‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 71 sur 610 · LE MERCURE PRÉVIENT LA TRANSMISSION HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

LE MERCURE PRÉVIENT LA TRANSMISSION HÉRÉDITAIRE

généralisation, la nature, la date, la topographie, etc., des manifestations.

X1Y. Dans l'intervalle des poussées, quand l'organisme est revenu à son état normal et qu'il n'existe plus aucun vestige de l'attaque qui vient de finir, ni aucun prodrome, si faible qu'il soit, de l'attaque future, il faut suspendre jusqu'à nouvel ordre la médication spécifique.

XY. S'il est permis de faire des concessions à l'influence préventive, malgré ses lamentables défaillances, n'oublions jamais que, dans l'état actuel des choses et avec nos deux spécifiques, la véritable source des indications se trouve, non pas dans l'idée forcément hypothétique qu'on se fait de la diathèse à l'état virtuel, mais dans les effets matériels de cette diathèse, dès qu'elle commence à passer du repos à l'action. Quand elle est dans un état de latence absolue, c'est le moment qu'il faut choisir pour ne pas troubler l'organisme par une médication qui s'émousse à la longue, et qui attaque vainement une chose invisible, insaisissable et hors de sa portée.

XVI. Parmi les concessions que nous pouvons faire à l'influence préservatrice, il en est une qui est obligatoire : c'est le traitement mercuriel dirigé contre l'infection possible du sperme, de l'ovule et du sang, en pleine santé et en l'absence de toute manifestation visible, chez les syphilitiques qui veulent procréer. L'hydrargyro est incontestablement la garantie la plus certaine contre les chances de la transmission héréditaire. Il la neutralise et en constitue, ainsi que le temps, le plus puissant correctif; mais toujours, comme pour le reste, d'une façon transitoire, de telle sorte qu'en fin de compte il est, là aussi, beaucoup plus curatif que préventif.

Maobiac.

TRAITEMENT MERCURJEL

Le mercure a fini par triompher de toutes les oppositions. Aujourd'hui il réunit l'unanimité des suffrages, et il la mérite, car ses vertus curativcs sont surabondamment démontrées. D'innombrables faits de guérison, observés tous les jours, plaident si hautement en sa faveur qu'il est inutile de faire ici son panégyrique. Y a-t-il encore des antimercurialistes? J'en doute. En France et dans les autres pays, les plus récalcitrants se sont convertis. Le maniement de ce remède, réputé si dangereux, a été soumis à des règles tellement précises, qu'on ne doit plus redouter les écarts d'autrefois.

C'est à l'école de Montpellier que revient l'honneur d'avoir réagi contre ceux qui intoxiquaient les malades sous le prétexte de les traiter1. C'est elle qui institua une cure modérée, raisonnable, celle par extinction, qui consiste à administrer le mercure à petites doses, mais pendant fort longtemps. Cette pratique a fini par prévaloir, et elle est parvenue jusqu'à nous, à travers la plupart des vicissitudes par lesquelles a passé la médecine hydrargyrique. Qu'on l'ait rajeunie de nos jours en la présentant sous une autre forme et un autre nom, c'est possible. Mais aucun médecin moderne pourrait-il se flatter, sans injustice, de l'avoir inventée?

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