NÉCESSITÉ D'ÉTUDIEH L'ÉTAT DES MALADES
traitement mereuriel cl pondant toute sa durée, à une hygiène rigoureuse, propre à prévenir la salivation. Parmi les salivations, il y a en quelques-unes qui sont moins le résultat d'une action générale toxique et médicamenteuse que celui d'une intoxication locale favorisée par le mauvais état de la cavité buccale. Celles-là, il faut les éviter par tous les moyens préservatifs locaux et ne leur attribuer aucune signification d'un favorable augure.
L'état des fonctions digeslives sera également examiné avec un grand soin. Il est rare qu'il n'y ait pas un côté faible sur toute la longue étendue de cet appareil. Cbez les uns, c'est l'estomac; chez les autres, ce sont les intestins, et quelquefois les deux, cbez un grand nombre de dyspeptiques. Les antécédents gastro-intestinaux du sujet permettent de pressentir son intolérance pour les spécifiques : mais quelquefois elle est moins grande qu'on ne le supposerai!. Par contre, il y a, chez les individus les mieux portants, de fâcheuses prédispositions qui rendent leur estomac et leurs intestins réfractaires au mercure, du moins pendant quelques jours. On fera doncbien de tâter leurs organes digestifs en n'employant, au début, que de faibles doses. Les précautions et la prudence ne sont nullement incompatibles avec l'énergie de l'action curative que Ton veui obtenir, mais qu'il ne faut pas avoir la prétention d'atteindre brutalement, dès les premières heures du traitement spécifique.
Il y a un organe dont le fonctionnement doit toujours préoccuper le médecin lorsqu'il institue le traitement mereuriel, c'est le rein. Si, pour une cause quelconque, l'éliminaLion de l'hydrargyre qui se fait par ce puissant émonctoire était ou devenait insuffisante, il en résulterait de graves inconvénients et même des dangers sérieux. On ne tarderait pas, en effet, à voir se produire les accidents toxiques sous un ou plusieurs de leurs modes ordinaires, et, par contre, les actions curalives seraient diminuées ou neutralisées, malgré la sursaturation hydrargyrique, à cause des troubles profonds que la santé générale éprouverait en pareille occurrence. Les affections rénales, qui modifient et rétrécissent l'aire de la surface sécrétoire, contre-indiquent presque toujours la médication mercurielle, ou du moins n'en permettent l'emploi que dans une mesure très restreinte et qui exige la plus grande circonspection. Telles sont les néphrites, les pyélo-néphrites et toutes les formes de l'albuminurie, surtout la maladie de Bright. Celle question sera longuement étudiée lorsque nous nous occuperons du traitement des néphropathies spécifiques. Le diabète ne contre-indique point la médication mercurielle.