AVANT D'INSTITUER LE TRAITEMENT MERCURIEL
pauvre organisme impur, qu'ils entreprenaient d'assainir, avait besoin d'être soumis à une culture préparatoire pour donner une excellente récolte thérapeutique. Aussi avaient-ils l'habitude de le drainer avec des purgatifs, afin de lui enlever des humeurs peccantes qui auraient pu noyer ou altérer les spécifiques. Ils allaient même plus loin : au moyen d'une ou plusieurs phlébotomies, ils le spoliaient volontiers de son sang vicié par le virus. C'était autant de pris sur l'ennemi. Et ce qui restait de ce virus, ils tentaient de l'atténuer ou de le neutraliser par la diète.
L'organisme en pâtissait ; mais il s'agissait bien de lui ! On a vu, dans l'Introduction, les désastreux résultats de cette lutte à outrance et par tous les moyens contre la syphilis. Le traitement préparatoire et la sursaturation mercurielle faisaient promptement justice de la maladie. Mais dans quel pitoyable état le malade était-il, quand il n'en mourait pas !
IY. Aujourd'hui, nous avons l'humeur moins batailleuse que nos devanciers et nous montrons pour l'organisme infecté un respect peut-être excessif. Il est. incontestable que l'action du mercure serait plus efficace si nous soumettions préalablement l'organisme à une diététique propre à favoriser l'absorption du médicament et à diminuer un peu l'activité des opérations nutritives.
Peut-être faudrait-il, sans aller aussi loin qu'autrefois, purger de temps en temps les malades, surveiller leur régime, diminuer la quantité des aliments et des boissons et faire un choix approprié au tempérament de chaque individu; en un mot, les traiter en malades, qui ne peuvent pas et ne doivent pas vivre à peu près comme tout le monde.
Certes, on no reprochera pas à la thérapeutique moderne d'abuser des moyens débilitants ; elle ne l'a pas plus fait pour la syphilis que pour les autres maladies. N'est-il pas toujours question à son sujet des toniques, des reconstituants, des régimes substantiels, sous toutes les formes et à tous les degrés, etc., etc. ?
Nul doute qu'ils ne soient indiqués chez un grand nombre de sujets, principalement chez la femme. Mais soyez certains qu'il y en a un grand nombre aussi qui se trouveraient bien d'un peu de diète, de purgatifs et même de ces saignées dont on est avare aujourd'hui, sans beaucoup plus de raison qu'on en était prodigue autrefois.
V. La bouche, les gencives, les dents seront soumises, avant le