‹ Traitement de la tuberculose ganglionnaire cervicaleChapitre 6 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il est fréquent de voir les adénites cervicales bacillaires considérées comme des manifestations presque anodines de la tuberculose. e

Pour beaucoup, ce sont des lésions purement locales, traduisant une action de défense efficace de l'organisme en lutte contre le bacille envahissant. Les ganglions ma- Jades deviennent de ce fait des barrières suffisantes, arrêtant bacilles et toxines, empéchant l’envahissement général de l'organisme par la tuberculose.

Cette conception rassurante de l’adénite cervicale bacillaire est loin d’être la nôtre. Nous pensons qu’il n’est pas de tuberculose du ganglion lymphatique sans diffusion dans l’organisme, soit des bacilles et de leurs sécrétions, soit des toxines isolées : nous pensons donc que toute tuberculose locale est en réalité une manifestation d’une infection générale, ou s'accompagne toujours d’une

imprégnation plus ou moins grande de l'organisme.

Cette opinion est d’ailleurs celle de deux de nos maîtres qui ont étudié longuement la tuberculose en ses manifestations locales.

Nous avons eu l'honneur d’être deux ans l'élève de M. Jean Darier, médecin de l'hôpital Saint-Louis, et de terminer notre internat chez M. Menard, chirurgien en

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chef de l'hôpital Maritime. Dans leur service nous avons donc acquis la conviction que l’organisme est toujours plus ou moins profondément atteint en sa totalité, quand se produit une manifestation cutanée, articulaire, osseuse ou ganglionnaire en apparence isolée, de la tuberculose.

L'observation attentive des malades atteints d’adénite bacillaire, leur interrogatoire. minutieux, révèlent des symptômes généraux sérieux, inquiétant parfois, alors qu'il n'existe encore aucun ganglion perceptible. Dans un autre ordre de faits, on observe des signes généraux disproportionnés avec les signes physiques, consistant seulement en quelques ganglions peu volumineux : un de nos amis était asthénique, incapable d’un effet musculaire prolongé, d’un effort intellectuel sérieux, et pourtant il n'avait comme signe physique de limprégnation bacillaire qu'un seul ganglion peu volumineux sous angulo-

maxillaire, qui disparut en quelques mois par la cure marine. L'un des malades dont nous rapportons plus loin l'observation, avait des fatigues injustifiées, une paresse intellectuelle inexplicable, des malaises incompréhensibles, cela plusieurs mois avant que devinrent perceptibles les ganglions carotidiens qui l’obligérent à se soigner.

Chacun a présent à la mémoire des cas comparables à ceux que nous venons de rapporter.

De plus combien nombreux sont les malades atteints d'adénite bacillaire et présentant en même temps des lésions cutanées ou osseuses de tuberculose !

Comme tous ces phénomènes deviennent faciles à comprendre, si l’on admet, ou qu'a une bacillémie primitive succède une adénite secondaire, ou bien, cas certaine-

ment beaucoup plus fréquent, que l'infection venue par voie lymphatique dépasse de beaucoup le ganglion et se

répand dans l’organisme tout entier avant que la réaction

ganglionnaire ait eu le temps de se manifester cliniquement. C'est là une interprétation des phénomènes morbides en faveur de laquelle la clinique parle si nettement qu'il nous paraît difficile de ne pas l’accepter.

Or, les conséquences thérapeutiques de cette conception de l’adénite cervicale sont considérables.

Il ne s'agit plus en effet, de combattre une affection locale, de considérer le ganglion malade comme la source de tout le mal, et de le supprimer comme un néoplasme infectant l'organisme. I faut, ce qui est plus difficile, combattre uné maladie générale, procédant par poussées irrégulières, capricieuses et imprévues.

Le traitement des adénopathies cervicales tuberculeuses doit donc être un traitement de longue durée : car à moins d’être d’une ignorance excessive, il est impossible de prétendre honnêteMnent guérir en quelques semaines ou quelques mois radicalement une tuberculose à manifestation ganglionnaire, articulaire, ou osseuse : l’étude la plus élémentaire des faits est à cet égard démonstrative.

Nous divisons ce travail en‘deux parties :

La première est consacrée à la médication générale, à

laquelle nous devons demander la guérison de l’adénite

cervicale, car seule une médication favorisant les réactions de défense de l'organisme peut atteindre ce but

Dans cette première partie, nous donnons les résultats obtenus par les injections de calomel : c’est à ces quelques observations que se limite la, part de notre expé-

rimentation personnelle, dans ce chapitre de traitement général. Mais nous avons très largement mis à contribution la très grande expérience de M. V. Menard,

notre Maître, qui depuis si longtemps soigne à Berck de nombreux ganglions bacillaires. Nous avons lu pour la partie thérapeutique de nombreux travaux, mais nous nous en sommes tenus aux méthodes que notre maître M. Louis

Guinon, médecin de l’hôpital Bretonneau, a bien voulu

nous communiquer oralement.

La seconde partie se rapporte au traitement local des F

adénites : ayant étudié rapidement les applications locales

médicamenteuses, nous insistons plus longuement sur les

agents physiques, en particulier sur la radiothérapie,

Nous exposons surtout avec détails, la méthode de

ponctions évacuatrices et des injections modificatrices.

Nous avons eu souvent l’occasion d’expérimenter cette méthode durant notre internat à l'hôpital maritime de. Berck et pouvons, de ce fait, apporter notre contribution

personnelle à l’étude de ce précieux mode de traitement.

Les indications des larges ablations chirurgicales, des

évidements cervicaux, seront longuement discutés dans

un chapitre spécial, ainsi que la technique opératoire = nous rapportons la technique denos Maîtres de Berck, qui nous a paru très supérieur à celle de la plupart des chirurgiens dont nous avons été à même de voir les

résultats.

Enfin nous indiquons le traitement des fistules gan-

glionnaires et des divers accidents de la cicatrisation.

Notre intention n est nullement de faire œuvre originale. Sinous avons réussi à exposer clairement les Meter dont

NA ER F mit

de la science pour le

ervicale tuberculeuse, si

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