‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 87 sur 610 · IIS · texte numérisé non relu

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qui l'encombrait inutilement autrefois1. Elle n'exige ni un long apprentissage ni une initiation particulière. Dans quelques pays, en Russie, et surtout en Allemagne, elle reste encore compliquée; parce qu'on emploie la méthode de Sigmund, qui n'était elle-même qu'une forme mitigée et simplifiée des fameuses frictions du seizième siècle.

T. La préparation hydrargyrique qu'on a presque universellement adoptée, c'est toujours l'onguent mercuriel double. On a essayé de le remplacer par d'autres pommades analogues, mais c'est à lui qu'on revient constamment. Il faut, autant que possible, qu'il soit frais, confectionné avec le plus grand soin, parce qu'il est alors moins irritant pour la peau. Quoique le vieil onguent rance facilite mieux la division du mercure, il doit être rejeté. — La dose, pour chaque friction, est en moyenne de 4 ou 6 grammes. On fera bien de n'en pas laisser au malade l'appréciation par à peu près, et d'en prescrire la pesée exacte de la façon suivante:

ïf, Onguent mercuriel double fraîchement préparé, 25 grammes. Divisez en cinq cartouches.

De chaque cartouche, il n'y aura jamais que 4 grammes à 4 gr. 50 qui serviront. Au surplus, cette posologie n'a pas besoin d'être d'une rigueur absolue2.

II. Je recommande de faire la friction tantôt sur un point du corps, tantôt sur l'autre, afin d'éviter l'irritation cutanée qui se pro-

1. Nous ne préparons plus les malades par les saignées, les purgatifs, les lavements, l'abstention du vin, des aliments substantiels, l'ingurgitation de tisanes de scolopendre, cresson, pimprenelle, germandrée, etc. Et puis, pendantlesfrictions, nous ne les séquestrons pas, nous ne les soumettons pas au supplice du surchauffage, de la dépuration spoliatrice et exténuante parles supei'purgations, les sudations diluviennes, les salivations intarissables, etc., etc. Qui oserait aujourd'hui prescrire ce traitement barbare par les onguents, cette médication homicide qui faisait quelquefois passer de vie à trépas ceux « qu'on passait à la casserole », comme on disait alors ?

2. Chez la femme, qui présente beaucoup plus que l'homme une aptitude déplorable au plyalisme, les frictions seront surveillées avec la plus grande attention. La dose de 4 grammes, qui est moyenne et môme faible pour l'homme, sera, chez la femme, une dose qu'on ne dépassera pas, à inoins d'indications dont Turgence relègue au second plan les éventualités fâcheuses ou incommodes de la médication.

Chez les tout jeunes enfants, au contraire, les frictions peuvent et doivent, sans crainte, être poussées très loin, à 1 ou 2 grammes, par exemple, quotidiennement. .Cette dose excessive, eu égard à leurs forces et à leur poids, est très bien tolérée H, indispensable dans les déterminations si graves de la syphilis héréditaire. Ellel'est beaucoup moins, en général, dansla syphilis acquise.

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ENDROITS A CHOISIR EST A ÉVITER l'OUH LKS FRICTIONS.

(luit parfois avec une extrême facilité, chez certains sujets. On pourra même fricLionner alternativement, toutes les vingt-quatre heures, à droite et à gauche du corps. On choisira de préférence les régions où la peau est mince, comme la face interne des membres; et où elle est le moins abondamment pourvue de poils. Ce dernier point est essentiel, parce que l'hydrargyrie cutanée se développe bien plus rapidement et avec une violence beaucoup plus grande sur les parties où les poils et les glandes sébacées sont en abondance. De plus, la stomatite en est très fréquemment la conséquence.

Ces graves inconvénients sont presque inévitables dans les onctions mercurielles faites, pour une raison ou pour une autre, sur le pubis et les parties génitales. Très fréquemment, je vois venir à mon hôpital des malades qui ont de la salivation, un eczéma rubrum des bourses, de la partie supérieure des cuisses et de la partie inférieure de l'abdomen, parce qu'ils ont traité une épididymile avec des applications d'onguent napolitain. Ces inconvénients se produisent aussi dans les aisselles, mais à un moindre degré. L'absorption du mercure y estégalementtrès énergique. C'est là que, dans la méthode italienne, on dépose l'onguent, sans frictionner. L'onction suffit. On la pratique le soireton recommande au malade de rapprocher le bras du tronc, afin qu'il ne se salisse pas et qu'il n'y ait aucune perte de la température axillaire qui vient en aide à l'absorption ; mais là aussi, malgré toutes les mesures pour la prévenir, l'hydrargyrie cutanée survient au bout de quelques jours, alors même qu'on a rasé les poils.

Le segment de peau qu'on choisira pour les frictions devra être intact, sans aucune éruption ni solution de continuité. On le lavera à l'eau tiède et au savon, et, quand il sera sec, on y appliquera l'onguent et on l'étalera sur une étendue variable, suivant les cas et la dose, mais qui est en moyenne de 15 à 25 centimètres carrés. — L'opération sera faite par le malade lui-même, ou, mieux encore, par un aide, avec la main nue ou gantée, ou bien avec un tampon de flanelle ou d'ouate. On frictionnera vigoureusement, pendant quinze à vingt minutes; puis on recouvrira la région avec une compresse imbibée d'eau chaude , ou une couche d'ouate hydrophile mince, par-dessus laquelle on étalera du taffetas gommé. Le pansement sera minutieusement fait et on y apportera la plus grande propreté, car il ne faut pas que le linge de corps ni les draps soient salis par l'onguent, cl exposent à l'absorption du mercure, en dehors des points choisis pour l'opération.

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