‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 594 sur 610 · BUREAU DES MOEURS. — INSCRIPTION. — VISITES SANITAIRES · texte numérisé non relu

BUREAU DES MOEURS. — INSCRIPTION. — VISITES SANITAIRES

réservés. Les Statuts de la reine Jeanne (1347) enjoignaient aux maîtres et maîtresses des maisons publiques, de signaler les femmes malades atin que nul ne les connût. Même règlement à Londres. Ce sont là les premiers essais sérieux de prophylaxie contre la propagation des maladies vénériennes. Ils furent remis en œuvre avec plus de rigueur, lorsque la syphilis vint, à la fin du quinzième siècle, apporter un énorme appoint à ces maladies. — Une ordonnance de 1 7 1 o punit de prison les prostituées délinquantes et fit comprendre la nécessité d'un hôpital pour recevoir celles qui étaient malades. Cet hôpital fut construit à Vaugirard par Lenoir, en 1780, pour le traitement des nourrices et des femmes enceintes affectées de syphilis.

II. C'est dans les premières années du dix-huitième siècle que divers administrateurs ou publicistes proposèrent de soumettre les prostituées à des visites sanitaires. Leur inscription n'eut lieu que beaucoup plus tard, vers 1780. En pleine Révolution, on surveilla peu les filles publiques. Le Directoire reprit les anciennes traditions, ordonna le recensement des prostituées à Paris et songea à faire une loi générale de prophylaxie contre les maladies contagieuses dont la prostitution est la principale source.

En l'an X, 29 pluviôse, le préfet de police Dubois organisa à Paris la visite sanitaire des prostituées.

« A partir de celle époque, dit Rollet, l'inscription fui. régularisée et prit graduellement plus d'extension. Elle est la base de loule organisai ion ayant pour but soit la répression morale, soit l'assainissement de la prostitution. Il est impossible en ell'el de soumettre les prostituées à une surveillance régulière el à des visites sanitaires sans les avoir sous la main, c'est-à-dire sans que leur nom, leur domicile et leur élat civil soient couebés sur un registre de police. » [Biet. encyclop. des se. méd., article Syphilis, p. 461.)

Le Bureau des mœurs fut créé. Il eut pour le présider un commissaire spécial chargé, sous l'autorité du préfet de police et avec l'aide d'un inspecteur, d'un secrétaire et de plusieurs agents, d'exercer une surveillance active sur les prostituées. C'est au bureau des mœurs que chaque fille a son dossier, depuis le jour de son inscription jusqu'à celui où elle parvient, d'une manière ou d'une autre, à se faire rayer des registres pour rentrer dans la vie commune. — Cette terrible inscription est une des plus détestables servitudes imposées à un être libre. C'est pourquoi elle a soulevé et soulève encore tant de légitimes protestations.

« Le numéro matricule une fois rivé sur la fille publique, dit Rollel, celle-ci ne peut plus ni aller ni venir, ni se déplacer sans que la police ne règle et ne compte ses pas. Il faut que l'inspecteur ait autorisé sa marche et signé ses papiers. Sa vie privée est moins libre encore : elle ne peut sortir qu'à certaines heures, elle ne peut aller dans certains lieux. L'insubordination, la révolte est sévèrement punie, et la prison même peutélre infligée à la délinquante...»

Justice sommaire, peines disciplinaires presque toujours sans contrôle, etc. : n'est-ce pas là un abominable esclavage ?

[II. La visite sanitaire réglementée par ces lois draconiennes et imposée par tout cet appareil d'odieuses pénalités a-t-elle été le moyen le

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plus puissant de préservation dont, la société puisse disposer contre la syphilis ? Oui, répondent la plupart de ceux qui ont approfondi cette grave question; non, soutiennent quelques autres qui, dansées dernières années, ont formé une ligue contre la surveillance des prostituées.

