‹ Traitement de la tuberculose infantile par le ThiocolChapitre 6 sur 22 · AO CRE) CR NAS OR · texte numérisé non relu

AO CRE) CR NAS OR

C'est une poudre fine, blanche, d’une saveur ligèrement amère, mais nullement désagréable, avec un arrière-goût un peu doux, inodore, soluble dans 4 parties d’eau froide ou dans une partie d’eau chaude, et qui même en solution concentrée n’exerce aucune action caustique sur les muqueuses. Le thiocol contient au moins $2 pour 100 de gaïacol.

Le sulfogaïacolate de potasse est supérieur à la créosote et au gaïacol, de même qu’à leurs dérivés :

1” Par l’absence d’odeur ;

AUPATSaSaveur;:

3° Par la solubilité dans l’eau ;

AMParnlabsencetdetoxieité :

5° Par l’absorbtion facile,

Le thiocol se trouve dans le commerce non seulement sous forme de poudre, mais aussi en solution sous forme de sirop Roche. C'est une solution de thiocol dans un sirop d’écorce d’oranges amères, de façon qu'une cuillerée à soupe contient un gramme de thiocol, soit 0,52 centigrammes de gaïacol cristallisé, une cuillerée à café contient 0,33 centigrammes de

thiocol, soit 0,18 centigrammes de gaïacol cristallisé.

Propriétés physiologiques

Les propriétés physiologiques du thiocol ont été soigneusement étudiées par M. Rosssacu (4) dans l'institut de chimie médicale de l’université de Berne.

Pour voir si le thiocol produit dans l'organisme animal les mêmes effets fâcheux que la créosote et le gaïacol, M. Rossbach a administré le thiocol à 3 chiens adultes dont 1 normal et 2 très amaigris, chez lesquels on a essayé en vain d'améliorer l'état des échanges nutritifs. Bientôt après l’admimistration des premières doses de thiocol ($ gr. par jour), on put constater dans les urines une augmentation des composés sulfo-conjugés devenant de plus en plus accu-

sée au fur et à mesure de l'élévation progressive

des doses quotidiennes de thiocol (jusqu’à 30 gr.). L'administration du thiocol continuce en tout pendant 6 semaines (les animaux avaient pris 560 gr. de thiocol) fut suivie chez les deux derniers chiens d'une augmentation du cinquième et du septième du poids initial, tandis que le premier :hien gagna un onzième de son poids.

Ce qui est important, c’est que pendant toute la durée de ces expériences (6 semaines), il n’y avait pas le moindre signe d'intoxication, malgré les doses énormes de thiocol ingérées — jusqu’à 30 gr. par jour.

Les solutions aqueuses de thiocol donnent avec le perchlorure de fer une coloration bleu caractéristique qui tourne au jaune par l’addition d’ammoniaque. M. S. Schnirer a cherché à étudier à l’aide de cetteréaction l'élimination du thiocol par lesurines,. mais il n’a jamais obtenu chez ses malades une réaction positive. M. Rossbach a montré que cette réaction ne se montre dans l’urine qu’à la suite de l’administration de doses considérables de thiocol : c’est pourquoi M. Rossbach s’est servi d’un autre procédé pour étudier l'absorption du thiocol. Il a dosé la quantité totale du souffre de l'urine chez un homme sain avant et après l’admistration du thiocol. Le souffre éliminé par l'urine provient en partie de la nourriture, en partie de l'organisme même, du tissu musculaire, de l’épiderme, de la bile, des os. Si donc le thiocol administré à un individu en

laissant tels quels le régime alimentaire et l'échange

Etre

azoté; augmente la quantité du soufre dans l'urine; le soufre en plus, trouvé dans l'urine ne peut provenir que du thiocol, d'autant plus que ce médicament n’a aucune action sur la bile n1 sur le sang:

Les analyses exactes des échanges ont prouvé que 72, 795 pour 100 du thiocol ingéré sont utilisés par l'organisme.

