‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 70 sur 610 · CONSEILS PRATIQUES AU SUJET DE L'ACTION PRÉVENTIVE · texte numérisé non relu

CONSEILS PRATIQUES AU SUJET DE L'ACTION PRÉVENTIVE

X. En admettant la pérennité de ladiathèse et l'influence préservatrice des spécifiques contre Loules ses éventualités, on serait, si on voulait être logique, obligé de condamner tous les syphilitiques à l'usage du mercure et de l'iodurc de potassium pendant toute la durée de leur existence.

Qui ne reculerait devant cette conséquence extrême? Les plus fanatiques en fait de prévention finissent eux-mêmes par s'en lasser. Ils ne poussent pas, en général, son application systématique au delà du terme approximatif de la période secondaire.

XI. Sur quelles raisons plausibles peut-on se fonder pour limiter comme durée la médication antidiathésique? A quels signes peut-on reconnaître que l'infection latente est neutralisée ? Quel est le degré qu'il faut atteindre dans l'emploi des spécifiques pour obtenir ce résultat? A ces questions et à beaucoup d'autres de même nature, les partisans de l'action préventive font des réponses qui ne reposent sur rien de solide et de précis. Ils invoquent des statistiques, mais aucune jusqu'à présent n'est assez vaste ni assez comparative pour entraîner la conviction.

C'est d'un pas incertain et à tâtons que nous sommes condamnés à marcher dans l'obscurité, quand aucun fait ne vient nous éclairer, nous servir de jalon ou de point d'appui. Alors chacun obéit à son tempérament, à son humeur, à ses idées préconçues ou à des règles imaginaires que crée seule la fantaisie.

XII. Bien que les arguments contre l'action préventive se pressent en foule et soient tous d'une brutale réalité, tandis que les arguments en sa faveur se dérobent dans le vague et s'évaporent dans les nuages de l'hypothèse, néanmoins nous sommes excusables de nous abandonner à l'espoir, si souvent déçu qu'il soit, de préserver, et nous n'avons pas tort d'agir en conséquence, à la condition toutefois de ne pas le faire en aveugles et de n'être pas dupes sans nous en douter.

XIII. Je crois que la meilleure manière d'exercer l'action préventive des spécifiques, c'est de pousser aussi loin que possible leur action curative, chaque fois qu'un accident se montre. L'indication, en pareil cas, est formelle, et il vaut mieux aller au delà de ce qu'elle implique, comme traitement, que de lui obéir strictement, et à plus forte raison que de rester en deçà. Je ne vois aucun inconvénient à outrepasser un peu la mesure qu'exigent, l'intensité, la

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