Les premiers sont les vrrjlemenlïstes, les seconds les abolitionnuLes. Cesderniers ont fait et l'ont encore une propagande active. Grâce à leur zèle, à leur habileté, à leurs recherches, à l'interprétation ingénieuse des statistiques qui contrariaient leurs vues, ilsonl opéré de nombreuses conversions. Divers congrès abolitionnistes ont eu lieu à Genève (1881), à la Haye (1883), à Bruxelles (1891). Dans ce dernier congrès de la fédération britannique, continentale et générale, un homme d'un grand mérite qui le présidait, M. Ëmile de Laveley, prononça un remarquable discours. Après avoir déclaré que le meilleur moyen de réduire le mal de la prostitution serait de développer chez l'homme les sentiments religieux et moraux et ensuite de réformer les lois civiles d'après les principes de la justice : « Notre but est plus restreint, dit-il ; ce que nous réclamons, c'est la suppression du système qui légalise la débauche et en fait une institution officielle. »

Voici les principaux arguments de l'abolitionnisme pour-la suppression de l'inscription des prostituées et des visites sanitaires; M. de Laveley s'en est fait l'éloquent interprète. En matière de contagion, la meilleure prophylaxie consiste à isoler les sujets malades. Pour être logique, il faudrait donc séquestrer les individus eonlaminés des deux sexes, comme les lépreux au moyen âge. L'ouverture de lupanars dont l'innocuité est garantie par l'État favorise la contagion, en donnant une fausse sécurilé. Comment les médecins visiteurs ne reculent-ils pas devant l'énorme responsabilité de déclarer saine une marchandise qui peut être frelatée du jour au lendemain ?

Du reste, les médecins visiteurs ou autres ne parviennent à s'entendre ni sur les moyens prophylactiques, ni sur le meilleur mode de réglementation. Même ceux qui sont les plus convaincus affirment que les mesures actuelles sont absolument insuffisantes. ■ — La débauche clandestine est chose regrettable, mais la débauche patentée, transformée en institution publique, comme jadis le jeu, est chose monstrueuse. C'est une théorie immorale que de proclamer la débauche vénale un mal nécessaire, et de la sanctionner en la réglementant. On croit supprimer la traite des blanches par des traités internationaux signés cuire la Hollande, la Belgique et l'Autriche pour le rapatriement des prostituées, et on conserve les antres de débauche pour les besoins desquels ce commerce se l'ait. — Le domaine que la réglementation prétend assainir se rétrécit de plus en plus, ce qui prouve bien le peu de sécurilé ou d'avantages qu'on y trouve. Dans les grands centres, à Paris, à Bruxelles et un peu partout, le chiure des prostituées officielles décroît de jour en jour, etc., etc.

Bien d'autres arguments ont été donnés dans les divers congrès don! le premier a été fondé en Angleterre, en 1861, dans les sociétés savantes, dans les nombreux écrilsoù mistress Butler, Birhbeck Nevins, Yves Guyot, Ladame, Hermanides, Vinchuysen, Ph. de La Harpe, etc., ont proposé les uns d'interdire la prostitution, et tous d'affranchir les prostituées des visites obligatoires qu'on déclare révoltantes et inutiles.

D'après les abolitionnistes, la prostitution clandestine présente inoins de dangers que l'Officielle, parce qu'elle n'est pas toujours accessible à tout venant, parce que dans la prostitution publique la femme est forcée d'être sans cesse à la disposition du premier venu. etc.. etc.

FLIY.Tl'ATIONS DANS LA PROPHYLAXIE COERCIT1VE.

En 1863, les professeurs Dlauhy, Siginund et Hébra déclaraient dans un rapport à l'assemblée des Professeurs: « Que la réglementation et la surveillance des maisons publiques et des filles libres sont inutiles, et que le seul remède est dans l'augmentation du nombre des médecins. » L'assemblée ne fut pas de cet avis.

IV. Le procès entre les réglementistes et les abolitionnistes se continue. Qui le gagnera? A qui les faits ont-ils donné jusqu'ici gain de cause? Exposons-les brièvement.

Dans toutes les villes où les visites sanitaires sont en vigueur, les troupes qui y tiennent garnison sont d'autant moins atteintes par le mal vénérien que ces visites sont mieux faites (Jeannel, 1858-60). — La diminution des maladies vénériennes à Bordeaux, de 1858 à 1862, a été dès trois quarts, à la suite de réformes réglementaires introduites dans le service sanitaire. — Même résultat à Lyon, de 1861 à 1864, en Belgique, de 1856 à 1860. Il s'agit toujours dans ces villes de la contagion vénérienne chez les militaires qui y sout en garnison. On peut plus aisément constater sur eux que sur le public l'efficacité des mesures prophylactiques.