M. Rossbach a étudié également l'effet du thiocol administré en injections sous-cutanées. Il se servit d’une solution au $° et put ainsi, pendant plusieurs jours consécutifs, injecter 1 gramme de thiocol par jour et par kilogramme d’animal, sans provoquer le moindre trouble dans l’état général des animaux. L'autopsie des animaux employés pour ces expériences, a montré que la résorption du thiocol injecté était complète et que les injections n'avaient pas produit la moindre irritation au lieu de la piqûre.

En ce qui concerne l'influence du thiocol sur le sang, M. Rossbach a trouvé que l'injection intra-veineuse de 0,10 centigrammes par kilogramme d’animal ne cause aucun abaissement de la pression sanguine, tant qu'on se sert de solutions faibles (jusqu’à ïi pour 100). Les solutions plus concentrées provoquent un abaissement de la pression sanguine. La respiration ne fut jamais influencée par le thiocol.

Le contact prolongé d’une solution — même concentrée — de thiocol avec le sang n’exerce jamais d'action

nocive sur les globules rouges ou sur l’hémoglobine.

M. le Professeur Jacques {de Bäle) a administré à 6 lapins, le thiocol en injections sous-cutantes, en solution à 10 pour 100, à la dose quotidienne de 0,20 centigrammes. Les injections ont été bien supportées et n'ont jamais produit d’abcès. Dans aucun des cas il n’a pu trouver dans l’urine d’albumine, ni d’'hémoglobine. Dans toutes ses expériences, M. Jacques a pu constater une augmentation du poids des animaux sous l'influence du thiocol.

Le poids du lapin n° 1 qui était avant l'expérience de 2.310 grammes, s’éleva après l'expérience à-3.800 grammes.

Le poids du lapin n° 2 qui était avant l’expérience de 1.500 grammes, s’éleva après l'expérience à 2.320 grammes.

Le poids du lapin n° 3 qui était avant l'expérience de 1.950 grammes, s’éleva après l'expérience à 3.000 grammes.

Le poids du lapin n° 4 qui était avant l'expérience de 2.450 grammes, s’éleva après l'expérience à 3.570 grammes. |

Le poids du lapin n° $ qui était avant l'expérience de 1.770 grammes, s’éleva après l’expérience à 2.440 grammes.

Le poids du lapin n° 6 qui était avant l'expérience de 2.100 grammes, s’éleva après l'expérience à 3.100 grammes,

Ces augmentations sont d'autant plus remarquablés qu'il s’agit d'animaux adultes.

Pendant toute la durée de l’admihistration du thio-

col (2 mois) M: Jacques n’a pu constater aucun effet fächeux chez ses animaux.

Deuxième Partüc

Expérience clinique

À C. Schwarz (s) revient l'honneur d’avoir intro“ duit le thiocol dans la thérapeutique. Ce médecin a le premier employé le thiocol contre la tubercülose pulmonaire. D’après cet auteur, le thiocol ne donne jamais lieu à des troubles gastriques, ni à une irritation de la muqueuse gastro-intestinale. Même à la dose de 10 à is grammes le thiocol ne provoquerait pas, d’après Schwarz, de diarrhée.

L’effet favorable du thiocol se manifeste par l'augmentation notable de l’appétit, l'amélioration de l’état général, l'augmentation du poids du corpe, la diminution du nombre et de l'intensité des accès de toux. L’expectoration devient plus facile, les crachats purulents deviennent séro-muqueux, les sueurs nocturnes disparaissent, la fièvre disparaît même sans l'emploi de remèdes antipyrétiques.

Lorsque les lésions tuberculeuses ne sont pas trop

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avancées, les signes locaux présentent, sous l'influence du thiocol, une amélioration notable, qui se manifeste par la diminution et puis la disparition complète des râles ; la matité devient moins prononcée.

L'observation suivante de M. Schwarz mérite d’être reproduite, parce qu’elle montre l'efficacité du thiocol dans un cas où la créosote pure et le carbonate de

créosote (créosotal n’ont eu aucun effet.

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