ACTION PHYSIOLOGIQUE DES SELS DE BISMUTH
4 Les sels solubles de bismuth sont des composés toxiques. Cette
| toxicité a été prouvée :
par Orfila, avec le nitrate neutre de bismuth,
par Rabuteau, avec le tartrate double de bismuth et de potassium.
par Stephanovitsch, Lubinski et Lebedeff et par Feder Meyer, avec “le citrate de bismuth ammoniacal (liqueur de Schacht employée en
Angleterre.) ER à par Luchsinger, Marti et Mory avec le citrate de bismuth et d’am- De . moniaque et le citrate de bismuth et de sodium, à par Steinfeld et Meyer, avec le tartrate de bismuth et desodium, - # par Balzer, avec le citrate de bismuth. É $ Les sels insolubles de bismuth, comme le sous-nitrate, sont ue considérés comme n'étant pas toxiques lorsqu'ils sont administrés “ par la voie buccale. C’est que la presque totalité du sel est expulsé par les gardes-robes et que dans les conditions ordinaires la quantité k de bismuth qui peut être dissous est extrêmement faible. Il n’en est plus de même lorsqu’on se place de façon à ce que le composé de bismuth puisse être solubilisé. Ainsi c’est à l’action dissolvante, sur le 2 bismuth, de certains acides. organiques à fonction alcool, tel l'acide É lactique, que l’on peut attribuer la production d'accidents d’intoxica- E # tion, à la suite d’ingestion de sous-nitrate de bismuth (Gérard et : 2e = Daunic 1897, Chassevant 1910.) LEE D'autre part Dalché et Villejean ont montré que ce même sous nitrate, introduit dans l’organisme par injection sous-cutannée, peut :
__ contracter avec les matières protéiques, une combinaison soluble dans
4 Hs:
ai
nn
un excès d’albumine. De cette facon une absorbtion lente, mais continue, de bismuth, est capable de se produire, et l’on peut voir survenir des phénomènes d'intoxication, identiques à ceux que l’on détermine
expérimentalement, chez les animaux, avec les sels solubles.
C’est au même phénomène que l’on peut rattacher la production des empoisonnements observés à la suite de l'emploi des composés insolubles de bismuth dans le pansement des plaies.
Nous n’insisterons pas sur l’action topique et absorbante des sels . insolubles de bismuth administrés par voie digestive ; nous exposerons seulement les diff’rentes manifestations de l’intoxication bis-
muthique, que celle-c soit causée directement par des sels solubles,
ou indirectement par des sels insolubles.
Avec des doses d'oxyde de bismuth de 25 à 35 miligrammes par kilo pour le lapin, de 14 à 20 miligrammes par kilo pour le chien» de 10 à 20 miligrammes par kilo pour le chat, injectées sous la peau, Steinfeld et Meyer constatent une action toxique surtout sur la moëlle … et le bulbe. Cette intoxication se produit en deux phases. |
Dans une première, on note une exagération du pouvoir excitomoteur, caractérisée par des convulsions périodiques, des vomissements et une respiration tumultueuse.
Dansune seconde phase, des phénomènes de paralysie apparaissent : paralysie motrice d’origine centrale, abaissement de la pression intravasculaire ralentissement de la respiration et du pouls. Les. ganglionsmoteurs du cœur sont frappés d’une paralysie plus ou moins nelle.
Avec des doses élevées Dalché et Villejean ont obtenu des empoissonnements sub-aigus. Ainsi un chien reçoit en 14 jours 23,40 grammes de nitrate de bismuth en solution glycérinée, et meurt après avoir présenté avec une intensité plus marquée, les symptômes que l’on observe dans l’intoxication chronique.
Celle-ci a été réalisée par ces mêmes auteurs, par Balzer .et par Gérard et Donnic. |