'imprudence du maître ou de la maîtresse de la maison qui ont laissé pénétrer chez eux des individus infectés. Là, comme ailleurs, la communication de la maladie ne se fait donc pas sans qu'il y ait eu des personnes responsables, que des règlements plus sévères devraient obliger à prendre des mesures de précaution consistant surtout en visites effectuées sur les hommes à leur entrée dans l'établissement. » (Traité des maladies vénériennes, p. 744-5.)

Leur visite sanitaire n'a jamais été adminislrativement demandée ni exercée, excepté cependant quand on les a sous la main, comme dans l'armée et dans la marine. Au milieu des hasards de la prostitution clandestine, quelle surveillance pourrait les atteindre? Lorsqu'ils vont dans une maison publique, on a quelque prise sur eux, ainsi que le fait remarquer Rollet. Le Dr Barthélémy est du même avis :

« Ils devraient, d'après lui, à l'entrée des maisons publiques, être examinés (organes génitaux, lèvres et bouche) par une matrone 1 qu'on choisirait compétente pour ce service et qui aurait pour mission d'interdire l'entrée à tout consommateur dangereux pour la santé publique... La seule obligation de cette formalité suffirait à éloigner beaucoup d'hommes malades. Tout établissement où il serait prouvé que trois cas de syphilis auraient été contractés serait fermé pendant un temps que la commission ou l'administration déterminerait. »

IX. Je ne veux pas m'aventurer plus longuement dans le débat des questions infinies que soulève la prophylaxie sociale des maladies vénériennes. Je * terminerai par les conclusions qu'a formulées sur ce sujet, en avril 1888, la commission de l'Académie de médecine, dont M. Fournier fut le rapporteur. Je résume en ce qu'elles ont d'essentiel celles qui concernent l'hospitalisation, les réformes dans renseignement, le Licitement et la prophylaxie de la syphilis dans l'armée et dans la marine. Elles me paraissent excellentes et méritent l'assentiment unanime des médecins et des hygiénistes :

I. Le nombre de lits affectés au traitement des maladies vénériennes est actuellement d'une insuffisance notoire a Paris. Il sera augmenté dans la proportion reconnue nécessaire par une enquête ouverte à ce sujet.

i. La matrone aurait du bon; et ce n'est pas sans une rassurante gailé qu'on se la ligure, les besicles sur le nez, accomplissant avec un zèle méticuleux les rites compliqués de son sacerdoce prophylactique.

Page 1