‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 79 sur 610 · PRÉCAUTIONS A PRENDRE · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS A PRENDRE

n'en possédons pas, quelle eonfiance doivent inspirer des statistiques qui n'embrassent qu'une période, en général, assez courte de la vie des malades ?

Ah! si les statisticiens avaient observé les syphilitiques don< ils parlent, depuis l'accident primitif jusqu'à la mort; s'ils avaient noté toutes les péripéties de leur existence morbide, abandonnée à ellemême ou traitée par les différents modes de médications spécifiques, etc.; s'ils avaient réuni dans leurs tableaux, supputé et comparé un grand nombre de cas semblables, on serait mal venu à ne pas prendre leurs arguments en sérieuse considération. Mais ce travail a-t-il été fait et pourra-t-on le faire sur une échelle assez vaste pour réduire à néant toutes les objections ?

Que voit-on dans la pratique de chaque jour? Des malades (c'est le plus grand nombre) qui guérissent après trois ou quatre poussées d'accidents superficiels, à l'aide d'une médication très simple, ou même sans son secours; d'autres dont les manifestations syphilitiques, plus longues, plus profondes, plus nombreuses, ne sont que difficilement domptées par les traitements spécifiques les plus variés, les mieux institués et les plus scrupuleusement suivis; d'autres, chez lesquels la propriété qu'ils possèdent de mettre en œuvre l'action curative des spécifiques n'est pas incompatible avec une déplorable aptitude à concevoir l'action morbide et à en perpétuer les effets, sous forme de poussées sans cesse renaissantes ; d'autres enfin (c'est l'exception) qui, par le fait d'un rapide épuisement des forces agissantes et radicales, tombent, après une série d'actions morbides répétées et de réactions salutaires incomplètes, dans un étal de marasme sans issue et de cachexie irrémédiable, etc.

III. Avant de commencer un traitement mercuriel, les syphiliographes d'autrefois y apportaient quelque solennité. Elle n'était pas toujours exempte d'exagération et de ridicule; mais il serait injuste de ne pas reconnaître ce qu'elle avait de bon. Ils pensaient que ce

en J 889. « A cette époque, dit M. Neumann, on lui fit, pendant dix jours, des frictions mercurielles et on lui pratiqua quelques injections de calomel. Depuis celte époque, sa santé était très bonne, lorsqu'au mois d'octobre dernier, il contracta une nouvelle infection spécifique caractérisée par un chancre et un exanthème maculo-papuleux.

« II. est donc certain qu'il s'agit ici d'un cas de réinfection syphilitique, après guérison complète de la première infection.

« Ce fait prouve, en outre, que la syphilis peut guérir à la suite d'une seule période de traitement, et que la méthode de traitement intermittent préconisée par M. Fournier est superflue, au moins dans un certain nombre de cas. »

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