Un acte de la reine d'Angleterre (juin, 1866), Acl for the bélier prévention o( 'contagious diseases at certain naval and military stations, a eu un grand retentissement comme mesure de prophylaxie sociale violente et arbitraire, dans un pays où on se montre avec raison si ombrageux pour tout ce qui touche à la liberté individuelle. The contagions diseases Acts restèrent en vigueur jusqu'au 21 avril 1883, époque à laquelle les Chambres, influencées par l'agitation de Stansfeld, décrétèrent leur abolition. Ils succombèrent sous les efforts de la Ligue « pour relever la condition sociale et la dignité de la femme et pour abolir la prostitution ». Il faut reconnaître que la femme y était fort maltraitée ! Les traits principaux de ces fameux Acts, c'est que la police des villes où ils étaient en vigueur avait le pouvoir de mener toute femme connue pour se livrer ouvertement à la prostitution à un dispensaire de salubrité pour la faire examiner, et de la forcer, si elle était malade, d'entrer dans un hôpital du gouvernement pour y être retenue jusqu'à sa, guérison. — Par le fait, c'était la détention la plus arbitraire qu'on puisse imaginer. On ne peut pas lire sans un sentiment d'indignation et de révolte les articles de cette réglementation draconienne où les pénalités les plus graves frappaient les pauvres créatures soumises à cette affreuse tyrannie prophylactique. Aussi je ne m'étonne pas qu'on ait abrogé les Acts. Ils ne furent appliqués que dans quelques stations et donnèrent, parait-il, d'excellents résultats. On dit que, depuis leur abrogation, le nombre des prostituées a augmenté et que les cas de syphilis grave sont devenus plus fréquents. On avance même que l'opinion publique réclame leur rétablissement. J'ai peine à le croire. L'arbitraire el l'outrance contre la prostitution, l'emploi de la force contre

l;i l'ei e seule dans la propagation des maladies vénériennes ne sont

plus possibles aujourd'hui. Ce vieux, système a vécu; ou ne remontera pas le courant qui emporte ces épaves des législations barbares, indignes

800 RÉACTION CONTRE LKS MKSURKS COKRCITIVKS.

de radoucissement des mœurs cl du progrès de la civilisation. Si nous croyons qu'une pareille prophylaxie soit indispensable à la sanlé publique, qu'elle frappe, répéterai-je toujours, les hommes aussi bien que les femmes.

En Italie, la visite préventive et obligatoire des femmes exerçant la prostitution a été récemment un des principes fondamentaux du règlement prophylactique contre les maladies vénériennes. « Quoi qu'il arrive, y lisait-on, et alors même qu'il faut parfois léser les principes moraux et juridiques, le salut public est la loi suprême. » — Eh bien ; dans ce pays aussi, malgré le prétendu salut public, on a été obligé, comme en Angleterre, de rendre la liberté à la prostitution. L'expérience qu'on fait de cette liberté est cruelle, dit-on, et soulève contre elle les protestations du corps médical.

En Belgique, l'Académie s'est prononcée contre l'abolitionnisme et a, voté, le 29 octobre 1889, des conclusions qui organisent et assurent, mieux qu'autrefois, la surveillance médicale des prostituées. En Finlande, si la police est arbitraire, elle est du moins logique et juste, puisqu'elle s'arroge le droit d'étendre à son gré les visites médicales à des, personnes de Vun et de l'autre sexe, et d'une condition quelconque. -

En Russie, les hommes ne sont pas mis hors de cause non plus. Dans toute agglomération d'ouvriers ou centre de fabriques, les ouvriers sont soumis à un examen médical périodique obligatoire (Tchistiakoff . M. Stoukowenkoff, de Kiew, a toujours prêché l'organisation de mesures préservatrices et il a proposé de populariser la crainte de la syphilis au moyen de conférences qui feraient connaître la gravité du mal, ses conséquences et les moyens de s'y soustraire. Voilà qui est excellent et préférable peut-être aux réglementations répressives. Éclairer l'ignorance, stimuler l'apathie, prévenir les imprudences, suggérer à chacun les moyens de se préserver lui-même, etc., tel est, si je ne me trompe, le programme de la prophylaxie vénérienne.

