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Dans un cas, un chien de 15 kilos à recu sous la peau, quatre injections de 0,25 gramme et huit injections de 0,50 gramme, soit en tout 5 grammes de sous-nitrate de bismuth, chaque injection étant séparée de la précédente par une semaine d'intervalle.
Dans un autre cas, un chien de 15 kilos reçoit en sept mois et par
fractions de 0,25 gramme à 0,50 gramme une dose totale de 12
grammes de sous-nitrate de bismuth.
Chez une chienne de 16 kilos, Balzer a déterminé des accidents semblables avec une dose totale de 0,42 gramme de bismuth injecté sous forme de citrate de bismuth ammoniacal.
De l’ensembte des travaux de ces auteurs, ont peut conclure que
de tous les organes, le premier et le plus rigoureusement atteint est le tube digestif. Er
La stomatite se manifeste la première :
Soit par des plaques noirâtres, luisantes, apparaissant sur la
muqueuse buccale et la face inférieure de la langue et par un liseré de même couleur qui se produit sur le rebord gingival.
Soit par des ulcérations s’entourant à la longue d’une aréole
noirâtre.
Soit par une stomatite gangréneuse d'emblée.
La sécrétation de la salive est augmentée.
Puis apparaît une diarrhée dysentériforme avec selles sanguinolentes. À l’autopsie, l'estomac et l'intestin grêle présentent un aspect normal, mais à partir de la valvule iléo-cœcale le gros intestin montre une coloration noirâtre, de la psorentérie, des plaques ecchymotiques en certains endroits et quelque fois, on note des ulcérations au voisinage de l’anus.
L’'intestin renferme une grande quantité de bile.
Le foie est gros, mais ne présente pas de modifications caractéristiques. C’est ainsi que, à la suite de l’examen histologique du foie d’un chien soumis pendant sept mois à l’action du bismuih, Dalchéet Villejean ont pu dire : « Le microscope nenous a montré dans le foie qu’une dilatation congestive du système porte surtout, atteignant il
est vrai, quoique moins, les veines intralobulaires et les capillaires ; il en résultait une dissociation des travées, une déformation des
cellules, mais en réalité, la cellule hépatique elle-même, dans sa structure intime, restait intacte et nous sommes loin des dégénérescences graisseuses ou autres signalées par quelques auteurs. » Cependant,
| plus tard, Gérard et Daunic notent un léger degré de stéatose du foie.
Du côté des reins, ces derniers auteurs ont signalé des altérations de l’épithélium « Les glomérules sont simplement congestionnés,
sans lésion de la capsule de Bowmann. Les cellules épithéliales des
tubes contournés sont altérées à des degrés différents; tantôt on observe de la tuméfaction trouble avec exsudation de boules colloïdes
obstruant la lumière des tubes, tantôt la néphrite est plus avancée, les
boules colloïdes ont été éliminées. Certaines de ces cellules portent la signature de leur déchéance, c’est-à-dire l’infillration par la graisse. On ne note pas d’altération des vaisseaux du rein, ni de la prolifération du tissu conjonctif. »
Les altérations rénales se manifestent par la présence d’albumine dans les urines avec cylindrurie.
Pour le système nerveux, Dalché et Villejean, après Steinfeld, ont constaté des troubles de la motilité frappant un membre tout entier et non un groupe de muscles correspondant à un territoire déterminé. Ces troubles ne leur ont pas semblé comme étant dûs à l’évolution de névrites périphériques, mais à des modifications de la moëlle,
. Soit que celles-ci tiennent à des altérations de l’axe gris, soit quelles
soient en rapport avec des troubles du système vasculaire entraînant une perturbation de la physiologie de la moëlle.
Les réflexes pupillaires et tendineux sont conservés.
Les recherches au point de vue sensibilité ont été très difficiles et n’ont pas permis aux auteurs précédents de conclure dans le sens augmentation ou de la diminution. Luchsinger et Mory ont noté cependant une augmentation de la sensibilité. Steinfeld n’a pas obtenu de résultats constants.
Balzer a signalé l’apparition d’une opacité blanchâtre des deux
cornées, en forme de triangle à base supérieure, et à l’autopsie il a ds
trouvé des lésions inflammatoires des chambres antérieures avec
exsudat floconneux mobile dans l’un des yeux. Le cristallin et le
corps vitré étaient restés normaux.
En outre Balzer, du côté de l’appareil respiratoire, a noté de l'oppression et de la dyspnée.
Tous les auteurs signalent une perte assez rapide de l'appétit, ainsi qu’un amaigrissement plus ou moins notable.
En consultant les mémoires publiés sur l’intoxication par le bismuth, il est difficile de se faire une idée exacte des doses mortelles des différents sels de bismuth. Les nombres donnés ne correspondent pas. Cela tient vraisemblablement à ce que la plupart des expérimentateurs employaient des mélanges empiriques tels que la liqueur de de Schacht, qui lèur donnaient d’ailleurs des mécomptes au point de vue asepsie des injections.
MM. Levaditi et Sazerac ont déterminé la toxicité des sels qu’ils employaient, chez le lapin, en partant des sels cristallisés purs dissous dans l’eau distillée. Nous exposerons plus loin les résultats de leurs expériences, mais dès maintenant nous pouvons dire que les doses qui se sont montrées actives dans le traitement de la syphilis chez l’homme n’entraînent pas les accidents observés par les expérimen-
tateurs, chez les animaux, avec des doses plus élevées, toutes choses
égales d’ailleurs, et qui semblent avoir fait abandonner, à priori, l'emploi des composés de bismuth par voie sous-cutannée.