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PROPHYLAXIE SOCIALE A TUA V EUS LES AGES

Quels onl été les résultats de celle prophylaxie circonscrite bien qu'encore vague et flottante? Favorables dans une certaine mesure, je l'ai reconnu1. Ils ont pourtant été contestés par un grand nombre de médecins fort compétents en pareille matière. — Toujours est-il que l'application de cette prophylaxie deviendra de plus en plus restreinte, à mesure que l'homme se rendra compte de son injustice, et que la femme revendiquera ses droits et secouera le reste d'esclavage qu'on lui impose.

C'est ce que va démontrer, si je ne me trompe, l'esquisse historique suivante de la prophylaxie vénérienne à toutes les époques.

I. Plus heureux que nous, les anciens n'eurent point à prendre des mesures prophylactiques contre les maladies vénériennes. Ils ne connaissaient que la blennorrhagie et le chancre simple, qui ne les effrayaient pas beaucoup, et ne devinrent communs qu"au moyen âge. La propreté, la toilette des prostituées, le luxe des maisons de tolérance les préoccupèrent beaucoup plus que les maladies provenant de la débauche. La loi Scatinia ne punissait que la pédérastie- et la violence faite aux enfants. Ce ne fut qu'assez tard, sous Constantin, Théodose et Justinien, qu'on réprima par des lois sévères la prostitution publique.

Charlemagne et saint Louis essayèrent de la réglementer. Dans certaines grandes villes, Paris, Toulouse, Rouen, Avignon, des quartiers lui furent

1. Voyez dans mon volume sur la Syphilis ■primitive et la Syphilis secondaire (pp. 94-127) mes recherches sur la Contagion des maladies vénériennes dans la ville de Paris. — A cette époque, je jugeai la prophylaxie coercitive, sans tenir compte des principes moraux de droit, de devoirs réciproques, de liberté individuelle, d'égalité, de solidarité entre les deux sexes, etc., etc., qui doivent la diriger, la restreindre, la modérer, la prohiber. Au contraire, je me suis placé surtout au point de vue de ces principes, dans le chapitre précédent, el il n'y a aucune divergence entre ce que j'ai dit autrefois et ce que je dis aujourd'hui.

J'avoue, du reste, que j'aurais été fort aise de garder le silence sur toutes ces questions, dont je me suis très peu occupé. Mais pouvais-je me dispenser d'en parler dans un livre sur le traitement de la syphilis? Qu'où me conteste donc toute compétence technique à cet égard-là. On aura raison et je ne me plaindrai point. Je ne dogmatise aucunement. Mes paroles n'ont rien d'officiel. Elles expriment sur ces choses-là, librement et avec sincérité, mes réflexions dé gagées de tout parti pris, et sans la moindre prétention d apostolat en un sens ou en un autre.

Mais tout ce qu'on m'objecterait ne m'empêcherait pas de trouver :

1° Que la responsabilité dans le mal vénérien est égale pour l'homme et pour la fi-mme ;

2° Que les mesures coercitives, si tant est qu'on les juge encore indispensables, doivent être appliquées, aussi bien à l'homme qu'à la femme, parce que la femme n'est pas plus coupable que l'homme.

Je dirai en terminant: Laissons le pauvre monde féminin un peu tranquille. Ne le molestons pas par des mesures arbitraires, (iuérissons, n'incarcérons pas

Enfin, que les hommes renoncent radicalement cl pour toujours, dans leur façon de traiter les femmes à celte rigidité répressive (à celle-là seulement, bien entendu), qu'employait notre ancêtre immémorial, le satyre honnête dont Renan nous a laissé une "esquisse d'une si amusante fantaisie ou d'une si révoltante réalité.

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