En Allemagne, en Danemark, la réglementation officielle est en vigueur et on y surveille de très près la prostitution.

Aux États-Unis, il existe un courant d'opinion publique favorable aux mesures sanitaires contre la prostitution. MM. Barnes, Wodward, Bumsfed, Gihon, White, Morris de Baltimore, etc., sont réglementistes. On demande d'adjoindre tout spécialement les maladies vénériennes, et en particulier la syphilis, aux autres maladies contagieuses et de donner aux comités sanitaires de l'État les mêmes pouvoirs pour prévenir, découvrir, contrôler, supprimer et traiter gratuitement les maladies vénériennes que ceux qu'ils ont pour toutes les maladies contagieuses.

V. Parmi les innombrables travaux 1 publiés sur la prophylaxie sociale des maladies vénériennes, il y a certainement, dans les plus nouveaux, une délente qui forme un heureux contraste avec la rigidité d'autrefois, en matière de surveillance et de répression. L'hygiène et la médecine

1. Je ne puis parler de Ions les auteurs cpii ont écrit sur la prostitution et la prophylaxie sociale de la syphilis : Citons Mireur, de Amicis. Pospelow, Maurice!, Neuinann, Castello, Drysdale, Berlarelli, Cruyl, Mansouroff, Butte, etc.

IDÉBS MODERNES SUR LA l'ROl'Il ÏLAXII3 SOCIALE

prennent le dessus et n'abandonnent plus la répression à l'arbitraire et à la brutalité qu'y apportent trop souvent les agents subalternes, même dans les polices de mœurs les moins sévères et les mieux organisées.

Cette note d'adoucissement est évidente dans la discussion qui eut lieu à Lyon, où la Société de Dermatologie et de Syphiligraphie tint ses séances, en août 1894. Il y a même plus que cela : on y sent du découragement. La doctrine de l'abolitionnisme a fait des prosélytes. Elle n'est pas près d'avoir gain de cause dans toutes ses revendications; mais beaucoup d'entre elles triompheront dans un avenir qui n'est peut-être pas très éloigné.

En parlant des visiles hebdomadaires et même bihebdomadaires imposées aux femmes se livrant à la prostitution, et de leur hospitalisation pour le moindre symptôme syphilitique, un des médecins les plus distingués de Lyon, M. le D1' Achille Dron, déclare que ces mesures, quoique bien appliquées, ne donnent pas des garanties absolues. 11 propose d'interdire la prostitution autorisée à toute femme reconnue syphilitique, pendant l'espace de temps où elle peut présenter des accidents contagieux, c'est-à-dire a peu près pendant trois ans, terme adopté par presque tous les syphiliographes pour permettre à un syphilitique de se marier. — Les maisons publiques seraient tenues de ne pas recevoir les femmes syphilitiques pendant cette période de temps, consignée sur un carnet, etc. On refuserait la carte pendant le même laps de temps aux prostituées isolées syphilitiques.

Que deviendraient ces femmes? Elles iraient grossir la prostitution clandestine. Nouveau danger plus grand encore.

« C'est affaire au public, dit M. Dron, de ne pas s'y adresser. Ce que je veux, c'est ne pas lui donner des garanties illusoires. C'est de ne pas le tromper sur la qualité de la marchandise livrée... Le nombre des maisons publiques ainsi assainies augmentera, ce qui est une garantie pour la santé' publique... Les femmes guéries pourront se livrera la prostitution au terme assigné, sans l'aire courir de danger à leur clientèle. Elles seront même précieuses sons ce rapporl, car si le dogme de l'immunité pour une seconde infection par la première n'a pas perdu de sa valeur, ne pouvant prendre la syphilis à nouveau, elle ne pourront pas la donner. »

Mon savant collègue et ami, M. le D1' Barthélémy, médecin de Saint- Lazare, qui est d'une si grande compétence dans cette question de prophylaxie sociale, prononça à cette séance un beau discours sur la défense contre la syphilis. Il commença par faire une profession de lui très réglementiste, où il chercha à démontrer et à mettre hors de cause, d'une part, la légitimité; d'autre part, la nécessité d'un contrôle de tous les instants, et principalement d'un contrôle préventif.

