PROCESSUS DE GUÉH1SON PAR LE MERCURE
il esl aécessaire d'obtenir une action thérapeutique tout à la fois prompte et énergique, qu'on ne craigne pas de porter les doses jusqu'à un commencement de stomatite, avec légère tuméfaction des gencives.
Le ralentissement dans le processus de guérison survient presque toujours lorsque le mercure détermine un dérangement notable du tube digestif, parce qu'alors son absorption se fait mal ou est insuffisante. Lorsqu'il déprime les forces et appauvrit le corps, le processus de guérison s'arrête également, parce que l'organisme n'a plus assez de ressort pour favoriser l'action curative et que la résistance vitale contre les atteintes du virus descend au-dessous de son étiage normal.
Parmi les effets toxiques, il n'y en a donc qu"un qui soit do bon augure et à peu près constamment accompagné d'une très grande amélioration : c'est la stomatite hydrargyrique. Voilà pourquoi on l'a considérée pendant longtemps comme la condition sine qua non d'une cure radicale.
Mais, presque toujours, on peut et on doit s'en passer. On n'est pas tenu, sauf dans des cas extrêmement graves et désespérés, comme, par exemple, dans certaines encéphalopathies méningitiques comateuses, de pousser la médication jusqu'à produire la salivation de parti pris et à l'entretenir systématiquement. Dans l'immense majorité des cas, il faut la prévenir et, si on n'y parvient pas, l'arrêter dès qu'elle apparaît.
IV. Je viens de passer en revue les principaux inconvénients du mercure. Sont-ils très désagréables? Non. C'est un fait de toute évidence. Aussi je recommande de ne pas apporter trop de modération dans les doses et de ne pas être trop timide ni trop circonspect, par excès de prudence.
J'ai la certitude qu'on n'abusera pas de ce conseil. Tous les praticiens, même les moins expérimentés, ne savent-ils pas maintenanl à quoi s'en tenir sur les dangers d'une médication hydrâirgyrique poussée à outrance? 11 est inutil o de leur prêcher la circonspection. .Ne tombe-t-on pas dans les excès contraires à ceux que les antimercurialistes blâmaient avec raison? Dans la plùpàrl des cas, en effet; on administre peut-être le mercure avec trop do timidité, et presque jamais on ne cherche à obtenir des effets de saturation. A de très faillies doses, le traitement hydrargyrique n'est plus quelquefois qu'une expectation déguisée.
LES PIIOCÉUKS DE L'HYDKAHGYKOTHÉRAI'IE
ji II. — Considérations théoriques et pratiques sur la meilleure manière d'introduire le mercure dans l'organisme. Elle n'a pas l'importance qu'on lui a attribué. Doses. Récidives. Réinfections. La guérison radicale de la syphilis peut-elle être prononcée? Traitement préparatoire. Précautions à prendre au début de la médication hydrargyrique.
Le principe de traiter toutes les syphilis par le mercure étant admis, il faut rechercher quels sont les procédés les plus commodes, les plus efficaces et les moins dangereux pour le faire pénétrer dans l'organisme. Avec le mercure et, en général, avec tous les remèdes qui, comme lui, sont à la fois des toxiques et des agents thérapeutiques, on doit toujours avoir en vue et s'efforcer d'atteindre les deux buts suivants :
Le premier est positif. Il consiste à obtenir, aussi facilement et aussi rapidement que nous le pourrons, tous les degrés de l'action curaLive qu'exigent, suivant les cas et les circonstances, l'indication générale, qui est la diathèse, et surtout les indications précises, multiples et très variables fournies par les manifestations innombrables de la maladie.
Le second est négatif. Il consiste à tenir bien en main le remède, de façon à être toujours maître de lui s'il venait à produire chez les malades des effets toxiques qui seraient, d'une part, contraires à l'action thérapeutique, et, d'autre part, susceptibles de donner lieu à un empoisonnement toujours funeste, surtout si nous nous étions mis dans l'impossibilité de le prévenir et de l'arrêter.
Ces deux buts sont d'une importance capitale. II n'est pas toujours aisé d'y arriver simultanément, car, très souvent, l'action curative ne donne la plénitude de ses effets, à brève échéance, qu'autant que l'action toxique entre en jeu. N'est-on pas obligé parfois de pactiser un peu avec cette dernière, de lui faire quelques concessions légitimes, quand le traitement intensif est impérieusement indiqué par l'urgence et la gravité de la situation? Mais, dans l'action toxique, il faut faire en sorte de choisir, parmi ses éléments constitutifs, ceux dont s'accommode l'action curative et qui la renforcent, et d'exclure tous ceux qui ont des résultats opposés, qui affaiblissent la résistance contre la maladie et font baisser le niveau de l'énergie vitale. Et même, cette action toxique dont on peut difficilement se passer et que nous sommes obligés de subir, il est indispensable que nous soyons en mesure de la