TROUBLES RÉSULTANT DE L'INTRODUCTION DU MERCURE DANS L'ORGANISME
sont indépendantes l'une de l'autre. Toutefois, il y a des effets toxiques qui semblent favoriser l'action curative, ou du moins qui se montrent lorsque cette dernière atteint son maximum d'efficacité. Qu'on ne s'effraye pas de celte proposition, qui sera développée ultérieurement.
L'effet toxique dont il s'agit est la stomatite ou salivation. Autrefois, on n'aurait pas cru guérir sans elle, et pourtant il s'en faut de beaucoup qu'elle soit nécessaire dans tous les cas. Il n'y a que quelques circonstances exceptionnelles où on doive la souhaiter et chercher à l'obtenir. Du reste, avec nos méthodes usuelles de traitement hydrargyrique, elle n'a que peu d'inconvénients et elle ne présente aucun danger sérieux, même lorsqu'elle nous surprend chez les sujets qui y sont le plus extraordinairement prédisposés.
§ I. — Troubles gastro-intestinaux et troubles de la nutrition générale.
Chez certains malades, le mercure, administré comme remède, n'en développe pas moins quelquefois des effets toxiques qui n'ont rien avoir avec l'action médicamenteuse. Bien loin de la favoriser ou d'en donner la mesure, ils la contrarient ou l'annihilent. Ces effets toxiques sont des troubles gastro-intestinaux et des troubles de la nutrition générale.
I. Les troubles gastro -intestinaux se montrent chez certains sujets délicats, lymphatiques, nerveux, surmenés et atteints de dyspepsie. Les femmes y sont beaucoup plus sujettes que les hommes. Cette intolérance, qui se traduit par des coliques, de la diarrhée, des douleurs cardialgiques, etc., est assez rare.
Il est facile, en général, de neutraliser l'action irritante de l'hydrargyre sur la muqueuse digestive avec des correctifs tels que l'opium, et surlout en ne donnant que de très faibles doses. Et puis n'a-t-on pas la ressource des frictions et des injections souscutanées?
II. Les troubles de la nutrition générale, dont on faisait un grand grief contre le mercure, ont été singulièrement exagérés. Sans doute, quelques personnes malingres, éprouvées par des maladies antérieures ou d'une plasticité peu résistante et mal équilibrée, sont susceptibles de subir l'influence anémiante du remède. Mais un pareil résultat ne se produit qu'à la longue, dans certaines conditions déterminées, et quand on force les doses. Aussi a-t-on le