Rien de mieux si ce contrôle s'adressait aussi aux hommes. Mais M. Barthélémy ne dit pas un mot des syphilitiques de notre sexe. Pourtant si les prostituées deviennent malades, ce n'est point par une création spontanée de la syphilis, résultant chez elles du seul abus des rapports sexuels. Encore une fois, elles ont la syphilis parce qu'on la leur donne. — Je ne puis accepter sans protestation l'analogie que M. Barthélémy établit entre ce commerce H tout autre: « En aucune Mauriac. ;;i

L'HYGIÈNE KT DA MÉDECINE Kl M H ONT

circonstance, en aucun commerce, dit-il, le consommateur ne peut ni ne doit être trompé; à plus fôrte raison si, comme c'est ici le cas, la tromperie sur la qualité se produit sous forme d'une infection généralisée et durable. »

— Permettez-moi, répliquerai-je, de vous l'aire remarquer que ce consommateur est parfaitement libre de ne pas consommer, et que, parmi ces consommateurs, il y en a eu au moins un qui, au lieu d'être trompé, a trompé, puisqu'il a infecté la prostituée. Vous voulez que dans ce commerce la prostituée apporte des garanties qu'au besoin on lui imposera de force. Et quelles sont celles que vous lui donnez ? Aucune. Le prostituant peut l'infecter tout à son aise. Vous semble/, croire qu'il est d'une essence supérieure qui le rend irresponsable vis-avis de la pauvre créature qu'il avilit, dégrade et empoisonne, et même engrosse impunément ! J'y reviens toujours : c'est révoltant. Et quelle différence morale entre les deux sexes dans ce conflit? Pas la moindre souvent. Différence de conformation dans les organes génitaux, voilà tout. Je ne vois pas pourquoi ceux de l'homme sont plus respectables que ceux de la femme.

Cette réserve faite, je donne mon approbation à presque tout ce qu'a dit M. Barthélémy sur la prophylaxie sociale contre les maladies vénériennes. En voici le résumé :

Distribution large et gratuite des médicaments spécifiques partout et toujours. — Dispensaires nombreux, au moins un par quartier, avec toute facilité pour les visites quotidiennes, et à des heures favorables, comme cela a lieu à Saint-Pétersbourg. — Conférences spéciales des médecins chargés du service des dispensaires. — Notions précises et pratiques sur les dangers des maladies vénériennes, entre autres de la syphilis, qu'on vulgarisera autant que possible dans les classes ignorantes et dans les autres. — Dans les asiles sanitaires pour les prostituées soumises ou non, salle de volontaires qui seraient primées, s'il y a lieu, et, en tout cas, particulièrement bien traitées.

Dans la réglementation, il faut procéder avec bonté, clairvoyance, humanité, compétence. Si on est forcé de priver les prostituées de leur liberté, elles ne doivent pas être traitées en prisonnières, mais en malades.

L'orateur a fait une critique amère et justifiée de la réglementation vénérienne dans la ville de Paris : dispensaire unique qui exige des visites lointaines, coûteuses et des attentes interminables : examens médicaux superficiels et insuffisants ; vexations administratives sans contrôle, à huis clos, arbitraires ; abominable système pénitencier dont j'ai déjà parlé à propos de l'inscription ; horrible régime, atroces mesures disciplinaires de la prison Saint-Lazare. — « En résumé, dit M. Barthélémy, à la prison il faut substituer l'hospice sanitaire et y annexer des ouvroirs, des écoles professionnelles et autres. On mettra ainsi les sujets à l'abri de la misère et on aura une arme puissante contre la prostitution. »

11 faudrait que les prostituées agglomérées ou en maison, qui ne sont visitées qu'une fois par semaine, le fussent deux fois et même plus, quand il y en a de suspectes. Pour les prostituées éparses, une visite par

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